Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


INSTITUT SUR LA GOUVERNANCE DEMOCRATIQUE, SESSION 2017 : GOUVERNANCE ECONOMIQUE ET TRANSFORMATION ECONOMIQUE DE L’AFRIQUE

Date limite de candidatures : 31 juillet 2017

Nombre de visites : 3114

4-15 septembre 2017, Dakar (Sénégal)

Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) a le plaisir d’annoncer la session 2017 de son Institut annuel sur la Gouvernance démocratique. L’Institut se tiendra au siège du Conseil à Dakar, au Sénégal, du 4 au15 septembre 2017 sur le thème « Gouvernance économique et transformation économique de l’Afrique ». Lancé en 1992, l’Institut sur la gouvernance démocratique du CODESRIA est un forum interdisciplinaire qui réunit chaque année une quinzaine de chercheurs des diverses régions du continent et de la diaspora, ainsi que des chercheurs non africains engagés dans des recherches innovantes sur des sujets liés au thème général de la gouvernance.

Organisation de l’Institut

Les instituts sont dirigés par un directeur scientifique, un universitaire expérimenté dans le domaine de recherche de l’Institut qui, avec le soutien de personnes ressources, veille à ce que les lauréats abordent des questions liées au thème. Les lauréats de l’Institut seront sélectionnés par le directeur et les personnes ressources en fonction de la qualité des propositions de recherche reçues. Chaque lauréat produira un travail de recherche qu’il présentera pendant l’Institut. La version révisée de ce travail de recherche sous forme d’article scientifique après l’Institut sera évaluée par les pairs pour une éventuelle publication par le CODESRIA ou par un de ses partenaires en publication. Le Centre de documentation et d’information du CODESRIA (CODICE), en collaboration avec le directeur et les personnes ressources, mettra à la disposition des participants une bibliographie sur le thème de l’Institut. L’accès à des centres de documentation de Dakar et ses environs sera également facilité. L’Institut sur la gouvernance démocratique du CODESRIA se tiendra en français et en anglais.

Thème de l’Institut 2017

Au cours des douze derniers mois, les changements importants intervenus dans les processus électoraux en Grande-Bretagne et en Amérique du Nord ont ravivé les questions sur le rôle des idées dans la participation démocratique. Des questions cruciales sur les fondements intellectuels de la démocratie ont entre temps, émergées. C’est dans ce contexte que le thème retenu pour la session de 2017 de l’Institut sur la gouvernance invite l’interrogation de questions plus vastes de la participation démocratique, qui sont au cœur des réalités économiques de la plupart des pays africains. Dans le passé, l’analyse des questions de gouvernance s’est focalisée sur le niveau continental sans suffisamment examiner les interconnexions entre la gouvernance mondiale des organisations internationales et leurs implications pour l’Afrique. A l’intersection de la gouvernance mondiale des organisations internationales et l’Afrique, se croisent des dynamiques économiques pressantes.

Les événements dramatiques du système mondial avec la récession de 2007/8, suivis de la crise de la zone euro, ont engendré des commentaires sur la fragilité systémique de l’économie mondiale. L’une des principales limites de cette littérature est qu’elle continue de placer l’Afrique à la périphérie de ces phénomènes. En outre, les forces et faiblesses des conditions économiques africaines ne sont généralement pas prises en compte dans les discussions sur la gouvernance au niveau international. Cependant, les institutions bancaires parallèles qui sont au cœur de la fragilité du système financier international sont, comparativement, sous-développées en Afrique, ce qui est l’une des grandes forces de l’Afrique. Ainsi, la tension entre la consolidation de la place de l’Afrique dans le système économique mondial et la demande croissante de plus de démocratie sur le continent offre une opportunité de réflexions novatrices. Il est plausible que le principal enjeu de la fuite intense de capitaux est d’impliquer l’Afrique dans l’architecture financière mondiale afin que les Africains aient peu de marge de manœuvre s’ils promeuvent la participation démocratique dans leurs sociétés.

