Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Réforme des curricula dans les universités africaines : expériences passées, directions futures

01-03 décembre 2008, Yaoundé (Cameroun)

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Conférence des Doyens de Facultés de Sciences Sociales et Humaines
Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en
Afrique (CODESRIA) a le plaisir de vous informer de la tenue de la troisième
session de son initiative créée pour rassembler les doyens de facultés
de sciences sociales et humaines dans une conférence annuelle organisée
autour d’un thème scientifique d’intérêt commun. Ce programme fait partie
des nouvelles activités lancées par le Conseil dans le cadre de ses objectifs
stratégiques pour faire reculer les limites de la production et de la dissémination
de connaissances. Cette initiative est née de la volonté de combler
l’écart observé dans la recherche d’un renouveau du système d’enseignement
supérieur africain, plus précisément, l’absence en Afrique de forum
réguliers et structurés qui permettent aux gestionnaires du système d’enseignement
supérieur en général, et aux doyens des facultés de sciences sociales
et humaines en particulier

1. de réfléchir sur leurs expériences,
2. d’échanger des vues sur les défis communs auxquels ils font face,
3. d’apprendre les uns des autres,
et de tirer profit des solutions aux problèmes des uns et des autres de façon
à leur permettre de trouver de nouvelles perspectives comparatives
dans le domaine de l’enseignement supérieur inscrit dans une période de
transition.

Le CODESRIA est engagé à développer la conférence comme une activité
centrale qui sera partie intégrale de sa stratégie de soutien dans la durée
à l’université africaine, chaque conférence étant structurée pour aboutir à la
production d’un ouvrage qui sera à la fois un constat et une déclaration sur
l’état des sciences sociales et humaines en Afrique.

Le CODESRIA est une initiative des centres de recherche sociale et économique
du continent. Le Conseil a été créé en 1973 pour offrir à ces institutions
un forum en Afrique qui facilite la production et la dissémination de
connaissances avec une plus-value africaine, promeut le partage d’expériences
au delà des barrières géographiques et linguistiques, et contribue à
faire entendre les voix africaines à l’échelle mondiale. Depuis 1973, à la
fois le terrain de la recherche sociale africaine et le contexte institutionnel
de la production de connaissances ont subi des changements profonds qui
ont également agi sur l’opérationnalisation du mandat du CODESRIA en
tant que première organisation de scientifiques actifs dans le domaine des
sciences sociales et humaines. De ces nombreux changements conformes au
mandat du Conseil, aucun n’est plus évident que l’accroissement du nombre
d’universités et de centres de recherche avancée. Mais, cet accroissement en
nombre ne s’est pas toujours traduit par le développement d’opportunités
pour faire reculer les frontières de la recherche sociale et de la production
de connaissances. Certainement, les disciplines de recherche sociale ont toujours
dû se battre pour leur présence et leur place dans le système d’enseignement
supérieur africain. Initialement, pendant les premières décennies
d’indépendance et au fur et à mesure que les espaces politiques locaux s’amenuisaient,
les cercles gouvernementaux ont de plus en plus nourri l’idée
que les sciences sociales et humaines développaient un radicalisme infectieux
qui ne pouvait être éradiqué qu’en interdisant l’enseignement de certaines
disciplines telles que les sciences politiques. De plus, certains pensaient
qu’investir des ressources « rares » dans les sciences sociales et humaines
n’était ni plus ni moins que du gaspillage dans des pays où, selon
cette opinion, il y avait plus besoin d’ingénieurs, de médecins et autres professionnels
venant des sciences « dures ».

Au moment où les pays africains subirent le déclin prolongé de leurs économies
à partir du début des années 1980, les attaques contre les sciences
sociales et humaines étaient soutenues par des arguments axés sur leur présumé
manque de pertinence au processus de développement et leur inadéquation
avec les critères des marchés du travail locaux – et même internationaux.
La crise de financement qui a caractérisé la période à partir des
années 1980, la pénurie d’ouvrages universitaires, la fuite des cerveaux, la
fermeture de nombreuses presses universitaires, l’effondrement de revues
universitaires et de la culture de séminaires académiques réguliers, le processus
de massification qui a provoqué une explosion du nombre d’étudiants,
la dégradation des infrastructures, les attaques répétées contre la
liberté académique, l’effort unidirectionnel de marchandisation du savoir, et
une communauté démotivée d’enseignants et d’étudiants ont affecté le développement
des sciences sociales et humaines. Sans nul doute, les sciences
sociales et humaines n’ont jamais été autant sous pression que maintenant.
Dans les cas extrêmes, plusieurs départements/domaines ont tout simplement
été supprimés parce qu’inappropriés ; d’autres ont été atrophiés par
manque d’étudiants et/ou d’enseignants qualifiés. Sans exception, toutes les
disciplines des sciences sociales et humaines ont subi ou subissent encore des
pressions pour changer le contenu des enseignements. Des questions de
qualité conjuguées à des préoccupations de viabilité pour définir le noyau
des enjeux confrontant les sciences sociales et humaines, les défis de renouvellement
sont nombreux mais il n’est pas toujours clair que les choix politiques
soient les plus judicieux.

