Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


La place du travail pour la jeunesse africaine

2010

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Il est nécessaire de repenser la place du travail dans la vie des enfants, en tenant compte de la culture africaine et des points de vue des enfants africains. Tandis que dans les familles et les sociétés à revenu élevé les enfants bénéficient souvent d’une enfance faite de loisirs, le travail est considéré comme un élément constitutif de la croissance pour la majorité des enfants du monde. En Afrique, alors que de nombreux parents considèrent la campagne mondiale contre le travail des enfants comme un abus ethnocentrique contraire aux pratiques acceptés en matière d’éducation des enfants, de nombreux enfants craignent que les fardeaux qui leur sont imposés n’empiètent sur leur scolarité et leur développement. Si les activités liées au travail peuvent contribuer à la croissance, le développement des enfants dépend aussi de l’interaction constructive avec les gens qui vivent autour d’eux. Nous devons ainsi apprendre à connaitre ce que le travail des enfants signifie par rapport à diverses situations.

En général, le débat sur le travail des enfants ne prend en considération que les points de vue des adultes, ce qu’ils attendent ou exigent des enfants. Dans la pratique, l’expérience du travail et les avantages ou les méfaits qu’elle implique pour les enfants, est fortement affectée par la façon dont les enfants perçoivent leur travail. Les points de vue des enfants sont donc essentiels pour comprendre les avantages et les méfaits du travail dans leur vie.

Dans la plupart des cas, les enfants africains font un travail non rémunéré, soit des tâches domestiques ou un travail sur de petites exploitations agricoles ou dans d’autres entreprises familiales, à travers lequel ils apprennent leurs rôles dans la société et acquièrent un statut dans leurs familles grâce à leurs contributions. Néanmoins, même le travail domestique peut être intense dans les ménages pauvres, en particulier si il consiste à ramasser du combustible, aller chercher de l’eau ou à prendre soin des personnes malades au sein de la famille. Alors que de nombreux enfants tirent profit du caractère élargi de leurs familles, il arrive que des proches, riches, exploitent la main-d’œuvre à bon marché de certains parents pauvres sous prétexte de leur venir en aide. Lorsque le travail va jusqu’à consister à offrir une aide dans des exploitations agricoles et à garder le bétail, il peut impliquer des dangers et empiéter sur la scolarité de l’enfant. Comment faire pour s’assurer que le travail exercé par les enfants à juste titre, en tant qu’élément constitutif du processus éducatif de la croissance, ne devienne pas aussi dur ou intense au point d’entraver leur développement ?

Le travail rémunéré en Afrique commence souvent à un âge précoce. Les gains des enfants peuvent contribuer au budget familial dans les ménages pauvres. La contribution au revenu familial donne aux enfants un statut et du respect dans leurs familles. Le travail peut leur permettre d’échapper à certaines situations découlant de la pauvreté de leur famille ou d’autres contraintes. En particulier, lorsque les enfants atteignent l’adolescence, le travail peut contribuer à étendre les relations au-delà de la maison, notamment de rencontrer des pairs, d’apprendre à traiter avec des adultes et d’acquérir des compétences nécessaires pour l’avenir. Lorsque les enfants quittent l’école pour une raison quelconque, le travail offre une activité constructive préférable à l’oisiveté. Et pourtant, le travail peut également être psychologiquement et physiquement violent, dangereux, et aussi empiéter sur leur scolarité. L’apprentissage de métiers peut impliquer beaucoup de travail avec peu de respect et de formation en retour. Comment permettre aux enfants de profiter des opportunités qu’offre le travail, tout en les protégeant contre l’exploitation ?

Il est à craindre que le travail des enfants entrave leur fréquentation et leurs performances scolaires et qu’il limite ainsi leurs possibilités d’avenir. Et pourtant, dans de nombreuses situations, c’est le travail qui assure la couverture des dépenses scolaires ; en outre il peut créer des possibilités d’avenir notamment pour les enfants qui ne sont pas très compétents à l’école. L’école et le travail sont-ils en fait incompatibles ? Quels types de travaux sont compatibles avec la scolarité et quels types de scolarité sont compatibles avec le travail ? Lorsque les enfants travaillent au lieu d’aller à l’école, est-ce le travail qui les empêche d’aller à l’école ou est-ce l’échec du système scolaire qui les pousse à travailler ?

janvier 25 2010

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