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Council for the Development of Social Science Research in Africa

       

       

Déclarations publiques

DÉCLARATION DU COMITÉ EXÉCUTIF SUR LA SUSPENSION DES DISPOSITIONS DU RÈGLEMENT INTÉRIEUR

 

7 SEPTEMBRE 2018

DAKAR, SÉNÉGAL

Lors de la 14ᵉ Assemblée générale du CODESRIA tenue à Dakar en 2015 et après un long débat sur le calendrier des réformes, le Comité exécutif (CE) du CODESRIA s’était engagé, en vertu des prérogatives qui lui sont dévolues par la Charte du CODESRIA, à adopter les textes devant régir l’élection du Comité exécutif à la 15ᵉ Assemblée générale. Le Comité exécutif avait élaboré ces textes d’application et, après plusieurs itérations et discussions, il les avait adoptés lors d’une réunion extraordinaire tenue en avril 2017. Il avait également mis en place une Commission électorale de cinq membres dont le président et les membres avaient été informés de leur nomination par le Secrétaire exécutif.

La Charte du CODESRIA dont découlent les textes d’application prévoit que seuls les membres du CODESRIA en règle peuvent participer à l’élection du Comité exécutif. En décembre 2017, le Secrétaire exécutif avait informé le Comité exécutif du défi d’opérationnalisation de certaines dispositions des textes au cours de la 15ᵉ Assemblée générale (AG) à venir parce que le Conseil comptait seulement 18 membres individuels et institutionnels en règle. Le Comité exécutif avait alors dérogé aux dispositions des textes d’application concernant les délais de paiement des cotisations et demandé au Secrétariat exécutif de permettre aux membres de se mettre en règle en payant leurs cotisations pour 2017 et 2018. La dérogation qui expirait en mars 2018 devait permettre aux membres du CODESRIA d’être en règle. À la fin de mars 2018, malgré un processus énergique de mobilisation des membres, 50 personnes seulement avaient payé leurs cotisations pour 2017 et 2018.

Le Comité exécutif avait examiné cette situation et conclu que compte tenu du nombre limité de membres en règle, l’obligation d’un scrutin en ligne avant l’AG de décembre 2018 n’était pas réalisable. Outre les anciens présidents et secrétaires exécutifs du Conseil, seuls 50 membres de la communauté auraient pu avoir le droit de participer au processus électoral.

Après avoir consulté le Président de la Commission électorale et par Résolution 1/2018 adoptée le 31 juillet 2018, le CE a suspendu l’application des dispositions 6, 7, 8 et 9 du Règlement sur les questions électorales et a décidé que le prochain CE du CODESRIA soit élu au cours de la 15ᵉ AG, prévue en décembre 2018, selon les règles et procédures en vigueur lors des précédentes AG. En outre, seuls les membres en règle du CODESRIA en ce qui concerne a) le paiement des cotisations annuelles, et b) la participation au moins à une Assemblée générale antérieure auront le droit de voter et de se porter candidats aux élections.

Le Comité exécutif a chargé le Secrétaire exécutif de porter cette résolution à la connaissance des membres du CODESRIA et de partager avec eux les textes d’application afin de recueillir leurs commentaires écrits. Nous tenons ici à informer la communauté du CODESRIA de cette situation. La résolution du Comité exécutif et les textes d’application sont joints au présent communiqué. Ces mêmes documents ont été publiés sur le site Web du CODESRIA (www.codesria.org). Les commentaires devraient être envoyés au Comité exécutif à l’adresse executive.secretary@codesria.org avant la 15ᵉ Assemblée générale.

 

Godwin R. MURUNGA
SECRÉTAIRE EXÉCUTIF

codesria_ec_resolution_10sept2018_final_french

codesria_declaration_du_comite_executif_ SE10sept2018

codesria_by-laws_french

Charte_fr

 

Déclaration d’intellectuels et chercheurs sur la destruction des manuscrits de Tombouctou

Symposium AfrikaNko, 29 janvier, 2013 (CODESRIA et Point Sud)

 

Nous, intellectuels africains et de la diaspora et leurs collègues venant d’Asie, des Amériques et d’Europe réunis à Dakar dans le cadre du Symposium « La bibliothèque coloniale en débat » protestons avec force contre la destruction, le saccage et l’incendie de manuscrits anciens abrités par l’institut Ahmed Baba dans la ville de Tombouctou.

Venant s’ajouter à la perte de nombreuses vies humaines et aux innombrables brutalités qui ont accompagné le conflit au Mali, cet acte consacre la destruction de ressources intellectuelles sans prix, accumulées au cours des âges et conservées à travers les générations. Il est une grave blessure à la mémoire, à l’esprit, et à l’être africain et à celui de l’humanité toute entière.

Cet acte s’inscrit dans la longue histoire de destruction des bibliothèques dont le continent africain n’a pas l’exclusivité. Il est la manifestation d’un désir systématique d’effacement d’une mémoire intellectuelle et culturelle qui avait débuté dans le nord du Mali avec la destruction de mausolées et de sites historiques. Cette destruction est aussi l’effet d’une géopolitique où l’Afrique est au cœur de nouveaux pillages, de nouvelles prédations, et de nouvelles guerres.

Nous condamnons cet acte et pleurons cette perte. Alors que nous discutons de la « bibliothèque coloniale » et de la « bibliothèque africaine », la destruction de ces manuscrits nous rappelle à quel point la préservation et la transmission du savoir est une priorité et un droit, et toute atteinte contre ce droit un crime.

Nous exigeons des gouvernements africains non plus des promesses, mais des actions concrètes et urgentes dédiées à la sauvegarde des bibliothèques, des manuscrits et autres

créations de l’esprit avant qu’il ne soit trop tard et qu’il ne leur reste que des lamentations trop souvent hypocrites. La guerre cible d’abord les peuples, mais elle est aussi toujours et partout une menace pour les livres, les bibliothèques et la culture.

Au nom des participants :

Dr. Ebrima Sall

Secrétaire exécutif

CODESRIA

Et

Prof. Mamadou Diawara

Directeur

Point Sud

Violations et abus de la liberté académique au Malawi : Le CODESRIA reporte la tenue du colloque international en l’honneur du Professeur Thandika Mkandawire

 

8 avril 2011

Le Malawi est l’un des pays africains où les révolutions démocratiques en Tunisie et en Égypte ont à la fois galvanisé les mouvements sociaux pour l’approfondissement de la démocratie et provoqué des réactions autoritaires et irréfléchies de la part des autorités étatiques et universitaires. Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) et l’ensemble de la communauté intellectuelle africaine ont suivi de près les événements au Malawi, où les menaces, les intimidations et les licenciements de membres du personnel universitaire de l’Université du Malawi deviennent trop fréquents. Une victime récente de ces traitements intolérables est le Dr Blessing Chinsinga, professeur associé au département d’études politiques et administratives du Chancellor College de l’Université du Malawi (UNIMA). Le Dr. Chinsinga a été convoqué au poste de police de Zomba pour être interrogé sur le contenu d’un de ses cours, dans lequel il donnait des exemples de raisons de protestation populaire tirés de l’Égypte et de la Tunisie. Il a ensuite été licencié. Jessie Kabwila-Kapasula, son secrétaire général Franz Amin et son conseiller juridique, le Dr. Garton Kamchedzera, le mercredi 30 mars 2011. Heureusement, la décision de licencier ces collègues a été annulée par les tribunaux malawites. Les menaces et les licenciements du personnel académique de l’UNIMA constituent des violations flagrantes de la liberté académique et une violation de plusieurs sections de la Constitution de la République du Malawi, qui prévoit notamment la liberté académique.

