Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Institut sur l’Enfance et la Jeunesse 2016 : Futurs africains et les Futurs de l’Enfance en Afrique

Date limite : 15 juillet 2016

Nombre de visites : 5951

Date : 17 – 28 octobre, 2016
Lieu : Dakar, Sénégal

APPEL A CANDIDATURE

Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) a le plaisir d’annoncer son Institut sur l’Enfance et la Jeunesse 2016 qui se tiendra pendant deux (2) semaines, du 17 au 28 octobre 2016. L’institut est l’une des composantes du Programme d’Etudes sur l’Enfance et la Jeunesse et vise à renforcer les capacités analytiques des jeunes chercheurs africains sur des questions qui touchent l’enfance et la jeunesse en Afrique et ailleurs dans le monde. L’institut se veut un forum interdisciplinaire annuel où les participants peuvent réfléchir ensemble à un aspect spécifique des conditions de vie des enfants et des jeunes, en particulier en Afrique.

Objectifs

Les principaux objectifs de l’Institut sur l’Enfance et la Jeunesse sont de :

1. encourager le partage d’expériences entre les chercheurs, les militants de la société civile et les décideurs de différentes disciplines, orientations méthodologiques et conceptuelles et zones géographiques / linguistiques ;

2. promouvoir et renforcer une culture de valeurs démocratiques permettant de cerner de façon efficace les problèmes auxquels sont confrontés les enfants et les adolescents sur le continent africain ; et

3. favoriser la participation des universitaires et des chercheurs aux discussions et débats relatifs aux processus de développement des enfants et des adolescents en Afrique.

Organisation

Les activités de tous les instituts du CODESRIA sont axées sur les présentations faites par des chercheurs, des personnes-ressources africains du continent et de la diaspora et des participants dont les demandes d’admission en tant que lauréats ont été admises. Les sessions sont dirigées par un directeur scientifique qui, avec le soutien de personnes ressources, fait en sorte que les lauréats soient exposés à un large éventail de questions de recherche et de politique. Chaque lauréat est tenu de préparer un document de recherche qui sera présenté au cours de la session. Les versions révisées de ces documents feront l’objet d’un examen par les pairs afin de veiller à ce qu’ils répondent aux normes requises pour la publication par le CODESRIA. Le Centre de documentation et d’information du CODESRIA (CODICE) fournira aux participants une bibliographie complète relative au thème de l’Institut. L’accès à un certain nombre de centres de documentation dans et autour de Dakar sera également facilité. L’Institut sur l’Enfance et la Jeunesse du CODESRIA se tiendra en français et en anglais grâce à la traduction simultanée.

Futurs africains et les Futurs de l’Enfance en Afrique

Le thème de l’Institut sur l’Enfance et la Jeunesse 2016 est “ Futurs africains et les Futurs de l’Enfance en Afrique” et explore l’interface entre les aspirations futures des enfants et des versions de futurs africains afin d’acquérir les capacités pour réfléchir à la manière dont les enfants sont à la fois l’incarnation vivante et les agents potentiels de transformation sociale dans les sociétés africaines. Son point de départ est l’idée selon laquelle les images que se font les enfants de l’avenir sont importantes pour la compréhension actuelle de l’enfance. Se fondant sur les perspectives interdisciplinaires, l’Institut cherche à élucider les conséquences inter-générations du “développement” sur la vie, les droits, les possibilités, les droits de prestations, et les transitions des enfants. Il est prévu que les aspirations individuelles des enfants non seulement aient un recoupement avec les attentes collectives des familles et des communautés, mais aussi renseignent et soient renseignées par l’avenir et la contingence du développement national. L’institut se penchera sur les expériences vécues tous les jours des enfants en matière d’apprentissage, de travail, de soins et de socialisation, tout en situant simultanément ces expériences dans les axes croisés de l’histoire, du pouvoir, des espaces, de la politique et des structures sociales au-delà de l’environnement "local". Ce faisant, les participants vont non seulement excaver l’archéologie de l’enfance, mais aussi - grâce à une compréhension dialectique de l’avenir dans le développement de l’enfant et le développement national - repousser plus loin la limite des études relatives à l’enfance.