Les réponses aux crises généralisées du système d’enseignement supérieur
africain et les difficultés spécifiques confrontant les sciences sociales et humaines
ont été diverses. Le CODESRIA, à travers ses programmes, a été à
la pointe de l’effort fait en Afrique pour contribuer au renforcement et au
renouveau des sciences sociales et humaines, par des interventions diverses
et multidisciplinaires. Partant du fait qu’aucune société ne peut espérer
faire face aux défis de développement auxquels elle est confrontée si elle
n’investit pas dans les sciences sociales et humaines, le CODESRIA porte ses
efforts programmatiques un peu plus loin en lançant la conférence annuelle
des doyens de facultés de sciences sociales et humaines des universités africaines. Cette initiative vient au moment où la direction académique et administrative
des universités africaines traverse des changements multiples et
variés, y compris le départ à la retraite d’un grand nombre de pionniers de
la période post-indépendance et l’arrivée dans les fonctions de direction
de la deuxième et troisième génération de chercheurs. La conférence encouragera
la réflexion avancée sur l’état des sciences sociales et humaines
en Afrique par ceux/celles qui, de par leur fonction dans le système universitaire,
occupent des positions avancées dans la direction académique et
administrative. Elle servira également à créer un réseau des doyens audelà
des frontières géographiques, linguistiques et de genre qui ont tendance
à les séparer.

Le thème choisi pour la troisième conférence est « Réforme des curricula dans
les universités africaines : expériences passées, directions futures ». C’est un
thème qui s’adresse aux multiples transitions en cours dans les institutions de
recherche et de formation dans les universités africaines et dont les doyens,
de par leur position, supervisent. Comme noté plus haut, historiquement, les
sciences sociales et les humanités ont été contraintes de prouver leur pertinence
et leur valeur dans les contextes post-coloniaux où le développement
était défini comme une grande priorité pour laquelle les investissements
dans les sciences naturelles et d’ingéniérie étaient nécessaires. Les pressions
devaient devenir plus fortes à la suite des crises dans les économies de la
plupart des pays africains, crises dont résultèrent une réduction du financement
et un effort de réforme des curricula sur la base des considérations du
marché du travail. Dans le cadre de la structure incitative issue de l’Afrique
des années 1980 et plus tard, les enseignements des programmes dans les
sciences sociales et humaines furent soumis à divers degrés de révision et de
réforme afin de répondre aux pressions qu’elles subissaient pour prouver
leur pertinence. Ces réformes ont non seulement changé le contenu des enseignements
mais également leur présentation et les modalités de transmission.
La fusion des cours furent entreprise, plusieurs programmes exécutifs
lancés et un grand nombre de cours supprimés. La troisième conférence des
doyens sera consacrée à une discussion des changements introduits dans les
enseignements en sciences sociales et humaines en Afrique. La nature de ces
changements, leurs dimensions et les conséquences enregistrées seront examinées.

Les participants seront encouragés à évaluer l’impact sur le genre
et les conséquences découlant des réformes entreprises sur les curricula. Les
expérimentations dans la création de curricula conjoints entreprises dans la
formation post-doctorale (en économie et dans d’autres disciplines) seront
également étudiées, de même que les programmes réguliers et exécutifs en
place, leurs objectifs et les résultats obtenus à ce jour. Les réformes contemporaines
dans le système des enseignements seraient comparées avec les
précédentes expériences de réformes dans l’histoire de l’enseignement supérieur
africain à la fois en termes de philosophie et de direction. Le type
d’université émergeant de ces réformes, et la valeur des diplômés de ces
universités sera examiné à la fois en tant que tel et dans la perspective de
leurs implications sur le développement à long terme.
Les participants à la conférence devront être des doyens de facultés de
sciences sociales et humaines dans les universités africaines. Ils devront également
envoyer un résumé de leur présentation avec leur curriculum vitae.
Un jury indépendant sera mis sur pied par le CODESRIA pour entreprendre
une sélection anonyme des résumés reçus et recommander les meilleurs.

décembre 30 2009



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