Le CODESRIA est une organisation panafricaine qui promeut la liberté académique comme partie intégrante de la lutte pour la démocratie et la justice sociale. Le CODESRIA a donc suivi de très près tous les développements contradictoires en Afrique depuis le début de cette année. En effet, l’année 2011 restera dans l’histoire comme une année où l’Afrique aura montré à la fois  » le plus beau et le plus laid de ses visages « .

La « Révolution de Jasmin » en Tunisie et la chute de la dictature en Tunisie et en Égypte, résultat des luttes populaires incessantes pour la démocratie, l’emploi et de meilleures conditions de vie, ont rendu la promesse de la démocratie beaucoup plus réelle en Afrique. D’autre part, la crise en Côte d’Ivoire, les massacres perpétrés par le Guide libyen Momar Qhadafi et les bombardements de l’OTAN rappellent certaines des pages les plus sombres de l’histoire de l’Afrique. Au cours du Forum social mondial qui s’est tenu à Dakar en février de cette année, le CODESRIA, le Forum du tiers monde et ENDA Tiers monde ont organisé conjointement onze (11) tables rondes sur certains des plus grands défis auxquels l’Afrique et, plus généralement, le Sud mondial sont confrontés, avec des panélistes venus de tout le Sud et d’Europe. Les révolutions démocratiques qui se déroulent en Tunisie et en Égypte, ainsi que la crise en Côte d’Ivoire ont été parmi les sujets longuement discutés. Le CODESRIA se bat pour les droits des universitaires et chercheurs africains, et pour que tous les Africains aient de meilleures conditions de vie et de travail sans aucune restriction imposée de l’extérieur. Cela signifie non seulement des conditions de travail décentes et un environnement propice à la recherche sur le campus, mais aussi la liberté de recherche et la liberté des universitaires d’exprimer leurs pensées et de mener des activités d’enseignement et de recherche sur les sujets de leur choix. Par conséquent, le CODESRIA ne peut rester indifférent aux menaces et autres actes d’intimidation perpétrés à l’encontre des membres de la communauté universitaire et de la communauté intellectuelle au sens large en Afrique. Un tel silence serait contraire aux principes de liberté académique et de solidarité pour lesquels le CODESRIA se bat depuis sa création en 1973. La classe du Dr Chinsinga a été infiltrée par des informateurs engagés par la police d’État malawite, une pratique qui rappelle les pires jours de la dictature de Kamuzu Banda. Aucune université moderne ne peut fonctionner correctement, et encore moins se développer, sous la surveillance étroite de la police.

En reconnaissance de ses contributions au développement du CODESRIA et à l’avancement de la production de connaissances en Afrique et dans le monde, le CODESRIA a prévu d’organiser un colloque international en l’honneur de l’un des plus grands universitaires africains, le Professeur Thandika Mkandawire, né au Malawi. Cet événement, organisé par le CODESRIA en collaboration avec l’Université du Malawi et l’Intellectual Heritage Project, basé en Afrique du Sud, devait auparavant avoir lieu dans son pays natal, le Malawi, du 2 au 4 mai 2011. Thankdika Mkandawire est actuellement professeur à la London School of Economics, après avoir passé de nombreuses années comme directeur de l’UNRISD, à Genève (1998-2009) et secrétaire exécutif du CODESRIA (1985-1996). Cette grande icône et fier fils de l’Afrique a fêté son 70ᵉ anniversaire en octobre dernier. Pour un ami aussi remarquable, un leader aussi inspirant et un interlocuteur aussi vigoureux pour tant de personnes, un homme qui « partageait nos tribulations et nos triomphes » (pour reprendre l’expression du regretté Archie Mafeje), l’occasion n’est pas simplement l’anniversaire d’un individu, mais l’occasion de célébrer une communauté aussi mondiale qu’africaine. Son 70e anniversaire est un jalon que nous voudrions transformer en une célébration collective d’une vie : celle de quelqu’un qui a été un véritable cadeau pour nous, à la fois en tant qu’individus et en tant que communauté.

Il n’y a pas de meilleur endroit que le Malawi pour organiser un tel colloque afin de célébrer la vie et l’œuvre du Professeur Mkandawire. Il n’y a pas non plus de meilleur partenaire institutionnel avec lequel le CODESRIA peut organiser ce colloque que l’Université du Malawi. Cependant, les récentes violations flagrantes de la liberté académique à l’Université du Malawi nous ont obligés à reporter cette occasion historique, jusqu’à ce que nos collègues malawites se sentent moins menacés dans l’exercice de leurs droits en tant que chercheurs et dans la jouissance de la liberté de recherche et d’expression, sans crainte d’être persécutés à cause de leurs idées.

En outre, le CODESRIA et l’ensemble de la communauté des chercheurs sociaux africains souhaitent lancer un appel au gouvernement du Malawi pour qu’il prenne des mesures urgentes afin de réintégrer le personnel académique de l’UNIMA qui a été licencié, qu’il s’assure que la liberté académique est respectée et garantie, conformément à la Constitution du Malawi, et qu’il réponde positivement à la demande du Chancellor College Academic Staff de les assurer par écrit qu’aucune autorité officielle ou agent lié à la police ne répétera de telles actions. Nous espérons que le Conseil de l’Université du Malawi s’abstiendra également de toute pratique susceptible d’insécuriser le personnel académique de l’université.

Enfin, le CODESRIA souhaite assurer nos collègues malawites de notre solidarité avec eux dans leur lutte pour faire de l’UNIMA un centre d’excellence florissant en matière d’enseignement, de recherche, de production et de diffusion des connaissances, qui puisse contribuer immensément au développement du Malawi et du continent africain.

Déclaration publiée à Dakar, le 8 avril 2011

Déclaration de Kampala sur l’histoire africaine

 

27-29 octobre 2008

 

La conférence sur la relecture de l’histoire et de l’historiographie de la domination et de la résistance en Afrique a été organisée par le CODESRIA, comme la première étape d’un long processus intellectuel dénommé SOS Histoire Africaine, visant à réaliser le triple objectif de :

  • Promouvoir l’étude de l’histoire africaine,
  • Mobiliser les soutiens en faveur de la discipline historique dans l’enseignement supérieur en Afrique,
  • Mettre en réseau les historiens africains en vue d’atteindre ces buts.