Un secteur où l’Afrique joue un rôle essentiel dans l’économie mondiale est le secteur minier. Après le boom des ressources de la décennie 2000-2010 et la confiance et les récits sur « l’émergence de l’Afrique » (« Africa Rising »), certains pays connaissent aujourd’hui une profonde régression économique. Les moyens créatifs d’appui à l’extraction des ressources minières n’ont pas suivi le rythme des exigences des Africains pour un questionnement sur la place de l’Afrique dans la chaîne de valeur mondiale. Des formes rapides et éphémères d’extraction minière sont aujourd’hui mises en œuvre car l’appétit des marchés extérieurs pour les ressources minières africaines reste élevé. Des dispositions utiles pour contrer l’appétit pour les ressources africaines existent, mais les intellectuels n’ont pas vulgarisé la Vision minière pour l’Afrique de l’Union africaine de réitérer les appels au changement des structures d’exploitation minière et des économies africaines.

L’entrée en Afrique de nouveaux acteurs tels que le Brésil, la Turquie, l’Inde, la Russie et la Chine a détourné l’attention de l’UE, le Japon et l’Amérique du Nord. Avec la demande accrue de ressources naturelles africaines, des pays africains ont beaucoup emprunté à la Chine et au marché euro-obligataire. La plupart de ces emprunts étaient subordonnés à la croissance des prix des matières premières, ou à la découverte de nouvelles ressources, comme le pétrole, dans d’autres pays. Dans certains cas, les prix ont chuté, laissant ainsi les pays avec le financement de lourdes dettes. Certains pays ont recouru à des crédits de refinancement, donc plus d’emprunts. D’autres ont souscrit des emprunts nationaux, rendant les crédits nationaux onéreux pour les petites entreprises et a réduit la croissance et la création d’emplois. Par conséquent, le secteur financier est désormais l’objet d’une surveillance accrue.

Une autre dimension du lien de l’Afrique avec l’architecture financière mondiale est le rôle des agences de notation de crédit, subordonnées à Wall Street et à la City de Londres. Les récentes allégations de complicité de la Banque d’Angleterre dans la fixation des taux LIBOR ont poussé les planificateurs africains à se rapprocher du « marché » dans leurs relations avec les agences d’emprunt internationales. Le scandale LIBOR et l’émission de monnaie par la politique d’assouplissement quantitatif en Amérique du Nord et en Europe ont clairement montré que l’économie politique des flux financiers internationaux dépend de la puissance politique des forces en présence.

La question de l’assouplissement quantitatif ne peut être séparée des niveaux élevés de fuite des capitaux provenant des marchés émergents. Suite à la publication des « Panama Papers », il a été signalé plus de 21 milliards de dollars dans des paradis fiscaux. Les sociétés africaines sont intégrées à cette économie illicite mondiale qui a sa base dans l’assouplissement quantitatif et la fixation des taux LIBOR. Le Rapport sur les flux financiers illégaux en provenance d’Afrique sera un domaine d’étude central dans cet Institut. L’objectif est de favoriser les compétences techniques et les liens politiques permettant aux spécialistes africains d’approfondir le questionnement sur les flux financiers. Des initiatives de documentation de ces flux ont été prises par la Commission Economique pour l’Afrique et la Banque africaine de développement ; cependant, les centres intellectuels en Afrique sont à la traîne dans la documentation et la réflexion sur ces flux illicites et leur influence destructrice sur la démocratie.

Les intellectuels africains ont contribué à la compréhension de la « gouvernance » et, ce faisant, ont offert un champ de recherche plus large à ce concept. Par conséquent, la littérature sur la gouvernance économique, ou plus généralement la gouvernance en Afrique est variée. Une grande partie de la littérature considère la gouvernance comme la manière dont les différents acteurs étatiques et non étatiques prennent des décisions publiques et gèrent les ressources économiques et sociales pour le développement. Une bonne gouvernance économique présuppose l’existence et le fonctionnement efficace d’institutions de soutien des marchés telles que les droits de propriété, de régulation financière et de stabilisation macroéconomique. Pourtant, comme en attestent le Rapport sur les flux financiers illicites et les « Panama papers », une confluence d’élites internationales et nationales peut, en dépit de l’existence d’institutions de soutien des marchés, « accaparer la prise de décisions » au niveau national au point de rendre les institutions inefficaces. Le résultat est le siphonage des réserves de change, la baisse de la perception fiscale, la neutralisation des flux d’investissements et, par conséquent, la détérioration des conditions de vie des populations à mesure que la pauvreté augmente. Cette fuite de capitaux compromet également la règle de droit, étouffe le commerce et détériore les conditions macroéconomiques. Dans certains cas, comme l’a souligné le Rapport sur les flux financiers illicites, certains emprunts versés aux pays africains n’arrivent jamais dans les banques centrales africaines. Ces prêts continuent d’être financés à partir des recettes fiscales alors que les projets auxquels ils étaient destinés n’existent pas ou sont dans un état si peu avancé rendant les prêts eux-mêmes inutiles. Les conséquences économiques qui en découlent seront également explorées pendant l’Institut.

