Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Atelier méthodologique sur les sciences sociales en Afrique : Afrique centrale et Afrique de l’ouest francophones

Date limite : 31 mai 2015

Number of visits: 4225

Date: 17 – 21 août 2015
Lieu: Lomé, Togo

Appel à candidatures : Session 2015

Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) a le plaisir d’inviter la candidature de doctorants et jeunes chercheurs des pays d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest francophones à la session 2015 de son Atelier méthodologique annuel sur les sciences sociales en Afrique. Cet atelier se tiendra du 17 au 21 août 2015 à Lomé (Togo).

Cet atelier est un forum interdisciplinaire qui réunit chaque année, de façon alternée en Afrique centrale ou en Afrique de l’Ouest, une quinzaine de doctorants et jeunes chercheurs en sciences sociales et humaines venant des pays francophones de cette sous-région.

Organisation et langue de travail de l’Atelier

La session sera conduite par un directeur scientifique secondé par une équipe de deux personnes ressources toutes reconnues pour leur compétence dans l’enseignement de la méthodologie en sciences sociales dans le contexte africain. L’équipe pédagogique, outre la préparation effective des cours et des sorties sur le terrain, proposera un recueil de textes sur le thème de l’atelier et discutera des propositions de recherche des lauréats. La langue de travail est le français.

Faiblesse de la recherche en sciences sociales en Afrique

A un moment où se manifeste une complexité croissante des dynamiques sociales sur le continent, une des faiblesses majeures de la recherche sociale contemporaine en Afrique est le peu de considération accordée aux questions épistémologiques et méthodologiques. Alors que le contexte mondial appelle à un plus grand investissement dans le perfectionnement des procédures et outils d’enquête et d’analyses pour une évaluation plus pertinente et plus holistique des réalités, on assiste à une banalisation des protocoles de base de la recherche. Les questions méthodologiques sont parfois instrumentalisées pour satisfaire des considérations idéologiques justifiant ainsi des résultats prédéterminés et prenant le pas sur la science. Il est courant de rencontrer des études dans lesquelles les questions méthodologiques sont ignorées au nom d’une prétendue immédiateté spécifique qui placerait les réalités sociales africaines hors des débats universels sur la validité de la science. Le résultat est que les sciences sociales y sont le plus souvent un mélange de purs discours littéraires sans fondement empirique, ou alors un exposé d’anecdotes masquées par un discours «savant» aussi pompeux que vide. Dans un tel contexte, les connaissances produites perdent toute portée heuristique pour n’apparaître que comme de simples justificatifs, voulus ou non, d’une politique économique, sociale plus ou moins adaptée. La recherche sociale africaine ne saurait s’accommoder de telles postures. Il est urgent de discuter des fondements méthodologiques de nos connaissances actuelles pour mettre fin à l’impunité scientifique en Afrique et en dehors, et ainsi insuffler un nouvel élan aux sciences sociales africaines à travers le soutien de jeunes chercheurs.

Le devenir des jeunes chercheurs en sciences sociales commence par une excellente maîtrise des procédures de la recherche et leur application patiente à des situations concrètes telles que requises par leur travail sur le terrain, aux archives et à la bibliothèque. Malheureusement, la combinaison des crises prolongées dans les systèmes d’enseignement supérieur et du nombre grandissant d’africanistes qui ont succombé à la tentation de prendre des libertés avec la rigueur méthodologique signifie que les chercheurs sont mal préparés pour la recherche sociale indépendante. Afin de contribuer à la création d’un espace critique conciliant l’empirisme courant avec la rigueur logique des préalables épistémologiques si indispensables à l’avènement de toute imagination scientifique, le Secrétariat du CODESRIA propose de réunir de jeunes chercheurs africains autour de questions épistémologiques et méthodologiques. Une telle perspective commande que soient soumis à la critique du terrain africain les étapes, les outils et les grands courants théoriques contemporains qui y sont engagés. La question principale sera alors la suivante: comment établir un lien fécond entre théories et terrains en tenant compte de l’état des savoirs et des techniques mobilisables et de l’évolution des sociétés africaines? L’opposition habituelle entre méthodes quantitatives et qualitatives repose sur le fait que la pratique scientifique a été alourdie par une fausse perception de la validité des procédures de la recherche: une trop grande fétichisation du chiffre a laissé peu de crédit aux orientations qualitatives perçues comme trop inconstantes par rapport à l’exactitude supposée et à la «dureté» de la souveraine quantification. Or, au-delà des querelles académiques, il nous faut insister sur la recherche de moyens appropriés à l’exploration de la dynamique sociale africaine, extrêmement complexe, qui échappe souvent à la rigide emprise, trop systématique, des approches quantitativistes.