Cette conférence s’est tenue du 27 au 29 octobre 2008 à Kampala (Ouganda). Elle a commencé par une brève cérémonie d’ouverture, introduite par le Secrétaire exécutif du CODESRIA, le Professeur Adebayo Olukoshi. Dans un discours incisif et stimulant, le Pr. Olukoshi a souligné les facteurs qui démontrent indéniablement le peu d’intérêt accordé à l’étude de l’histoire africaine en Afrique, depuis l’enseignement primaire jusqu’à l’enseignement supérieur. Il a ensuite demandé aux universitaires et chercheurs présents de trouver, à travers leurs discussions, des stratégies permettant d’inverser la tendance à l’oubli de l’oubli l’histoire africaine dans les systèmes éducatifs africains.

Après l’intervention du Secrétaire exécutif du CODESRIA, le conférencier principal, le Professeur Adiele Afigbo du Département d’Histoire et des Relations Internationales de l’Université de l’État d’Ebonyi (Nigeria), a fait son discours liminaire dans lequel il a montré tout d’abord, les différentes formes et étapes que la domination impériale des puissances étrangères, en particulier occidentales, avaient prises depuis 1450. Il a ensuite montré que c’est à travers la voie ininterrompue de la domination impériale que l’Afrique en est arrivée à l’ère actuelle de la mondialisation. Il a cependant souligné que la mondialisation ne doit pas être considérée comme la dernière étape de la domination impériale de l’Occident, car ce dernier est capable d’entreprendre des mutations imprévisibles. Le Pr. Afigbo a également souligné que l’Afrique doit apprendre à avoir un impact sur le reste du monde au lieu de demeurer passive face à celui-ci.

Ensuite, la conférence s’est penchée sur l’examen de 30 communications présentées par les participants. Ceci a été fait dans le cadre de neuf panels, chacun ayant traité un ensemble de communications thématiquement liés. Les panels se présentaient comme suit :

  • La politique et la philosophie de la relecture de la résistance et de la domination en Afrique
  • L’économie politique de la domination et de la résistance
  • La religion et les rituels dans l’histoire de la domination et de la résistance
  • Le genre, la résistance et la domination en Afrique
  • Les figures de la résistance et de la domination
  • Les souvenirs de la domination et de la résistance
  • La domination et la résistance à travers les arts et la littérature
  • L’historiographie de la domination et de la résistance : Quelques études de cas (1)
  • L’historiographie de la domination et de la résistance : Quelques études de cas (2)

Après les panels, la conférence s’est transformée en une Table Ronde afin d’examiner le thème : « la relecture de l’historiographie de la domination et de la résistance en Afrique : Quelle prochaine étape ? » La Table Ronde a débouché sur l’élaboration d’un plan d’action organisé autour des axes suivants :

Les organisations africaines qui ont un intérêt dans l’enseignement de l’histoire africaine dans les établissements d’enseignement africains de même que les associations d’histoire, les départements d’histoire, les archéologues, les linguistes, les associations d’archivistes et de muséologues, les instituts d’études africaines ou d’études culturelles africaines, les organismes de recherche, l’Union africaine et les autres organismes panafricains (à caractère politique, économique et social) sont invités à :

  • Organiser des conférences et des ateliers de formation à tous les niveaux utiles (continental, régional, national, etc.)
  • Mobiliser des ressources matérielles pour des études d’histoire et les relier aux niveaux continental, régional et national.
  • Encourager la production de matériel pédagogique dans le domaine de l’histoire africaine pour l’utilisation aux niveaux primaire, secondaire et supérieur
  • Instituer des bourses d’études d’histoire à tous les niveaux du système éducatif
  • Instituer des prix d’histoire à tous les niveaux du système éducatif. Aux niveaux secondaire et supérieur, des prix peuvent être créés pour des cours d’histoire africaine
  • Créer des prix en l’honneur des plus grands historiens de l’Afrique aux niveaux national et régional
  • Créer des postes d’enseignants visiteurs spécialisés en matière d’histoire africaine
  • Encourager les chercheurs et les institutions d’Afrique à utiliser la méthode historique dans leurs travaux de recherche.

Le CODESRIA est vivement encouragé à

  • Poursuivre les conférences au niveau actuel
  • Aider à l’organisation de conférences en aval sur le Projet SOS Histoire africaine aux niveaux régional et national
  • Encourager la production de livres, surtout de manuels sur l’histoire africaine aux niveaux secondaire et supérieur
  • Aider à l’organisation de concours d’histoire aux niveaux régional et national
  • Élaborer un mémorandum sur le Projet SOS Histoire africaine à envoyer et à défendre au niveau de l’Union africaine. Dans ce mémorandum, l’accent devrait être mis sur le financement et sur la mise en place de centres régionaux ou d’instituts pour la promotion de l’histoire africaine
  • Attirer l’attention des Africains et des organismes africains de la diaspora sur l’importance du Projet SOS Histoire africaine
  • Élaborer une stratégie ou des stratégies pour la collecte de fonds pour le projet
  • Vulgariser l’exemple de la République démocratique du Congo (RDC) dans laquelle des enseignants d’histoire au niveau universitaire ont créé un fonds pour l’octroi d’une aide financière aux étudiants qui choisissent d’étudier l’histoire
  • Rendre publiques toutes les démarches faites à tous les niveaux pour mener à bien le projet

Enfin, les participants à la conférence doivent :

  • Travailler comme des missionnaires et des ambassadeurs du Projet SOS Histoire africaine en ramenant ce projet ainsi que les travaux de cette conférence au niveau de leurs départements, centres et instituts et si possible aux départements, centres et instituts voisins qui ne sont pas représentés à cette conférence,
  • S’engager à assister le CODESRIA et tout autre organisme dans toutes les questions destinées à promouvoir le Projet SOS Histoire africaine.

 

Les représentants des pays suivants ont participé à la conférence :

  • Afrique du Sud
  • Burkina-Faso
  • Cameroun
  • Congo
  • Ile Maurice
  • Kenya
  • Madagascar
  • Niger
  • Nigeria
  • Ouganda
  • RDC
  • Sierra Leone
  • Swaziland
  • Zimbabwe  (…)

Enfin, avec un profond sens des responsabilités, la conférence appelle les gouvernements et les peuples de l’Afrique, sans exception, à reconnaître le lien organique entre leur histoire et leur culture d’une part, et leur identité et leur confiance en eux d’autre part, et à faire tout ce qui est nécessaire pour accorder toute l’attention souhaitée au fait d’étudier et de vivre leur histoire et leur culture.

Appel pour la sauvegarde des libertés académiques à l’Université nationale de Kinshasa !

 

15 mai 2008

La communauté africaine de la recherche en sciences sociales suit avec beaucoup d’intérêt l’évolution de la situation qui prévaut à l’Université nationale de Kinshasa (UNIKIN). En effet, depuis quatre mois les activités académiques sont paralysées par une grève des enseignants qui réclament de meilleurs salaires. Selon les dernières informations que nous avons reçues, la situation s’est aggravée depuis que les étudiants ont été réprimés par la police pour avoir décidé de manifester en soutien aux revendications des enseignants. L’intervention des forces de police sur le campus universitaire met en danger les enseignants et les étudiants et ne saurait être une solution à la résolution de cette crise.

Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) est une organisation qui promeut la liberté académique dans les universités africaines. Son combat est de permettre aux universitaires africains d’avoir de meilleures conditions de travail les autorisant à travailler sans contrainte extérieure. Comme il a été rappelé lors la conférence de Kinshasa sur la liberté académique en République démocratique du Congo (RDC), organisée conjointement par le CODESRIA et l’Université nationale de Kinshasa en 2004, ces exigences ne visent pas uniquement à créer de bonnes conditions de travail dans les universités, mais également à garantir la libre expression des idées et la liberté d’entreprendre des recherches sur toutes les questions. La communauté universitaire de RDC est l’une des plus actives au sein du CODESRIA et le Conseil ne peut être indifférent à la dégradation des conditions de travail de nos collègues congolais. Un tel silence serait contraire aux principes de liberté académique et de solidarité pour lesquels notre organisation se bat depuis sa création en 1973. Aucune université ne peut se développer sans garantie des libertés académiques et aucune démocratie ne peut survivre sans un strict respect de la liberté d’expression. Ces libertés constituent la base sur laquelle universitaires et chercheurs assument leur responsabilité sociale.

Le CODESRIA et l’ensemble de la communauté des chercheurs en sciences sociales exhortent les autorités compétentes de la RDC à prendre des mesures urgentes afin que les libertés académiques soient garanties et respectées sur le campus de l’Université nationale de Kinshasa et que les revendications des enseignants pour de meilleures conditions de travail et l’augmentation de leurs salaires soient satisfaites. Le Conseil assure les collègues congolais de son soutien dans leur lutte pour l’avènement d’une université fonctionnant de manière démocratique dans un climat de paix et engagée dans le combat pour le développement de la RDC et du continent africain. Le Conseil profite de l’occasion pour attirer l’attention des autorités congolaises sur le fait qu’elles seront tenues responsables de tous les incidents malheureux qui pourraient résulter de cette crise.

 

Appel urgent pour la libération des 38 éthiopiens

15 juin 2007

Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) attire de toute urgence l’attention des membres du Conseil, de la communauté africaine et mondiale de la recherche en sciences sociales, de tous ceux qui croient en l’idéal démocratique et de toutes les personnes de bonne volonté sur les graves développements en Éthiopie concernant la vie de 38 personnes, toutes citoyennes éthiopiennes, qui ont été arrêtées à la suite des manifestations de rue qui ont accueilli la manipulation par les autorités des résultats des élections générales de 2005. Ces 38 personnes font partie d’un total de 111 personnes – dont 25 avaient déjà été contraintes à l’exil – initialement accusés d’un ensemble d’infractions liées aux élections. Il s’agit principalement d’intellectuels issus du monde universitaire, des médias et des organisations de la société civile. On se souviendra que lors des élections, l’opposition, organisée sous la bannière de la Coalition pour l’unité et la démocratie (CUD), a réalisé d’importants gains que le parti au pouvoir, l’EPRDF du Premier ministre Meles Zenawi, a rapidement contrecarrés et annulés par diverses mesures désespérées. Les manifestations populaires qui ont suivi ont été brutalement réprimées par les forces de sécurité et les principales figures de l’opposition, dont beaucoup d’intellectuels et de vainqueurs d’élections, ont été arrêtées et placées en détention prolongée dans des conditions qui étaient, pour le moins, dures et inhumaines.

S’appuyant sur la Déclaration de Kampala de 1990 sur la liberté intellectuelle et la responsabilité sociale, le CODESRIA s’est joint à de nombreuses autres institutions et organisations pour protester contre les actions délibérées du gouvernement qui a renversé la volonté des peuples d’Ethiopie librement exprimée dans les urnes, arrêté les principaux dirigeants d’une opposition politique renaissante et déployé une violence extrême pour réprimer les protestations populaires, entraînant la mort de dizaines de personnes, dont des étudiants de l’Université d’Addis-Abeba abattus en pleine action sur leur campus. Le Conseil a également appelé le gouvernement à libérer sans condition toutes les personnes arrêtées et détenues. Mais tous les appels lancés sont tombés dans l’oreille d’un sourd et le gouvernement, après avoir maintenu les personnalités de l’opposition en détention sans procès pendant une période prolongée, a procédé, en son temps, à leur inculpation pour actes de trahison devant un tribunal à l’indépendance douteuse. C’est ce tribunal qui a soudainement abrégé la procédure judiciaire et prononcé un verdict de culpabilité à l’encontre des 38 personnes qui doivent être condamnées en juillet 2007. Il y a des inquiétudes fondées à l’intérieur et à l’extérieur de l’Ethiopie que certains d’entre eux, ou tous, pourraient être condamnés à la peine de mort.

Le CODESRIA invite tous ses membres et autres chercheurs et personnes soucieuses de la liberté intellectuelle et des principes de justice et de fair-play à se joindre aux protestations que le Conseil mobilise à l’attention des autorités éthiopiennes et de l’Union africaine. Les expressions de préoccupation doivent être adressées au Premier ministre éthiopien, M. Meles Zenawi, avec copie au Président de la Commission de l’Union africaine, M. Alpha Omar Konare, et envoyées directement au CODESRIA à l’adresse électronique suivante : academic.freedom@codesria.sn. Le Conseil a l’intention de rassembler toutes les lettres d’expression, de préoccupation et de solidarité et de les transmettre aux services compétents à Addis-Abeba. Les lettres seront également distribuées à des fins de campagne lors du prochain sommet de l’Union africaine qui se tiendra à Accra, au Ghana, en juillet 2007 où, de concert avec d’autres organisations et réseaux, le CODESRIA est déterminé à faire du sort des 38 Éthiopiens une question qui doit être abordée et résolue de la seule manière viable disponible : Leur liberté totale et inconditionnelle.

Le Conseil invite à répondre pleinement et avec enthousiasme à cet appel à la solidarité avec l’Éthiopie 38 et à exprimer son indignation face au comportement des autorités éthiopiennes. En agissant, rappelons à tous qu’en ce moment critique, le silence et/ou l’indifférence ne sont pas des options à exercer et que le devoir exige que nous rassemblions notre solidarité collective pour faire une différence dans le destin de nos collègues, hommes et femmes courageux de l’académie et de la société civile, qui ont osé, conformément à l’esprit de Kampala en 1990, s’engager dans la lutte contre le terrorisme.