Les perspectives prédominantes sur le développement de l’enfant et le développement économique ont pour tradition d’être à la fois normatives et occidentales. Les constructions occidentales de l’enfance, en particulier l’enfance en tant que période d’innocence et de vulnérabilité où les enfants doivent être protégés contre le monde des adultes, ont été exportées vers l’Afrique par le colonialisme, les médias et l’aide au développement. Plusieurs programmes pour les enfants africains tels que les actions de scolarisation et les services de protection sont également ancrés dans les idées de la modernité mondialisée où l’enfant se trouvait précédemment. Pourtant, la recherche montre comment le modèle mondial de l’enfance n’a pas réussi à décrire des expériences et des réalités vécues par les enfants africains. Le développement économique, aussi, est une "invention occidentale". Bien que le développement soit considéré comme le point final souhaité pour toutes les sociétés, dans la pratique, le récit hégémonique est celui de la modernisation selon laquelle l’Afrique devrait imiter la trajectoire du monde occidental : adopter une économie de marché néolibérale, avoir des représentants démocratiquement élus, offrir l’éducation aux jeunes, mettre un terme à la souffrance des pauvres, et promouvoir l’égalité des sexes et des droits des minorités. Le paradoxe est que les choses même que les pays africains sont incapables de réaliser parce que les circonstances historiques et les structures du pouvoir mondial les en empêchent, servent de conditions préalables et de signifiants au développement.

Une dimension essentielle du développement de l’enfant est le soin, la socialisation et l’éducation des enfants. L’éducation et la “génération future” sont inextricablement liées. Les objectifs de développement durable ont restructuré le programme de développement mondial, y compris l’implication des gouvernements et des donateurs dans les prestations de services sociaux, mais sont à bien des égards une continuation du paradigme de la modernisation. L’investissement dans la formation du capital humain - conceptualisé uniquement au sens restreint de l’enseignement et de l’obtention des titres de compétence - est largement avancé par les organisations internationales comme une panacée à la réduction de la pauvreté et à l’amélioration des droits des enfants. Cependant, bien que le détachement des enfants africains des méthodes informelles d’apprentissage et d’acquisition de connaissances soit reconnu depuis longtemps, la “scolarisation“ de la connaissance et l’érosion de la socialisation traditionnelle continuent de représenter la crise fondamentale dans la reproduction sociale. En effet, la scolarisation de masse façonne la façon dont les enfants africains envisagent leurs mondes et futurs de vie : répondre aux attentes socio-économiques et culturelles, tout en traçant dans le même temps les possibilités individuelle et collective pour la vie présente et anticipée.

Le développement de l’enfant a des incidences profondes à la fois sur l’avenir de l’enfance et sur l’élaboration de visions alternatives de l’avenir par les sociétés africaines. Ce n’est pas le moins qu’on puisse dire car les enfants jouent un rôle important en tant que constructeurs et destructeurs de systèmes complexes de la reproduction sociale. Bien que l’enfance soit un événement temporel - compris comme étant une étape de la vie avant d’assumer pleinement des rôles et responsabilités d’adultes – les enfants africains s’acquittent des rôles et responsabilités d’adultes ici et maintenant par choix, choix motivé ou forcé, ainsi que grâce à la formation, l’apprentissage et l’éducation. Des millions d’enfants africains travaillent, migrent et vivent de façon autonome, dirigent des ménages, affectent et sont eux-mêmes affectés par la violence, et prennent des décisions importantes qui non seulement façonnent leur vie quotidienne et les perspectives de vie futures, mais aussi celles de ceux qui les entourent. Ces enfants "mûrissent" tôt à cause de la pauvreté, des problèmes épidémiologiques, de la scolarisation limitée et de leurs responsabilités à l’intérieur et à l’extérieur de leurs communautés. En ce sens, l’avenir des enfants est étroitement lié à l’existence quotidienne et aux relations intergénérationnelles intégrées dans les soins et la nurturance au sein des coopératives familiales et de la société dans son ensemble. Pourtant, les difficultés rencontrées par les enfants révèlent aussi les idéologies du développement national, en particulier l’hypothèse sur comment, où et par qui le fardeau de la reproduction sociale doit être assumé et dans quelles circonstances. En outre, bien que de nombreux pays d’Afrique aient remporté un succès considérable en matière de développement économique et une stabilité sociale relative au cours des dernières décennies, les moyens par lesquels l’enfance a évolué dans ces contextes et la façon dont les enfants se positionnent dans l’avenir du continent ne sont pas explorés pleinement.

