Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Institut sur le genre du CODESRIA (2015)

Date limite : 20 avril 2015

Nombre de visites : 16957

Thème : Genre, gestion foncière et sécurité alimentaire en Afrique
Date : 8 – 26 juin 2015
Lieu : Dakar, Sénégal

Appel à candidatures : Session 2015

Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) a le plaisir d’annoncer la session 2015 de son Institut annuel sur le Genre. Il invite les chercheurs à soumettre leurs candidatures afin de participer à cet Institut devant se dérouler du 8 au 26 juin 2015 à Dakar (Sénégal).

Lancé en 1994, l’Institut sur le Genre est un forum pluridisciplinaire qui réunit chaque année une quinzaine de chercheurs venant des différentes régions du continent et de la diaspora, ainsi que quelques chercheurs non africains qui entreprennent des recherches innovantes sur le thème du Genre. Visant à ses débuts la promotion d’une conscience généralisée du genre dans la communauté de recherche en sciences sociales, cet Institut a, par la suite, été organisé autour de thèmes spécifiques destinés à renforcer l’intégration de l’analyse de genre dans la recherche en sciences sociales en Afrique et à favoriser l’émergence d’une communauté de chercheurs dans le domaine des études sur le genre.

L’Assemblée générale du CODESRIA se tiendra du 8 au 12 juin 2015. Pour donner aux jeunes chercheurs l’opportunité de participer à un tel événement, la session 2015 aura exceptionnellement lieu du 8 au 26 juin 2015.

Organisation

Les sessions de l’Institut sont dirigées par un directeur scientifique qui, avec le soutien de personnes ressources, s’assure qu’un large éventail de recherches et de questions politiques est exposé aux lauréats. Chaque lauréat doit rédiger un article découlant d’un travail de recherche destiné à être présenté durant l’Institut. La version révisée de l’article fera l’objet d’une évaluation par les pairs en vue de sa publication par le CODESRIA. Le Centre de documentation et d’information du CODESRIA (CODICE) mettra à la disposition des participants une bibliographie aussi complète que possible se rapportant au thème de l’Institut. Les participants auront également la possibilité d’accéder à un certain nombre de centres de documentation situés à Dakar et dans ses environs.

Langues de travail

L’Institut sur le Genre du CODESRIA se tiendra en français et en anglais par le biais d’un système de traduction simultanée.

Thème session 2015 : Genre, gestion foncière et sécurité alimentaire en Afrique

Le déficit alimentaire et la flambée des prix des denrées de première nécessité résultant de la crise de 2008-2009 ont révélé au grand jour la nécessité pour les Etats africains de porter une attention particulière, dans leurs politiques publiques, à la question foncière, à la sécurité, voire à la souveraineté alimentaire. La Déclaration de l’Union Africaine (UA) de juillet 2009 sur les problèmes et enjeux fonciers en Afrique réitère « l’importance cruciale de la terre dans la croissance socio-économique et le développement durable, et dans la sécurité des moyens sociaux, économiques et culturels de subsistance » des populations. Force est de reconnaître le caractère impératif de la prise en charge de la souveraineté alimentaire considérée comme le droit pour chaque peuple ou chaque Etat de se doter d’un ensemble de moyens permettant de satisfaire directement ses besoins alimentaires, et ce, d’autant plus que la FAO reconnaît que plus de 200 millions de personnes souffrent de malnutrition en Afrique.

Cette prise en charge devient d’autant plus impérieuse du fait de l’accaparement des terres par des investisseurs étrangers en collusion avec les gouvernements et les élites locales. Ce phénomène inquiétant a affecté plus de 200 millions d’hectares de terre ces dix dernières années et ce, sans tenir compte des droits des propriétaires et des usagers, surtout des femmes. A cela, s’ajoutent les effets déjà néfastes du changement climatique sur les systèmes agro-alimentaires.

L’Afrique subsaharienne n’est pas en marge de cette dynamique d’acquisition, à vaste échelle, de droits fonciers. En 2006, à l’instar de la Corée du Sud, des Emirats arabes unis, du Japon et de l’Arabie saoudite, la Chine a signé des accords de coopération avec plusieurs Etats africains qui ont permis l’installation de fermes expérimentales en Zambie, au Zimbabwe, en Ouganda et en Tanzanie. En Afrique de l’Ouest, les demandes d’acquisition de terres agricoles se multiplient dans certains pays comme le Mali et le Sénégal. Toutefois, certains spécialistes de la question de l’accaparement des terres en Afrique affirment que le continent pourrait devenir d’ici quelques décennies l’un des plus grands producteurs et exportateurs de produits alimentaires tout en continuant d’être confronté à l’insécurité alimentaire.