Le devoir exige que nous rassemblions notre solidarité collective pour faire une différence dans le sort de nos collègues, des hommes et des femmes courageux de l’université et de la société civile qui ont osé, conformément à l’esprit de la Déclaration de Kampala de 1990, s’engager socialement, ont remporté une victoire peu commune et sont persécutés par une oligarchie au pouvoir qui ne veut pas, quel qu’en soit le prix, accepter le verdict populaire rendu par le peuple éthiopien.
Pour rappel, les 38 individus qui ont été déclarés coupables par le gouvernement sont : Berhanu Alemayehu, Mamushet Amare, Andualem Aragie, Hailu Araya, Waltanigus Asnake, Andulem Ayele, Abayneh Berhanu, Tadios Bogale, Daniel Berihun, Mesfin Debesa, Wudneh Dechi, Befikadu Degife, Debebe Eshetu, Muluneh Eyuel, Melaku Fantaye, Nigist Gebrehiwot, Dawit Fasil, Assefa Habtewold, Gebretsadik Hailemariam, Yacob Hailemariam, Beruk Kebede, Aschalew Ketema, Getachew Mengistie, Bertukan Mideksa, Yeneneh Mulat, Anteneh Mulugeta, Berhanu Nega, Hailu Shawl, Gizachew Shiferraw, Tamrat Tarekegn, Tesfaye Tariku, Sileshi Tenna, Mesfin Tesfaye, Melaku Uncha, Abyot Waqjira, Mesfin Woldemariam, Mulugasho Wondimu, Wonakseged Zeleke.

Adebayo Olukoshi,
Secrétaire exécutif.

Message de solidarité avec le peuple de Guinée

Mai 2007

Appel de solidarité avec le peuple de Guinée

Depuis le 10 janvier 2007, les travailleurs de Guinée se sont mis en grève pour réclamer de meilleures conditions de vie et le respect de la morale publique et de la démocratie. Face aux revendications présentées de l’intersyndicale CNTGUSTG soutenue par la majorité du peuple de Guinée, le pouvoir autocratique de Lansana Conté a choisi la voie du mépris et de la répression. Des dizaines de manifestants ont été assassinés de sang froid ou mutilés à vie par les services de sécurité. Malgré cette répression féroce, les populations guinéennes ont intensifié, au péril de leurs vies, leur mobilisation à une échelle jamais égalée depuis la défaite du colonialisme. Invariablement, la réponse du pouvoir fut de faire plus qu’à son habitude : arrêter et torturer des dirigeants syndicaux et de simples citoyens, instaurer un état d’urgence et un état de siège sous la coupe de la haute hiérarchie militaire, et menacer de plus de violence la population.

Le CODESRIA en tant qu’organisation d’intellectuels africains soucieux de leurs responsabilités sociales ne peut rester silencieux face à cette brutale répression
déployée par le régime Conté contre les guinéens, une répression qui a paralysé le pays, appauvri la population et mené l’Etat au bord du chaos. Le Conseil note
que les universitaires dans les institutions d’enseignement supérieur guinéens qui ont pris part à ce mouvement populaire pour le changement n’ont pas été épargnés par la répression du régime qui a ignoré tous les principes de liberté académique. Le Conseil voudrait joindre sa voix à celle des démocrates, qui à travers le monde, ont exprimé leur solidarité avec le peuple de Guinée et dénoncé toutes les formes de dictature. Le Conseil s’associe également au mouvement syndicaliste guinéen et aux autres mouvements sociaux dans la lutte d’avant-garde pour le changement et dans leur quête de gestion équitable et démocratique des richesses guinéennes.

Les luttes du peuple de Guinée nous rappellent que la liberté n’est pas donnée, mais gagnée – souvent au prix de sacrifices. Nous le savons, nous membres d’une institution qui a produit la Déclaration de Kampala sur la liberté académique et la responsabilité sociale des universitaires (voir le site web du CODESRIA) pour empêcher le déni de libertés dans le système d’enseignement supérieur africain. Je voudrais, de ce fait, demander à tous les membres du Conseil de prendre un moment pour penser au peuple de Guinée et se solidariser avec lui, avec la conviction que leur victoire sera un autre pas important vers la démocratie et le développement en Afrique – comme le Non historique de la Guinée au projet de Charles de Gaulle de fédération française afin de perpétuer le pouvoir colonial a enhardi et accéléré le projet d’indépendance africain.

Les membres du CODESRIA qui souhaitent exprimer leur solidarité avec le peuple de Guinée et avec sa lutte sont priés d’envoyer leurs messages à Executive.Secretary_@_codesria.sn. Leurs messages seront transmis aux syndicats et à la direction des personnels universitaires. Nous avons un devoir aujourd’hui de faire savoir au peuple de Guinée qu’il n’est pas seul !

Adebayo Olukoshi

Secrétaire Exécutif

Déclaration de Juba sur la liberté académique et les franchises universitaires

 

26-27 février 2007, Khartoum (Soudan)

Nous, les participants à la conférence, qui a été facilitée et financée par l’Université de Juba en collaboration avec le Conseil pour la paix et la sécurité et financée par l’Université de Juba en collaboration avec le Conseil pour le Conseil pour le Développement de la Recherche en Sciences Sociales (CODESRIA) sous le thème :  » Liberté académique et autonomie des universités dans le Soudan post-conflit », les 26 et 27 février au centre de conférence de l’Union des femmes soudanaises, Khartoum- Soudan, déclarons par la présente notre engagement à la pleine mise en œuvre complète des instruments et des principes énoncés ci-dessous :

 

1) Tous les universitaires ont le droit d’accomplir leurs tâches d’enseignement, de recherche, recherche et de diffusion de l’information sans crainte, interférence ou répression de la part du gouvernement ou de toute autre autorité publique.

2) Le gouvernement doit respecter les droits de la communauté universitaire, en particulier la liberté de pensée, de conscience, de religion, d’expression, de réunion et d’association.

3) La liberté de mouvement doit être garantie à la communauté universitaire, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du pays.

4) Les membres de la communauté académique doivent avoir le droit de publier dans des journaux ou toute autre forme de média.

5) Le gouvernement ne doit pas interférer avec l’autonomie des établissements d’enseignement supérieur.

6) Les établissements d’enseignement supérieur doivent exercer leur autonomie par des moyens démocratiques par lesquels tous les membres de la communauté universitaire participent activement.

7) Les membres de la communauté universitaire doivent avoir le droit et la possibilité de prendre part à la conduite des affaires académiques et administratives de leurs institutions sans discrimination ni restriction.

8) Les membres des organes de sécurité ne doivent pas être autorisés à entrer sur les campus universitaires sans la permission des autorités de l’université.

9) Les établissements d’enseignement supérieur doivent participer à l’examen des problèmes actuels auxquels sont confrontés l’environnement local en particulier et le pays en général.

10) Les membres de la communauté universitaire doivent exercer leurs fonctions avec compétence, intégrité et au mieux de leurs capacités, conformément aux normes scientifiques et à l’éthique les plus élevées.

11) Les membres de la communauté académique doivent inculquer l’esprit de tolérance et le renforcement du débat démocratique et de la

discussion.

12) L’université devrait être orientée vers la communauté et répondre aux problèmes auxquels la communauté est confrontée.

