Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


XX Congrès de l’AISLF - Montréal, 4-8 juillet 2016

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CR25 - Sociologie des relations professionnelles et du syndicalisme
Syndicalisme et relations professionnelles dans des sociétés en mouvement : quel renouvellement du regard sociologique ?

Après nous être interrogés, à Rabat, sur l’ébranlement des institutions régulatrices du travail, nous proposons d’aborder la recomposition des niveaux de régulation, la transformation du rôle de l’acteur syndical ainsi que le renouvellement des formes de conflictualité. Ce nouveau congrès sera, en outre, l’occasion de déplacer le regard dans trois nouvelles directions : les « nouveaux mondes à comprendre », les niveaux d’analyse qu’il nous faut ajuster, les décloisonnements théoriques ou méthodologiques qu’il nous faut opérer.

La question « des nouveaux mondes à comprendre » doit nous amener à intégrer des espaces jusqu’ici relégués à la périphérie, ce qui implique une ouverture aux pays du Sud et émergents, qui génèrent plus des deux tiers de la production industrielle mondiale quand le Nord tend à se tertiariser. Mais elle doit également nous amener à repenser la conflictualité qui accompagne cette refonte de la division internationale du travail. Se pose ainsi la question de l’émergence d’acteurs collectifs porteurs d’un renouveau de la critique sociale (Occupy, les indignés....) ainsi que d’une mise en visibilité de la précarité et des nouvelles formes d’exploitation. Comment ces luttes parallèles ou périphériques sont-elles appelées ou non à s’articuler entre elles et/ou avec les revendications portées par les acteurs institués ? Comment se traduit cette nouvelle donne au sein du mouvement syndical ? Observe-t-on l’émergence de tensions et/ou articulations entre base et sommet, centre et périphérie ? Comment les syndicalismes historiquement construits sur des problématiques de main-d’oeuvre industrielle, masculine et nationale, sont-ils amenés à faire évoluer leurs référentiels d’action collective face à l’internationalisation des modes d’organisation productive et à la féminisation de la main-d’oeuvre ?

La deuxième piste à explorer portera sur les niveaux d’analyse. Il s’agira de nous demander comment les relations professionnelles et le syndicalisme composent avec la multitude de changements d’échelle qui résulte du fonctionnement « connexionniste » issu du « nouvel esprit du capitalisme » ? Quels sont les leviers de régulation multi-niveaux à l’oeuvre dans l’ensemble des espaces économiques affectés par les accords de libre-échange (Alena, TTIP…) ? Comment évoluent la place de l’État dans la création de normes ainsi que les rôles des différentes instances de régulation dans l’entreprise ? Comment se recomposent les systèmes de relations professionnelles dans ce contexte de remise en question de « l’action publique négociée » ? Se posera ici plus globalement la question du processus d’intégration européenne et des réponses que sont en mesure d’y apporter les acteurs des systèmes de relations professionnelles, tant au niveau communautaire que national.

Enfin, sur les frontières disciplinaires, voire intra-disciplinaires, à décloisonner, ce Congrès devra nous permettre de réfléchir au renouvellement des cadres théoriques et méthodologiques pertinents pour penser toutes ces transformations. De nouveaux courants de pensée tels que les postcolonial studies nous interpellent sur la nécessité de dialogues épistémologiques autour de notions jusque-là conçues et pensées exclusivement par et pour les sociétés du Nord. Les propositions de communications gagneront à interroger les grilles de lectures aujourd’hui classiques (« régulation sociale », «analyse sociétale », approches institutionnalistes, « action organisée », économie des conventions, etc.) afin de réfléchir à leurs portées et limites ainsi qu’aux pistes conceptuelles susceptibles d’être mobilisées pour mieux éclairer nos « sociétés en mouvement ».

La date limite pour déposer une proposition de communication est fixée 15 janvier.

les propositions de communication sont à déposer directement sur le site de l’AISLF à cette adresse : http://congres2016.aislf.org/pages/32-aac2.php

Toutes les précisions concernant les modalités de dépôt et d’inscription sur le site du congrès sont accessibles à cette adresse : http://congres2016.aislf.org/




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