Ce thème « Gouvernance économique et la transformation économique de l’Afrique » a été choisi avec l’espoir que les lauréats réfléchiront de manière approfondie aux tendances économiques contemporaines du continent et sur le type d’architecture de gouvernance nécessaire pour isoler les économies africaines des réseaux économiques mondiaux dangereux.

Les personnes ressources

Les cours dispensés par les personnes ressources pendant l’Institut sur la gouvernance ont pour but de faire progresser les réflexions des lauréats sur le thème de l’Institut. Les personnes ressources seront donc des chercheurs séniors ou ayant largement publié sur le thème de l’Institut, et qui ont des contributions importantes à apporter aux débats. Les personnes ressources proposeront des supports de cours, afin de stimuler la discussion et le débat. Une fois sélectionnées, les personnes ressources devront :

1. Interagir avec le directeur de l’Institut afin d’aider les lauréats à affiner leurs questions de recherche et leurs approches méthodologiques ;
2. Soumettre leurs cours pour reproduction et distribution aux participants au plus tard une semaine avant le début de leur intervention ;
3. Dispenser leurs cours, participer aux débats et commenter les projets de recherche et les ébauches d’article des lauréats ;
4. Examiner et soumettre la version révisée de leurs supports de cours ou de recherche pour une éventuelle publication au plus tard deux (2) mois après leur présentation à l’Institut.

Les lauréats

Les lauréats seront des doctorants ou des universitaires en début de carrière ayant des capacités à mener des recherches sur le thème de l’Institut. Les intellectuels actifs dans le milieu des politiques, des mouvements sociaux et des organisations de la société civile sont également encouragés à postuler. Le nombre de places disponibles à chaque session de l’Institut sur la gouvernance est de quinze (15). Les jeunes universitaires africains de la diaspora et les chercheurs non-africains capables de financer leur participation peuvent également postuler pour un nombre limité de places.

Candidatures des personnes ressources

Les dossiers de candidature de personnes ressources comprendront :
1. Une demande de candidature ;
2. Un Curriculum Vitae ;
3. Deux (2) articles publiés ;
4. Une proposition n’excédant pas cinq (5) pages décrivant les questions à traiter dans les cours proposés dont un sur les questions méthodologiques.

Candidatures des lauréats

Les dossiers de candidature de lauréat comprendront :
1. Un formulaire de candidature dûment rempli ;
2. Une demande de candidature ;
3. Une lettre indiquant l’affiliation institutionnelle ou organisationnelle ;
4. Un Curriculum Vitae ;
5. Une proposition de recherche de dix pages au maximum comprenant une analyse descriptive du travail du candidat, un aperçu de l’intérêt théorique du sujet choisi, la relation entre le sujet et la problématique du thème de l’Institut sur la gouvernance 2017 ;
6. Deux lettres de recommandation de chercheurs connus pour leurs compétences et leur expertise dans le domaine de recherche du candidat, avec leur nom, adresses, numéro de téléphone et adresse électronique ;
7. Une copie du passeport.

Date limite de candidature

La date limite de soumission des candidatures est fixée au 31 juillet 2017.

Dépôt des candidatures

Tous les dossiers de candidature ou demandes d’information complémentaire doivent être envoyés à : gouvernance.institute@codesria.sn

CODESRIA
Institut sur la Gouvernance démocratique
BP 3304, Dakar, 18524, Sénégal
Tél. (221) 33 825 98 21/22/23
Courriel : gouvernance.institute@codesria.sn




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