Déclaration sur les défis de développement de l’Afrique

 

26 avril 2002, Accra (Ghana)

1. Du 23 au 26 avril 2002, nous, chercheurs et intellectuels militants travaillant dans les institutions académiques, les organisations de la société civile et les institutions [d’élaboration]de politiques provenant de 20 pays Africains, ainsi que nos collègues et amis venant de l’Asie, de l’Amérique du Nord, et de l’Amérique du Sud, nous sommes réunis à une conférence organisée conjointement par le Conseil pour le Développement de la Recherche en Sciences Sociales en Afrique (CODESRIA) et Third World Network-Africa (TWN- Africa) pour délibérer sur les défis de développement de l’Afrique au nouveau millénaire.

2. Nos délibérations ont porté sur des questions telles que les initiatives africaines de développement, l’Afrique et le système mondial du commerce ; la mobilisation des ressources financières pour le développement en Afrique ; la citoyenneté ; la démocratie et le développement ; l’éducation, la santé, les services sociaux et le développement ; et les questions de l’équité et de l’égalité de genre en matière de développement.

Les défis qui se posent à l’espace de réflexion sur le développement propre à l’Afrique

3. Lors de nos délibérations, nous avons rappelé les diverses initiatives Africaines destinées à relever les défis de développement, en particulier le Plan d’Action de Lagos et le Cadre Alternatif Africain pour l’Ajustement Structurel qui l’a accompagné. A chaque fois, ces initiatives ont été contrecarrées et finalement minées par des politiques qui ont été élaborées hors du continent et imposées aux pays Africains. Au cours des dernières décennies, un faux consensus a été établi autour du paradigme néo-libéral promu à travers les institutions de Bretton Woods et l’Organisation Mondiale du Commerce. Ce phénomène tendance a à occulter la riche tradition africaine de réflexion sur les alternatives de développement. C’est dans ce contexte qu’a été discutée la nouvelle initiative africaine récemment proclamée, le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD), qui a été formulée pendant la même période que le cadre opérationnel Compact for African Recovery de la Commission Economique pour l’Afrique des Nations Unis, et le document “L’Afrique peut-elle revendiquer le 21ème siècle” de la Banque Mondiale.

4. La réunion a noté le progrès inégal de la libéralisation politique et l’expansion de l’espace de participation et d’expression citoyenne. Elle a aussi reconnu la contribution des luttes et du militantisme de la société civile à l’expansion de l’espace politique et l’inclusion des questions critiques de développement à l’ordre du jour des débats publics.

Les Obstacles internes et externes au développement économique de l’Afrique

5. La réunion a noté que les défis auxquels fait face l’Afrique en matière de développement proviennent de deux sources étroitement liées : a) les contraintes imposes par l’ordre économique et politique mondial dans lequel nos économies opèrent ; b) les faiblesses internes résultant des structures politiques et socio-économiques et des politiques néo-libérales d’ajustement structurel,

6. Les principaux éléments de l’ordre international hostile incluent en premier lieu le fait que les économies africaines sont intégrées de manière inadéquate dans l’économie mondiale en tant qu’exportatrices de matières premières et importatrices de produits manufacturés, ce qui a entrainé la persistance des déficits dans les termes de l’échange. Cette situation a été renforcée par les politiques de libéralisation, de privatisation et de dérèglementation, ainsi que par un ensemble de politiques macro-économiques inappropriées imposé à travers les conditionnalités de l’ajustement sont structurel de la Banque Mondiale et du FMI. Ces tendances sont actuellement institutionnalisées dans les règles, les accords et les procédures de l’OMC qui sont biaisées au détriment de nos pays. Les effets combinés de ces politiques et structures ont contribué à la création du fardeau insoutenable et injustifiable de la dette qui étouffe nos économies et met en péril la capacité de l’Afrique à s’approprier les stratégies de développement.

7. Les difficultés externes ont exacerbé les déséquilibres structurels internes de nos économies et en conjonction avec les politiques néo-libérales d’ajustement structurel et les structures politiques et socio-économique inéquitables, ont contribué à la désintégration de nos économies et à l’accroissement des inégalités sociales et de genre. En particulier, notre secteur manufacturier est détruit ; la production agricole est en déclin ; les services publics sont sévèrement affaiblis ; et la capacité des Etats africains à formuler et à mettre en œuvre des politiques nationales en faveur d’un développement équilibré et équitable est annihilée. Les coûts de ces politiques sont supportés de manière disproportionnée par les groupes marginalisés et opprimés de nos sociétés, y compris les travailleurs, les paysans et les petits producteurs. Ces coûts ont été particulièrement excessifs pour les femmes et les enfants.

8. En effet, ces évènements ont renversé les politiques, les programmes et les institutions mis en place à l’époque de l’indépendance en vue de créer et de développer une production intégrée au sein de nos économies dans les domaines de l’agriculture, de l’industrie, du commerce, des finances et des services sociaux. Ces programmes et institutions, malgré leurs limitations, étaient destinés à résoudre les problèmes de la faiblesse du marché interne et de la fragmentation des structures de productions, ainsi que des inégalités sociales internes et entre états héritées de la colonisation, et à remédier à l’intégration inadéquate de nos économies dans l’ordre mondial. En conséquence, les gains économiques et sociaux réalisés pendant cette période ont été anéantis.

9. Les considérations susmentionnées ont nourri nos réflexions sur le NEPAD. Nous avons conclu qu’en dépit des buts bien intentionnés proclamés par le NEPAD, sa vision du développement et les mesures qu’il entend prendre pour atteindre ces buts souffrent de graves déficiences. Il en résulte que le NEPAD ne contribuera pas à relever de manière adéquate les défis qui ont été identifiés ci-dessus. Au contraire, il va renforcer les contraintes liées à un environnement extérieur hostile et aux faiblesses intérieures qui constituent des obstacles majeurs au développement de l’Afrique. En effet, dans certains domaines comme celui de la dette, le NEPAD représente un retrait majeur par rapport aux objectifs internationaux qui ont été fixés à l’issue d’une mobilisation et d’une lutte à l’échelle mondiale.

10. Les déficiences les plus fondamentales du NEPAD qui reproduit les éléments centraux du document de la Banque Mondiale intitulé “L’Afrique peut-elle revendiquer le 21ème Siècle ?” et de celui de la Commission Economique pour l’Afrique intitulé “ Compact for African Recovery” incluent :

(a) le cadre macro-économique néo-libéral qui se trouve au cœur du plan et reproduit les politiques de l’ajustement structurel des deux dernières décennies, et ignore les effets désastreux de ces politiques ;

(b) le fait qu’en dépit de la reconnaissance qu’il proclame du rôle central des peuples Africains pour le plan, ceux-ci n’ont joué aucun rôle dans la conception et la formulation du NEPAD ;

(c) le fait que malgré les préoccupations qu’il affiche pour l’équité sociale et de genre, il adopte les mêmes mesures économiques et sociales qui ont contribué à la marginalisation des femmes.

