Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Enfants de la rue et jeunes marginalisés : Conditions de vie des enfants et des jeunes marginalisés

2006

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L’Institut est un des volets du Programme d’études sur l’enfance et la jeunesse et il a pour objectif de renforcer les capacités analytiques sur les problèmes des enfants et des jeunes en Afrique et ailleurs dans le monde. L’idée de création de cet institut a été renforcée par la critique émanant de chercheurs africains sur le contenu et le contexte des crises de développement auxquelles le continent est confronté et le lien entre ces problèmes et ce qui est généralement appelé la question de l’enfance et de la jeunesse. L’institut est, par conséquent, organisé comme un forum annuel au cours duquel les participants réfléchissent sur un aspect spécifique des conditions des enfants et des jeunes en Afrique et, ce faisant, contribuer à repousser les frontières du savoir et de la politique.

Pour la session 2006 de l’Institut, le thème choisi « Enfants de rue et jeunes marginalisés : Conditions de vie des enfants et des jeunes marginalisés » porte sur la vie des enfants et des jeunes marginalisés avec un accent particulier sur les enfants de la rue et des jeunes marginalisés. C’est un thème récurrent dans l’étude des processus de changement social en Afrique ; récemment, il a été mis en évidence par le contexte de conflits, de maladies, de déclin économique prolongé, et de changements démographiques qui ont marqué la politique, l’économie et la société sur le continent. De ce fait, bien que beaucoup de travail ait été fourni par le passé sur les enfants de la rue et plus récemment sur la jeunesse marginalisée, les liens entre la marginalisation des enfants et des jeunes et l’instabilité politique, les conflits violents, le retrait de l’état, les politiques de marchandisation et les maladies telles que le VIH/SIDA sont généralement restés sous explorés à la fois empiriquement et conceptuellement. Encore plus sous explorés sont les divers facteurs contextuels nouveaux et/ou reconfigurés qui définissent le cadre de la marginalisation des plus jeunes membres de la société. Ces facteurs sont politiques, économiques, sociaux et démographiques dans leur nature et ils s’adressent aux processus plus larges de transition et de changement dans la société qui ont eu un impact négatif sur les enfants et les jeunes. Pour cela, alors que les explications traditionnelles dominantes sur les désavantages et désaffections des enfants et des jeunes telles que la structure changeante de la famille, le déclin de la « tradition », le peu d’attrait de l’éducation formelle, et les changements dans les valeurs sociales sont toujours généralement pertinentes, de nouveaux facteurs liés aux processus accélérés d’urbanisation qui généralement vont de pair avec l’expansion du secteur informel, aggravant les inégalités sociales dans le contexte d’effondrement de la politique sociale, un accroissement des flux migratoires à l’intérieur et à travers les frontières, et l’incidence massive et accélérée des processus et tendances mondiales sur les contextes locaux, entre autres, ont grandi en signification pour mériter une attention plus soutenue.

En partie à cause des nouveaux facteurs contextuels, les mondes des enfants de la rue et des jeunes marginalisés ont connu d’importants changements, y compris le développement de formes uniques de langage, qui méritent également d’être étudiées. Ces mondes sont le plus souvent informels, même s’ils ont des relations de pouvoir distinctes et sont régis par des règles précises, notamment les règles d’entrée. Les enfants de la rue et les jeunes marginalisés sont principalement dans les centres urbains. Diverses informations provenant de plusieurs pays africains tendent à montrer que la population féminine parmi les enfants et jeunes marginalisés a crû de façon significative même si ce monde est quand même régi par les lois du chauvinisme masculin qui s’expriment de différentes manières allant du langage à la façon de s’habiller. De plus, les enfants de la rue et la jeunesse marginalisée gardent des relations complexes avec les processus et structures formels politiques et économiques, relations qui soulignent également une capacité à défendre leurs intérêts et à contribuer, plus largement, à la formation d’ordre social, macro-politique, économique dans lequel ils opèrent.

décembre 28 2009



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