Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Institut sur le genre du CODESRIA, session 2017 : Recherche féministe, universités et transformation sociale en Afrique

Date limite de candidature : 15 mars 2018
Date : 14 – 25 mai 2018
Lieu : Dakar, Sénégal

Nombre de visites : 5618

Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) invite les candidatures d’universitaires et chercheurs africains à la session 2017 de l’Institut sur le Genre qui se tiendra du 14 au 25 mai 2018 à Dakar, Sénégal.

Au cours des deux dernières décennies, le CODESRIA a organisé un Institut annuel sur le Genre afin de renforcer les efforts d’intégration de la recherche et des études sur le genre dans les sciences sociales en Afrique. L’objectif général de l’Institut sur le Genre reste de contribuer en Afrique à une meilleure prise de conscience des questions de genre dans les milieux de recherche ; à l’intégration de l’analyse de la problématique du genre dans la recherche sociale menée ; et l’inclusion des approches de genre dans les débats sur la méthodologie. En outre, l’Institut est un catalyseur des efforts de féministes dans les universités afin de créer un espace d’études féministes en tant que nouvelle épistémologie, et remettre en question la vision androcentrique dominante de la société et de la culture. En fin de compte, ces efforts ne sont pas une fin en soi. Ils participent d’efforts plus larges d’amélioration des universités du continent et leur ancrage comme espaces de réflexion critique pour la transformation du continent.

Après un peu plus de deux décennies d’engagement du CODESRIA sur le genre à travers divers fora, notamment l’Institut sur le Genre, la session 2017 dudit Institut permettra aux participants de réfléchir aux progrès réalisés et les défis persistants. Un accent particulier est porté sur la manière dont c cet engagement a fait des universités en Afrique de meilleures institutions dans la direction du projet de transformation sociale.

En effet, le nombre d’universités sur le continent a considérablement augmenté. De nouveaux plans continentaux, régionaux et nationaux de développement tels que la Vision 2063 de l’Union africaine placent l’enseignement supérieur et les dimensions sexospécifiques au centre de la réalisation des visions de divers documents de politique. Au niveau institutionnel, les effectifs augmentent, la diversité institutionnelle croît et les missions sont revues et recentrent les fonctions d’enseignement et de recherche des universités afin de mieux répondre aux besoins de la société. Par comparaison à la situation d’il y a deux décennies, la recherche féministe se développe actuellement dans un certain nombre d’institutions. La révision des programmes d’études, les nouvelles politiques d’accès et les interventions de financement ont augmenté le nombre de femmes participant aux institutions de recherche.

Dans le même temps, on a le sentiment que ces institutions continuent à fonctionner d’une manière qui ne répond pas, de façon plus organique, aux problèmes émergents dans la société. Par exemple, la hausse du chômage des diplômés a été attribuée à une mauvaise préparation des institutions. Les pressions croissantes pour la réforme et la décolonisation des programmes d’études, y compris celles de décolonisation des recherches féministes abondent. De nouveaux défis se posent dans l’enseignement supérieur, notamment la nécessité de connecter l’enseignement supérieur et la recherche aux tendances mondiales, entre autres. Ces questions mettent en lumière la nécessité de réexaminer la façon dont les différentes évolutions, notamment plus d’adhésion à la recherche féministe et sur le genre, ont accru ou limité le potentiel des institutions à brancher plus organiquement à la société.

Depuis leur création, les universités sont conçues comme des moteurs essentiels de la transformation et du changement social. À tout le moins, cette conception implique que les universités travaillent à susciter des changements fondamentaux dans les principales institutions de la société, notamment les institutions politiques et économiques, avec des implications majeures pour les relations entre groupes ou classes sociales, et pour les moyens de création et de distribution de la richesse, du pouvoir et du statut. Cela signifie de transcender les résultats de la reproduction, souvent plus apparents que l’examen du potentiel créé par le discours académique dans le remodelage fondamental des relations sociales pour le bien commun. L’immersion de la recherche féministe dans tous les aspects de la vie universitaire en Afrique crée donc logiquement une attente de résultats alternatifs. En effet, la transformation est au cœur même de la praxis féministe. En tant que théorie de la connaissance et de la pratique intellectuelle, le féminisme déconstruit les fondements épistémologiques du patriarcat et contribue à l’émancipation des femmes en tant que sujets. Il transforme également les institutions en milieu d’engagement intellectuel critique.

Les discours sur le féminisme et sur le genre ont le potentiel de créer des visions alternatives de la société en défiant les obstacles structurels au changement social progressif. Alors que les recherches antérieures ont porté sur la manière dont les institutions ont été rendues réceptives à la recherche féministe et au genre féminin au sens physique et épistémologique, il est temps d’analyser dans quelle mesure les études féministes ont fait des universités en Afrique de meilleures institutions pour la société et ont mis en œuvre le projet de transformation sociale. Comment la recherche sur le genre a-t-elle permis d’imaginer de meilleures approches d’étude et de production de connaissances sur l’Afrique ?

Dans leurs propositions, les candidats devront examiner de manière critique les résultats de la recherche féministe et sur le genre dans le cadre du vaste débat sur le rôle de l’enseignement supérieur dans la transformation sociale. Les propositions devront plus particulièrement examiner les questions relatives aux tendances de la production et de la consommation de connaissances, leur contenu, leur qualité, leur utilité et leur exigence pour la transformation de l’Afrique et leur pertinence en matière de développement durable en Afrique.

Les lauréats

Les candidats doivent être des étudiants en doctorat ou des universitaires en début de carrière spécialisés en sciences sociales et humaines ou travaillent dans le domaine élargi des études sur le genre et féminines. Les chercheurs en dehors des universités qui sont actifs dans le processus politique et/ou dans les mouvements sociaux et les organisations de la société civile sont également encouragés à se porter candidats. Le nombre de places offertes par le CODESRIA pour cette session est limité à vingt (20). Les chercheurs africains et non-africains qui peuvent financer leur participation peuvent également faire acte de candidature.

Les dossiers de candidature

Les dossiers de candidature doivent comprendre :
1. Un formulaire de candidature dûment rempli en format World (voir document attaché) ; 
2. Une lettre de motivation attestant de l’affiliation institutionnelle ou organisationnelle ;
3. Un curriculum vitae ;
4. Une proposition de recherche de dix (10) pages au plus, comprenant une analyse descriptive du travail que le candidat veut entreprendre, un résumé exposant l’intérêt théorique du thème choisi par le candidat, ainsi que les relations entre le sujet, la problématique et les centres d’intérêt pris en compte par le thème de l’Institut ;
5. Deux (2) lettres de référence provenant d’universitaires ou de chercheurs connus pour leur compétence et leur expertise dans le domaine de recherche du candidat (du point de vue géographique et concernant la discipline), avec leurs noms, adresses, numéros de téléphone et adresse électronique ;
6. Une photocopie du passeport du candidat.

Date limite

La date limite de soumission des candidatures est fixée au 15 mars 2018. Toutes les demandes de candidature doivent être envoyées par voie électronique à : gender.institute@codesria.sn

CODESRIA
Institut sur le Genre
Tél. (221) 33 825 98 21/22/23
Courriel : gender.institute@codesria.sn
Website : http://www.codesria.org




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