L’Institut sur l’Enfance et la Jeunesse 2016 se concentre sur la façon dont les enfants africains se situent par rapport aux aspirations, aux droits, aux droits de prestations et à l’imagination de l’avenir de l’Afrique. L’institut fournit des espaces pour évaluer la recherche et les bourses d’études actuelles sur la multitude de façons dont la compréhension des enfants de l’avenir pourrait concrétiser le changement social ainsi que les idéologies et pratiques de développement de l’enfant et le développement national. Cela suppose la révélation de la façon dont les vies sociale, culturelle et économique quotidiennes des enfants non seulement reflètent des réalités interdépendantes de la socialisation et de l’acquisition de compétences, mais aussi la manière dont les agents de développement, par exemple l’enseignement formel, représente un modèle d’éducation différent, plus étroit, quoique que globalisé. Les questions que peuvent aborder les participants portent notamment sur les points suivants :

1. Quelle est l’importance de la scolarisation permettant d’assurer des moyens de subsistance durables et le développement national ? Comment l’apprentissage informel façonne-t-il les chances dans la vie et les perspectives d’avenir des jeunes ? Comment les jeunes s’engagent-t-ils dans la brèche entre les aspirations scolaires et les réalités incertaines qui façonnent le passage à la vie adulte ?

2. Quels sont les rôles des enfants dans la construction de la paix et la stabilité sociale en Afrique ? Comment l’état actuel de la vie des enfants explique et s’explique-t-il par des changements et des trajectoires sociétaux plus vastes ?

3. Quelles formes de connaissances locales et communautaires peuvent être mobilisées pour faire face aux changements climatiques et à la dégradation de l’environnement ? Comment le développement peut-il être adapté pour produire des citoyens qui sont localement sensibles et compétents sur le plan mondial ?

Les participants à l’Institut sur l’Enfance et la Jeunesse 2016 sont encouragés à développer une réflexion critique sur les contributions des enfants à la reproduction quotidienne et générationnelle, le but de l’éducation, les perspectives et les expériences sexospécifiques ainsi que la façon dont la scolarisation formelle et l’éducation informelle peuvent être utilisées pour habiliter la génération future en Afrique. D’un point de vue méthodologique, l’examen du rôle des enfants dans l’élaboration de l’avenir non seulement réclame la nécessité d’explorer leurs mondes de vie de leur propre point de vue, mais aussi du point de vue des “autres générations”. Les propositions de communication doivent fournir de nouvelles perspectives qui tissent ensemble les thèmes de l’enfance, du développement national et de l’avenir, en analysant le déroulement des géographies et contextes historiques au sein desquels les vies des enfants sont mutuellement constituées. En se servant de la vie des enfants comme guide pour comprendre les transformations sociales, il est prévu que les participants examinent et discutent des aspects des dynamiques culturelle, politique, économique et émotionnelle prévalant en Afrique, et la façon dont ces dynamiques reflètent, façonnent et nous permettent de ré-imaginer les futurs africains. Expliquer les contextes sociaux est particulièrement crucial dans le but de : a) montrer comment les possibilités, contraintes, réalités et chances de vie des jeunes varient à travers l’espace, et b) contribuer à des commentaires critiques sur les tendances homogénéisantes, exotisantes et particularisatrices de la recherche sur les enfances africaines. Les participants sont également mis au défi de dégager les tensions existant entre les processus mondiaux et les expériences localisées des enfants africains afin de théoriser le développement de l’enfant comme un aspect important mais manquant des débats autour du développement durable.