Comprendre les dynamiques occasionnées par de tels phénomènes exige de les mettre en relation avec les politiques de sécurité alimentaire mises en place par les Etats. L’échec de ces dernières à garantir le droit à l’alimentation a ainsi motivé les appels des mouvements sociaux pour des réformes radicales du système agro-alimentaire en Afrique et pour la protection des droits des producteurs locaux et des consommateurs. Pour ces mouvements, la connivence des politiques de l’Etat néolibéral et du capital global est à identifier comme la source de l’insécurité alimentaire. Cette connivence qui sert les intérêts de certains segments de l’élite au niveau local contribue peu à une transformation significative du système agro-alimentaire au bénéfice des populations, surtout les plus vulnérables. Dès lors, il faudrait comprendre l’Etat non plus comme un espace neutre qui permet de réguler le système agro-alimentaire mais plutôt comme une arène complexe de luttes entre différents acteurs ou différentes classes. Ces luttes donnent lieu à la définition de nouveaux espaces politiques à géométrie variable où les enjeux se dessinent à différentes échelles, autour du contrôle du système agro-alimentaire.

Si les visions développées ces dernières décennies autour du concept de « sécurité alimentaire » par de nombreux mouvements sociaux pour des changements radicaux dans les systèmes agro-alimentaires ont été très déterminantes, force est de reconnaître cependant l’attention insuffisante accordée à la problématique du genre. Pourtant, il a été déjà démontré qu’une meilleure prise en compte du genre dans les politiques agro-alimentaires permettait d’augmenter, de manière sensible, les rendements et la productivité agricoles. Comment dans ces changements radicaux des systèmes agraires prendre en charge la dimension genre pour que la sécurité alimentaire soit assurée ? Cette prise en charge convoque aussi les questions liées à la démocratisation de l’accès et du contrôle du foncier au sein des communautés mais également des choix institutionnels pouvant faciliter cette démocratisation.

Il ne faut pas perdre de vue que la terre est la base productive de l’agriculture. Elle constitue un facteur important dans la construction de la cohésion sociale et de l’identité nationale. Plus qu’un bien économique, la terre est également considérée comme une ressource sociale et culturelle.

Toutefois, les femmes, notamment rurales, sont souvent sujettes à une grande vulnérabilité foncière, à cause de deux facteurs principaux : (i) le pluralisme des régimes juridiques avec la prééminence de fait des régimes fonciers coutumiers sur le droit moderne (ce qui tend à limiter la portée de la consécration du principe juridique de l’égalité des sexes) ; et (ii) les pesanteurs socioculturelles. Elles sont généralement lésées dans le processus d’affectation des terres, au sein des exploitations familiales. Pour l’essentiel, elles accèdent au foncier par des legs ou de manière collective par le biais de regroupements féminins qui sont généralement affectataires de superficies réduites.

A la faiblesse du statut de la femme, s’ajoute la méconnaissance par la grande majorité d’entre elles, des lois qui pourraient leur permettre de faire valoir leurs droits. Même lorsqu’elles connaissent la législation, les lourdeurs sociologiques les empêchent de remettre en cause les règles sociales, en particulier les rapports entre hommes et femmes.

Or, la plupart des études (FAO) reconnaissent aujourd’hui que les femmes sont responsables de plus de 60 pour cent de la production vivrière dans les pays en développement et sont au cœur de l’économie du care. Pour que les femmes utilisent plus avantageusement la terre et, de ce fait, contribuent plus à la sécurité alimentaire, elles devront y avoir accès, la gérer et bénéficier des incitations économiques qui sont liées à son contrôle.

Plusieurs pays ont engagé des réformes foncières (Mali, Sénégal, RDC, Madagascar, etc.) plaçant la propriété privée au cœur du processus. Comment veiller à ce que ces processus tiennent compte des spécificités des femmes et des contraintes sexospécifiques ? Comment concilier la productivité agricole, l’agro-business et un accès garanti des femmes au foncier ? Comment faire du genre un axe central de la sécurité alimentaire à inscrire au cœur des politiques publiques ? Comment ces différentes questions relatives à la sécurité et à la souveraineté alimentaires, en lien avec la gestion foncière sont prises en charge par les politiques publiques menées par les Etats africains et dans les revendications des mouvements sociaux ? Quel est l’impact du contexte global sur les expériences locales en matière de gestion foncière et de souveraineté alimentaire ; comment cet impact se traduit-il, surtout, sur les relations de genre ? Quelles sont les propositions alternatives qui ont été expérimentées et quelles sont leurs limites ? Quels sont les discours et les théories que les sciences sociales africaines ont mis à contribution pour donner sens à ce qui se joue au niveau national, régional et global autour du genre, de la gestion foncière et de la sécurité alimentaire en Afrique ?

L’institut sur le genre de 2015 s’est fixé un triple objectif :

1. exposer les lauréats, d’une part, aux concepts et outils méthodologiques en études des femmes et du genre, aux méthodes de la critique féministe et de l’analyse de genre ;
2. engager des débats dans une perspective du genre sur des questions relatives au thème de l’Institut ; et,
3. développer une perspective critique sur les rapports entre genre, gestion foncière et sécurité alimentaire.