(d) le fait que malgré ses origines Africaines proclamées, ses cibles principales sont les donateurs étrangers, en particulier ceux du G-8 ;

(e) le fait que sa vision de la démocratie est définie par les besoins liés à la création d’un marché fonctionnel ;

(f) le fait qu’il néglige les conditions extérieures fondamentales dans la crise du développement de l’Afrique, et de ce fait ne prévoit aucune mesure significative pour gérer et atténuer les effets de l’impact de cet environnement sur les efforts de développement de l’Afrique. Au contraire, l’engagement qu’il envisage avec des institutions telles que la Banque Mondiale, le FMI, l’OMC, les Etats-Unis à travers l’AGOA, et l’UE à travers la Convention de Cotonou, vont accroître l’enlisement des économies Africaines dans cet environnement hostile ;

(g) le fait que les moyens envisagés pour la mobilisation des ressources va accroître la désintégration de nos économies à laquelle nous avons assisté sous l’emprise de l’ajustement structurel et des règles de l’OMC ;

Appel à l’action

11. Afin de résoudre ces problèmes, nous lançons un appel pour que des initiatives soient prises sur les plans national, continental et international afin de mettre en œuvre les mesures suivantes.

12. S’agissant de l’environnement externe, des mesures doivent être prises en vue de stabiliser le cours des produits de base ; réformer le système financier international (afin d’éviter l’accumulation de la dette, l’instabilité des taux de change et la fuite des capitaux) ; de mettre fin aux programmes d’ajustement structurel du FMI et de la Banque Mondiale ; de changer les accords de l’OMC de manière fondamentale et de mettre fin aux tentatives d’étendre la portée du régime de l’OMC à de nouveaux domaines tels que l’investissement, la concurrence et les marchés publics. La question la plus urgente est l’annulation de la dette des pays africains.

13. Aux plans local, national et régional, les politiques de développement doivent promouvoir l’agriculture, l’industrie, ainsi que les services, et doivent être protégées et soutenues à travers des mesures appropriées relatives aux politiques d’investissement, commerciales et macro-économiques. Les stratégies de financement doivent chercher à mobiliser et à se fonder sur les ressources internes à travers des mesures innovatrices en matière d’épargne, la réallocation des dépenses somptuaires en matière d’armement, de corruption et de mauvaise gestion, l’usage innovateurs des remises de fonds provenant des africains à l’étranger, la perception d’impôts sur les sociétés, la rétention et le réinvestissement des profits des investisseurs étrangers, la prévention de la fuite de capitaux ainsi que de la perte des ressources à travers l’évasion fiscale pratiquée par les investisseurs étrangers et les élites locales. L’investissement étranger, bien qu’indispensable, doit être minutieusement équilibré et sélectionné afin de réaliser les objectifs nationaux.

14. Par-dessus tout, ces mesures exigent la réinstauration de l’Etat- Développement : un Etat où l’équité sociale, l’inclusion sociale et l’unité nationale et le respect des droits de l’homme sont à la base des politiques économiques ; un état qui s’attache à promouvoir et à soutenir les secteurs productifs de l’économie ; qui s’engage activement à l’allocation équitable des ressources aux différents secteurs et groupes sociaux ; et, plus important encore, un état qui est démocratique et intègre le contrôle de la population dans le processus de prise de décision à tous les niveaux dans la gestion, l’utilisation et la distribution équitables des ressources sociales.

Les Défis que doivent relever les chercheurs et militants intellectuels africains

15. Reconnaissant que, en soulevant de nouveau la question du développement de l’Afrique en tant que préoccupation majeure à l’échelle continentale, le NEPAD a porté au premier plan la question des initiatives autonomes Africaines pour le développement, nous nous concentrerons sur les questions soulevées par le NEPAD dans nos efforts pour contribuer aux débats et aux discussions sur le développement de l’Afrique.

16. En vue d’apporter notre contribution pour relever les défis du développement de l’Afrique, nous nous engageons à travailler collectivement et individuellement, en accord avec nos capacités, nos expertises, et nos mandats institutionnels respectifs, afin de promouvoir le renouvellement à l’échelle continentale de l’engagement en faveur d’initiatives africaines de développement. A cet effet, nous déploierons nos capacités et expertises respectives de recherche, de plaidoyer et de formation pour contribuer à la production et la diffusion des connaissances sur les grands enjeux ; nous nous engagerons pour la mobilisation des différentes forces sociales autour de leurs intérêts et de stratégies appropriées de développement ; et nous interpellerons les gouvernements et les institutions en charge des politiques au niveau local, national, régional et continental. Nous continuerons notre collaboration avec nos collègues au sein du mouvement social au niveau mondial.

17. A cet effet, nous lançons un appel

(a) à la réaffirmation de la primauté de la question et du paradigme du développement national à l’ordre du jour du discours social et de l’engagement intellectuel ;

(b) aux chercheurs et intellectuels militants Africains pour qu’ils joignent leurs forces à celles des groupes sociaux dont les intérêts et les besoins doivent être au centre du développement de l’Afrique ;

(c) aux chercheurs et intellectuels militants Africains pour qu’ils dirigent leurs recherches et plaidoyer vers les questions urgentes auxquelles sont confrontées les politiques et la prise de décision Africaines au niveau international (en particulier les négociations à l’OMC et dans le cadre de l’Accord de Cotonou), et aux niveaux national et régional ;

(d) à la solidarité de nos collègues du mouvement social au niveau mondial, en particulier ceux du Nord, pour soutenir nos combats communs. Nous invitons nos collègues du Nord à intervenir auprès de leur gouvernement au nom de nos luttes et nos collègues du Sud de renforcer la coopération Sud-Sud.

18. Nous nous engageons à promouvoir les positions et les conclusions de cette conférence. Nous encourageons CODESRIA et TWN-Africa à explorer, en collaboration avec les autres parties intéressées, les mécanismes et processus pour le suivi des délibérations et conclusions de cette Conférence.

(Adoptée à la fin de la Conférence sur Les Défis de Développement de l’Afrique du Nouveau Millénaire, organisée par TWN- Africa et CODESRIA, Accra 23-26 avril, 2002)

Déclaration de Kampala sur la liberté intellectuelle et la responsabilité sociale

 

29 novembre 1990, Kampala (Ouganda)

Préambule

La liberté intellectuelle est plus que jamais menacée en Afrique. Engendrée par l’histoire, la crise économique, politique et sociale persistante de notre continent continue de saper les efforts de développement dans tous les domaines. L’imposition de programmes d’ajustement structurel impopulaires s’est accompagnée d’une répression politique accrue, d’une pauvreté généralisée et de souffrances humaines intenses.

Face à cette situation intolérable, les peuples africains ont réagi en intensifiant leurs luttes pour la démocratie et les droits de l’homme. La lutte en faveur de la liberté intellectuelle est une partie intégrante de la lutte pour les droits de l’homme que mène notre peuple. La lutte des intellectuels africains pour la liberté s’amplifie autant que se généralise la lutte du peuple africain pour la démocratie.

