Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Appel à candidatures du 2ème atelier sur Le développement du curriculum et de l’enseignement innovant de sciences sociales et humaines au Sénégal

Date limite de Soumission : 15 FEVRIER

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Saly, Sénégal du 28 Mars au 1er Avril 2016

Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) lance un appel à candidature pour la deuxième retraite de formation qu’il organise à Saly, du 28 Mars au 1er Avril 2016, dans le cadre d’un programme sur « Le développement du curriculum et de l’enseignement innovant de sciences sociales et humaines au Sénégal ». Il s’agit là d’une nouvelle initiative du CODESRIA qui bénéficie du soutien du programme d’appui à l’enseignement supérieur mis en place par Open society Fondation (OSF).

Le Sénégal a été choisi comme pays francophone pilote pour le lancement. Le programme vise à mettre en évidence les diverses manières dont l’enseignement supérieur contribue à la construction de systèmes de gouvernance démocratiques en Afrique, à travers des programmes et méthodes d’enseignement novateurs. Cette initiative encourage les perspectives innovantes et les efforts de révision des curricula dans les universités sénégalaises. Aussi, les réflexions produites examineront comment certaines préoccupations des sociétés démocratiques et ouvertes sont prises en compte dans l’enseignement et la recherche. Il s’agit, entre autres, d’explorer des pistes permettant de soutenir les innovations dans l’enseignement supérieur sénégalais. Enfin, l’initiative vise également la création d’un nouveau réseau d’experts et d’enseignants chercheurs travaillant sur ces questions en facilitant leur connexion avec d’autres collègues chercheurs africains.

Comme dans beaucoup d’autres pays en Afrique, l’Université publique sénégalaise depuis la fin des années 1980 reste le théâtre d’une crise endémique et multiforme qui s’est traduite notamment par une massification incontrôlée des effectifs des étudiants, une persistance des budgets déficitaires, une indigence infrastructurelle et un personnel insuffisant et de moins en moins motivé. Un tel contexte s’est traduit dans le domaine des Sciences Humaines et Sociales (SHS) par la propension des enseignements classiques, répétitifs et peu innovants, leur déficit d’ancrage dans les réalités sociales, la faiblesse et le manque de visibilité de la production scientifique, la raréfaction des revues, le cloisonnement et l’individualisation de la recherche, la crise de la vocation que l’on pourrait qualifier de « scepticisme des enseignants-chercheurs », l’enfermement dans le monde francophone, la difficulté à absorber les innovations technologiques... L’Université n’est plus un espace de « tension productive et innovante », de recherche collective et collaborative, d’échanges et de partage des savoirs. Pourtant cette période de changement de paradigme avec la nouvelle orientation STEM (Sciences, Technologies, Engineering and Mathematics), impose une triade de défis aux SHS :

  • Economiques avec la question de l’innovation et de l’adéquation des formations aux besoins du marché ;
  • Politiques avec la pacification de l’espace universitaire, la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur, la question de la qualité de l’enseignement supérieur ;
  • Culturels avec le souci de s’interroger et de savoir quel type d’université pour quel type de citoyen ?

Ces défis posent en retour des questions cruciales aux sciences humaines et sociales et qu’elles ne peuvent esquiver : quelles sciences sociales pour les sociétés africaines qui sont aussi des sociétés de la complexité ? Quelles sciences sociales pour les STEM ? Comment faire de l’Afrique « le cœur battant des études sur l’Afrique ? ».

Pour répondre à de telles interrogations, le renouvellement ou la régénération des SHS est devenue une impérieuse nécessité pour que celles-ci ne passent pas à côté de leur mission historique qui est de comprendre, de refléter, d’anticiper et d’accompagner les préoccupations de leurs sociétés. L’orientation vers les STEM peut dès lors s’avérer être une opportunité majeure pour les SHS car elle permet à ces dernières de se (re)questionner, de (re)définir leur ambitions à l’aune des mutations rapides que connait l’Afrique, mais aussi de reconsidérer le rapport de l’université à sa société et le rapport des universitaires au savoir.

Comme dans de nombreux pays, les universités sénégalaises ont toujours joué un rôle majeur d’accompagnement, ou de pointe dans le processus de transformation sociale. Cependant, les réformes dans les universités et celles de leurs curricula ont, dans de nombreux cas, été le résultat d’un processus plus lent que ceux qui ont changé leur environnement socio-politique, et ce, du fait de la résistance ou de la nature conservatrice des institutions. C’est fort de tout ce qui précède que le CODESRIA, avec le soutien du Programme d’appui à l’enseignement supérieur de l’OSF, a mis en place ce programme qui cherche à impulser une dynamique de revitalisation des enseignements et de la recherche en SHS, à travers la capacitation et l’appui aux modules innovants.

L’objectif de cette deuxième retraite dédiée essentiellement aux jeunes enseignants chercheurs dans les universités sénégalaises, est de renforcer leurs capacités, à innover en termes de contenu et d’approches pédagogiques. La finalité de cette activité est de permettre aux lauréats, dans un esprit d’innovation pédagogique, de produire des articles ou des manuels de cours sur les thématiques retenues pour la retraite. Une subvention sera accordée à cet effet aux candidats sélectionnés pour faciliter les travaux de terrain.

La thématique choisie pour cette deuxième retraite de formation porte sur : « la Consolidation démocratique : défis et opportunités ». Quelles sont les vulnérabilités inhérentes au processus démocratique? Comment consolider une société ouverte et démocratique au Sénégal ? Quelles opportunités susceptibles de renforcer ce processus ? Les propositions de recherche peuvent aborder entre autres les dimensions suivantes : la question des inégalités et des groupes marginaux, celle de laïcité et des religiosités, la parité homme-femme, les mouvements sociaux, les rebellions, la citoyenneté, la corruption, la redevabilité, le Pouvoir judiciaire, etc…

Les enseignants chercheurs du Sénégal qui souhaiteraient participer à cette retraite de formation sont invités à soumettre leur candidature au CODESRIA. Le dossier de candidature comprendra: - Une lettre de motivation; - Une attestation d’affiliation à une institution universitaire publique; - Un curriculum vitae ; - la fiche d’identification ci jointe dûment remplie ; - Un résumé de la proposition de recherche (article, manuel de cours) de 6 à 10 pages maximum, présentant l’intitulé, un exposé succinct du sujet, la problématique, l’objectif, la contribution scientifique attendue et l’approche méthodologie envisagée.

La date limite de soumission des candidatures est fixée au 15 FEVRIER 2016. Toutes les candidatures dont la proposition de recherche en version Word doivent être envoyées par courrier électronique à l’adresse ci-dessous :

Programme d’appui à l’enseignement supérieur (HESP)
CODESRIA
Avenue Cheikh Anta Diop X Canal IV
B.P. 3304, CP 18524, Dakar, Sénégal
Tel. (221) 33 825 98 21/22/23, Fax: (221) 33 824 12 89
E-mail: hesp@codesria.sn




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