Le Directeur

Pour diriger l’édition 2015 de cet Institut, le CODESRIA choisira un chercheur de haut niveau travaillant depuis plusieurs années sur des questions relatives à la thématique générale. En tant que Directeur de l’Institut, il/elle assurera les tâches suivantes :

  • Participer à la sélection des lauréats et à l’identification de personnes ressources appropriées ;
  • Interagir avec les personnes ressources et les lauréats pour une préparation adéquate de l’Institut ;
  • Concevoir les cours de la session, notamment les sous-thèmes spécifiques ;
  • Faire une série de conférences et mener une analyse critique des communications présentées par les personnes ressources et les lauréats ;
  • Rédiger et soumettre un rapport scientifique relatif à la session ;
  • Editer les versions révisées des communications présentées par les personnes ressources, en vue de leur publication dans l’une des collections du CODESRIA. Pour la publication, le Directeur devra également assister le CODESRIA dans l’évaluation des communications présentées par les lauréats au cours de l’Institut.

Les personnes ressources

Les cours devant être dispensés durant l’Institut sont destinés à offrir aux lauréats l’occasion d’approfondir leurs réflexions sur le thème. Les personnes ressources doivent, par conséquent, être des universitaires ou des chercheurs confirmés qui ont beaucoup publié sur le sujet, et qui ont une contribution importante à apporter aux débats. Elles devront produire des supports écrits qui inciteront les lauréats à engager la discussion et le débat sur leur exposé ainsi que toute la documentation disponible sur le thème.

Une fois sélectionnées, les personnes ressources doivent :

  • Interagir avec le directeur de l’Institut et les lauréats afin d’aider ces derniers à réajuster leurs questions de recherche et leurs approches méthodologiques ;
  • Soumettre un exemplaire de leurs supports de cours pour reproduction et distribution aux participants au plus tard une semaine avant la présentation de leurs exposés ;
  • Présenter leur exposé, participer aux débats et commenter les propositions de recherche et les articles des lauréats ;
  • Réviser et soumettre un article basé sur leurs notes de cours pour publication par le CODESRIA, au plus tard deux mois après l’Institut.

Les lauréats

Les candidats doivent être des étudiants en doctorat ou des universitaires en début de carrière, ayant une capacité prouvée à faire de la recherche sur le thème de l’Institut. Les intellectuels actifs dans le processus politique et/ou dans les mouvements sociaux et les organisations de la société civile sont également encouragés à se porter candidats. Le nombre de places offertes par le CODESRIA pour chaque session est limité à quinze (15). Les chercheurs non-africains qui peuvent financer leur participation peuvent également faire acte de candidature sous réserve des places disponibles.

Les dossiers de candidature des personnes ressources

Les dossiers de candidature des personnes ressources doivent comprendre :
1. Une lettre de candidature ;
2. Un curriculum vitae ;
3. Deux (2) articles publiés
4. Une proposition de cinq (5) pages au plus, décrivant les questions qui seront couvertes dans leurs trois (3) exposés dont un portant sur les questions de méthodologie ;

Les dossiers de candidature des lauréats

Les dossiers de candidature des lauréats doivent comprendre :
1. Un formulaire de candidature dûment rempli ;
2.Une demande de candidature ;
3. Une lettre attestant de l’affiliation institutionnelle ou organisationnelle ;
4. Un curriculum vitae ;
5. Une proposition de recherche de dix (10) pages, comprenant une analyse descriptive du travail que le candidat veut entreprendre, un résumé exposant l’intérêt théorique du thème choisi par le candidat, la relation entre le sujet et la problématique et les centres d’intérêt pris en compte par le thème de l’Institut 2015 ;
6. Deux (2) lettres de référence provenant d’universitaires ou de chercheurs connus pour leur compétence et leur expertise dans le domaine de recherche du candidat (du point de vue géographique et concernant la discipline), avec leurs noms, adresses, numéros de téléphone et adresses électroniques.
7. Une copie du passeport.

Date limite de soumission des candidatures

La date limite de soumission des candidatures est fixée au 20 avril 2015. Les lauréats seront informés du résultat de la sélection en début mai 2015. Ils pourront ainsi utiliser le reste du mois de mai pour recueillir de l’information sur leur terrain et améliorer le projet de rapport de recherche à présenter lors de l’Institut. Les lauréats seront appelés à travailler sur ce document et le préparer pour publication après l’Institut.

Soumission des candidatures

Toutes les demandes de candidature devront être adressées de façon électronique à : gender.institute@codesria.sn .

Pour vos questions spécifiques, veuillez-vous adresser à :

CODESRIA
INSTITUT SUR LE GENRE
Avenue Cheikh Anta Diop x Canal IV
BP 3304, CP 18524, Dakar, Sénégal
Tél. : (221) 33 825 98 21/22/23 - Fax : (221) 33 824 12 89
Email : gender.institute@codesria.sn

mars 6 2015

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