Coordination

L’Institut sur l’Enfance et la Jeunesse 2016 sera dirigé par le professeur Tatek Abebe du Centre norvégien de recherche pour l’enfance (Norwegian University of Sciences and Technology). En tant que Directeur de l’Institut, le Pr. Tatek Abebe :

  • aidera à l’identification des personnes ressources qui animeront les discussions et les débats au cours de l’institut ;
  • participera à la sélection des lauréats ;
  • concevra le cours de la session, y compris les sous-thèmes spécifiques ;
  • dispensera une série de cours et procédera à une analyse critique des documents présentés par les personnes ressources et les lauréats ;
  • soumettra un rapport scientifique écrit de la session

En outre, le Pr. Tatek Abebe va éditer les versions révisées des documents présentés par les personnes ressources et évaluer les documents présentés par les lauréats lors de l’Institut en vue de les soumettre pour publication par le CODESRIA.

Personnes ressources

Les cours à dispenser au cours de la session sont destinés à offrir aux lauréats l’occasion d’approfondir leurs réflexions sur le thème de l’Institut. Les personnes ressources doivent donc être des universitaires ou des chercheurs chevronnés ayant beaucoup publié sur le thème et qui ont des contributions importantes à apporter aux débats y relatifs. Ils seront appelés à produire des notes de cours qui incitent les lauréats à engager la discussion et le débat autour de leurs cours respectifs ainsi que toute la documentation disponible sur le thème.
Une fois sélectionnées, les personnes ressources doivent :

  • interagir avec le Directeur de l’Institut et les lauréats pour aider ces derniers à ajuster leurs questions de recherche et leurs approches méthodologiques ;
  • soumettre une copie de leurs documents de cours pour la reproduction et la distribution aux participants au plus tard une semaine avant qu’ils ne dispensent leurs cours ;
  • dispenser leurs cours, participer aux débats et commenter les propositions de recherche et les articles des lauréats ;
  • examiner et soumettre la version révisée de leurs notes de cours ou des documents de recherche pour publication par le CODESRIA au plus tard deux mois après leur présentation à l’Institut.

Lauréats

Les demandeurs doivent être des candidats au doctorat ou des chercheurs au début de leur carrière avec une capacité avérée à mener des recherches sur le thème de l’Institut. Les intellectuels actifs dans le processus décisionnel et / ou les mouvements sociaux et les organisations de la société civile sont également encouragés à postuler. Le nombre de places offertes par le CODESRIA à chaque session est limité à dix (10). Les chercheurs non-africains qui sont en mesure de lever des fonds pour leur participation peuvent également demander un nombre limité de places.

Candidature pour faire fonction de personne ressource

Le dossier de candidature pour faire fonction de personne-ressource inclura :

1. une lettre de candidature ;
2. un curriculum vitae ;
3. deux (2) documents publiés.
4. Une proposition comptant un maximum de cinq (5) pages et décrivant les questions qui seront couvertes dans leurs trois (3) cours proposés, dont l’un sur les questions méthodologiques ;

Candidature pour faire fonction de lauréat

Le dossier de candidature pour faire office de lauréat inclura :
1. un formulaire de demande dûment rempli en format Word ;
2. une lettre de candidature ;
3. Une lettre indiquant l’institution ou l’organisation d’appartenance ;
4. un curriculum vitae.
5. Une proposition de recherche comptant un maximum de dix (10) pages, y compris une analyse descriptive du travail qu’a l’intention d’entreprendre le demandeur, un aperçu de l’intérêt théorique du sujet choisi par le demandeur, la relation du sujet à la problématique et aux préoccupations du thème de l’Institut sur l’Enfance et la Jeunesse 2016 ;
6. Deux (2) lettres de référence d’universitaires ou de chercheurs connus pour leur compétence et leur expertise dans le domaine de recherche du candidat (géographique et disciplinaire), y compris leurs noms, adresses, numéros de téléphone et adresses e-mail ;
7. Une copie du passeport.

Dépôt des candidatures

Toutes les demandes doivent être envoyées par voie électronique à : child.institute@codesria.sn

Pour des questions spécifiques, veuillez-vous adresser au :

CODESRIA
CHILD AND YOUTH INSTITUTE/INSTITUT SUR L’ENFANCE ET LA JEUNESSE
Tel. : (221) 33 825 98 21/22/23
Email : child.institute@codesria.sn

avril 13 2016



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