L’atelier est ouvert à toutes les disciplines des sciences sociales qui sont toutes confrontées aux difficultés d’appréhension de la réalité sociale. Le mode de traitement des données recueillies répond à la fois aux contraintes du terrain et aux choix paradigmatiques d’interprétation de ces données. En partant d’une remise en cause de la distinction hâtivement établie entre recherche «quantitative» et recherche «qualitative», l’atelier s’efforcera, par l’examen critique de ce clivage traditionnel, de poser le problème de la mesure dans les sciences sociales. Une telle remise en question devrait nous conduire finalement à interroger les formes et les conditions de «quantification» du «qualitatif». Le caractère non métrique et compréhensif de l’approche qualitative, opposé à celui mathématique et explicatif de la quantification, est-il définitivement certifié?

Contre l’illusion du savoir immédiat, il est impératif de poser clairement les principes méthodologiques de la «construction de l’objet» comme articulation hypothétique d’une reconstruction théorique de la réalité sociale. Cette opération cruciale impose que soient soumis à une intense vigilance épistémologique le statut du chercheur et le rôle systématique des théories et des outils de recherche.

L’enquête en tant que procédure de confrontation au terrain d’un corps d’hypothèses nécessite que soit fait un choix raisonné des instruments techniques de collecte des données, des «faits». Les outils et techniques traditionnels de recherche en sciences sociales tels que les interviews, l’observation, le questionnaire, l’étude des archives et d’autres moins usités comme la photographie, seront passés en revue afin de déterminer leurs potentiels dans la construction de projets de recherche.

Les dossiers de candidature des personnes ressources

Chaque chercheur désirant faire partie de l’équipe pédagogique est prié d’envoyer un dossier de candidature comprenant:

1. Une lettre de candidature ;
2. Un curriculum vitae détaillé et actualisé ;
3. Deux (2) articles publiés sur les questions relatives à la méthodologie de recherche en sciences sociales dans le contexte africain ;
4. Un résumé des questions qu’il souhaiterait aborder en trois (3) cours. Le résumé soumis devra être assez détaillé pour permettre au directeur de l’Atelier de préparer un syllabus pour les personnes ressources et les lauréats.

Les dossiers de candidature des lauréats

Les dossiers de candidature des lauréats doivent comprendre:
1. Un formulaire de candidature dûment rempli;
2. Une lettre de candidature;
3. Un curriculum vitae détaillé et actualisé;
4. Un projet de recherche (trois à cinq pages maximum) présentant clairement la problématique, la pertinence du terrain, le cadre théorique et conceptuel, les hypothèses ou questions de recherche, l’approche méthodologique utilisée ainsi que les problèmes méthodologiques et épistémologiques rencontrés, les techniques d’analyse des données à mobiliser;
5. Deux lettres de recommandation :

  • a. une du directeur de la thèse ou d’un autre superviseur montrant la pertinence du projet de recherche, l’état d’avancement de la recherche et l(es) approche(s) théorétique(s) et méthodologique(s) utilisée(s) et les résultats attendus;
  • b. une autre du directeur du département ou d’un autre professeur sur les mérites et le potentiel académiques du candidat.


6. Une lettre d’affiliation institutionnelle;
7. Une photocopie du passeport.

Date limite de candidatures et sélection des dossiers

La date limite de dépôt des dossiers de candidature est fixée au 31 mai 2015. Les dossiers devront être envoyés de façon électronique à: methodological.workshop@codesria.sn . La sélection des dossiers se fera en fonction de leur caractère novateur, de l’équilibre en genre et de la répartition géographique.

Pour vos questions spécifiques, veuillez-vous adresser à :

CODESRIA
Atelier méthodologique pour les pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique Centrale francophones
B.P. 3304, Dakar, CP 18524 – Sénégal.
Tel: +221-33 825.98.22/23
Fax: +221-33 824.12.89
Email: methodogical.workshop@codesria.sn




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