Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


La gouvernance urbaine en Afrique

2004

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Le continent africain est reconnu comme l’une des régions avec la rapide urbanisation. Dans ce processus en cours, avec un taux moyen de 3% par an, l’Afrique maintient son avance de région du monde qui a la plus rapide croissance démographique. Toutes les projections suggèrent que cette croissance démographique va non seulement continuer mais sera aussi accompagnée d’un taux d’urbanisation rapide axé sur un nombre de mégalopoles, des centres urbains qui sont déjà des zones de haute densité démographique. Avec l’accélération de l’urbanisation, le continent a aussi connu des processus de changements socio-économiques, culturels et politiques qui ont un impact à la fois comme facteur, scène et contexte aux défis de gouvernance de l’espace urbain et de l’expérience urbaine.

Parmi les processus économiques, culturels et politiques les plus significatifs qui façonnent et définissent le contexte d’urbanisation et de gouvernance urbaine se trouve la quête de larges réformes politiques à travers l’Afrique commence vers la fin des années 1980 et autour de laquelle des luttes continuent de se crystalliser ; diverses expériences en décentralisation, déconcentration et administration locale qui affectent directement sur le contenu, la structure et la qualité de la gouvernance des villes sans tenir compte des raisons pour lesquelles elles sont entreprises ; les questions d’imposition et de représentation dans l’administration des villes et l’espace urbain ; l’expérimentation dans la création d’agences autonomes de gouvernement comme partie de nouvelles approches de gestion du secteur public ; l’émergence d’organisations non gouvernementale et d’organisations de proximité, d’organisations communautaires, associations de quartier qui sont devenus une part active de la vie urbaine et qui jouent un rôle, soit formel ou informel, dans la gouvernance globale de l’espace urbain ; de sérieux problèmes d’accumulation économique qui ont des conséquences sur la vie urbaine, y compris des questions d’emploi, de distribution des revenues et l’accès équitable aux ressources ; l’intensification des flux démographiques qui font des centres urbains le lieu de reproduction de la jeune population africaine ; l’accroissement des problèmes environnementaux qui ont un impact sur la vie ; et les défis d’équilibre des politiques urbaines et de la sécurité des citoyens en harmonie avec les libertés civiles et les droits humains.

L’accroissement grandissant des centres urbains consécutif à un flux de population de la campagne vers la ville même si ce flux n’est pas unidirectionnel, il mérite d’être étudié dans ses configurations les plus récentes. Mais un processus de migration des petites villes et les centres péri-urbains vers les grandes villes est aussi en cours. Les défis de la planification de l’utilisation des espaces urbains ont créé, à travers le continent, de nouveaux pôles de marginalisation et d’exclusion dans les grands centres urbains à côté de nouveaux marchés et un secteur informel tentaculaire. Les crises de production agricole venant en partie des flux de population des zones rurales vers les zones péri-urbaines et urbaines qui ont aussi créé de nouveaux problèmes de sécurité alimentaire avec l’émergence du fermage péri-urbain et urbain par des individus et des ménages n’a pas toujours été suffisant pour en venir à bout. Les nouvelles populations qui s’installent dans les centres urbains en expansion sont confrontées avec des revendications d’autochtonie des premiers occupants, revendications qui ont des implications sur tous les aspects de leurs droits et qui entraînent souvent de violents affrontements communautaires. Avec les infrastructures existantes qui sont dans un état de dégradation avancé ou insuffisantes pour satisfaire la population urbaine croissante, le rythme et la qualité de vie urbaine dans nombre de pays africains est régulièrement en question. La capacité et la couverture de l’Etat en baisse veut dire que des pans entiers de l’espace urbain ne sont pas administrés (de manière adéquate) par l’appareil et les agences d’Etat à tous les niveaux, laissant ces espaces à des milices locales auto-constituées et à des brigades administratives informelles qui s’arrogent des droits d’imposition et de police.

Avec l’Institut sur la gouvernance 2004, le Conseil se propose d’étendre le travail effectué sur les processus et changements urbains se concentrant la variété de questions soulevées par les changements dans le contexte, les processus et les structures de gouvernance urbaine en Afrique. Les participants éventuels seront encouragés à définir les différents aspects des changements en cours, produire de nouvelles perspectives analytiques et empiriques, d’engager une analyse comparative des résultats de leurs recherches et réfléchir aux défis posés par leur propre travail aux cadres conceptuels dominants/hérités.

novembre 5 2004



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