Conscients du fait que les Etats africains sont signataires des instruments internationaux et régionaux, dont la Charte africaine des droits des peuples, et convaincus que nous, participants au symposium sur la Liberté intellectuelle et la responsabilité sociale des Intellectuels et membres de la communauté intellectuelle africaine, avons une obligation à la fois de lutter pour nos droits et de contribuer à la lutte de notre peuple pour ses propres droits, nous nous sommes rencontrés à Kampala (Ouganda), afin d’établir des normes et standards qui gouverneront l’exercice de la liberté intellectuelle et qui nous rappelleront notre responsabilité sociale en tant qu’intellectuels.

Par conséquent, nous avons adopté la Déclaration de Kampala sur la Liberté intellectuelle et la responsabilité sociale, en ce 29è jour du mois de novembre de l’an mille neuf cent quatre-vingt-dix.

Chapitre I : Droits et Libertés fondamentaux

Section A : Droits et Libertés intellectuels

Article 1

Toute personne a droit à l’éducation, et a le droit de s’engager dans une activité intellectuelle.

Article 2

Tout intellectuel africain doit jouir du respect de ses droits civils, politiques, sociaux, économiques et culturels, comme le stipule la Déclaration internationale des droits du citoyen et la Charte africaine des Droits de l’homme et des peuples.

Article 3

Nul intellectuel africain ne doit faire l’objet de persécution, de harcèlement ou d’intimidation quelconques, du seul fait de son travail intellectuel, de ses opinions, de sa nationalité, de son appartenance sexuelle ou ethnique.

Article 4

Tout intellectuel africain doit pouvoir circuler librement à l’intérieur de son pays, et s’il le désire, quitter le pays ou y retourner en toute liberté et sans être harcelé. Aucune action administrative ou autre ne doit, directement ou indirectement, restreindre cette liberté, du fait des opinons intellectuelles de l’individu, de ses croyances et de son activité.

Article 5

Tout intellectuel africain, toute communauté intellectuelle africaine, a le droit d’entamer et de développer des contacts ou de nouer des relations avec d’autres intellectuels ou communautés intellectuelles, pourvu que ces contacts et relations soient fondés sur l’égalité et le respect mutuel.

Article 6

Tout intellectuel africain a le droit d’exercer en toute liberté une activité intellectuelle, notamment la recherche et la diffusion des résultats de recherches, pourvu qu’il respecte les principes de la recherche scientifique et les normes éthiques et professionnelles universellement reconnues.

Article 7

Les enseignants, chercheurs et étudiants des établissements d’enseignements ont le droit, en personne ou à travers leurs représentants élus, d’introduire les programmes de recherche de leurs établissements, de participer à leur élaboration et diffusion, selon les normes pédagogiques les plus élevées.

Article 8

Les enseignants et chercheurs de la communauté intellectuelle doivent disposer d’un emploi stable. Ils ne doivent pas être révoqués ou mutés de leur fonction, sauf en cas de mauvaise conduite flagrante, d’incompétence confirmée ou de négligence incompatible avec la profession académique. Les actes disciplinaires de révocation ou mutation doivent être conformes aux procédures établies garantissant une audience impartiale devant un corps de la communauté intellectuelle démocratiquement élu.

Article 9

La communauté intellectuelle doit pouvoir exprimer librement ses opinions au niveau des média et mettre en place ses propres média et moyens de communication.

Section B : Le droit de formation d’organisations autonomes

Article 10

Tous les membres de la communauté intellectuelle doivent se sentir libres de former ou de s’affilier à des syndicats. Le droit d’association inclut le droit d’assemblée pacifique et la constitution de groupes, clubs, associations nationales et internationales.

Section C : Autonomie des Institutions

Article 11

Les établissements d’enseignement supérieur doivent être indépendants de l’Etat ou de toute autre autorité publique dans la conduite de leurs affaires qu’il s’agisse de leur administration, de la mise en place de leurs programmes universitaires, d’enseignement de recherche ou de tout autre programme.

Article 12

L’indépendance des établissements d’enseignement supérieur doit être exercée par des moyens démocratiques d’autogestion nécessitant la participation active de tous les membres de la communauté universitaire concernée.

Chapitre II : Obligations de l’Etat

Article 13

L’Etat doit se faire l’obligation de prendre des mesures promptes et appropriées, contre toute violation des droits et libertés de la communauté intellectuelle portée à son attention.

Article 14

L’Etat ne doit déployer aucune force militaire, paramilitaire, ni aucun service de sécurité et de renseignement, ni toute force similaire à l’intérieur des locaux ou domaines réservés aux établissements d’enseignement.

Au cas où ce déplacement s’avérerait nécessaire à la protection de la vie et de la propriété, alors, il conviendrait de satisfaire les conditions suivantes :

(a) il faudrait qu’il y ait un danger visible, présent et imminent qui menace la vie et la propriété ;

(b) que le chef de l’établissement en question en ait expressément formulé la demande par écrit, et ;

(c) que cette demande ait été approuvée par un comité restreint élu appartenant à la communauté universitaire, mis sur pied à cet effet.

Article 15

L’Etat doit s’abstenir d’exercer la censure sur les travaux de la communauté intellectuelle.

Article 16

L’Etat doit s’assurer qu’aucun organe officiel ou autre sous sa tutelle ne produit ou ne met en circulation de fausses informations ou rumeurs tendant à menacer, à discréditer ou à contrecarrer d’une quelconque manière les efforts de la communauté intellectuelle.

Article 17

L’Etat doit en permanence s’assurer du financement adéquat des établissements de recherche et des établissements d’enseignement supérieur. Ce financement doit être déterminé en concertation avec un corps élu de l’établissement concerné.

Article 18

L’Etat doit cesser d’empêcher la circulation ou le recrutement d’intellectuels africains non-nationaux ou de leur imposer des conditions spécifiques.

Chapitre III : Responsabilité sociale

Article 19

Les membres de la Communauté intellectuelle doivent s’acquitter de leurs rôles et de leurs fonctions avec compétence, intégrité et au mieux de leurs capacités. Ils doivent exercer leurs fonctions conformément aux normes morales et scientifiques les plus strictes.

Article 20

Les membres de la communauté intellectuelle ont la responsabilité de promouvoir l’esprit de tolérance devant des opinions ou positions contraires et d’encourager le débat et la discussion démocratiques.

Article 21

Aucun groupe de la communauté intellectuelle ne doit se permettre de harceler, de dominer ou d’opprimer un autre groupe. Tous les conflits entre membres de la communauté intellectuelle doivent être étudiés et résolus dans un esprit d’égalité, de non-discrimination et de démocratie.

Article 22

Il incombe à la communauté intellectuelle de faire sienne la lutte des forces populaires pour leurs droits et leur émancipation, tout en y prenant part.

Article 23

Nul membre de la communauté intellectuelle ne doit participer ou être partie prenante dans une quelconque action qui pourrait porter préjudice au peuple ou à la communauté intellectuelle ou compromettre les principes et normes scientifiques, éthiques et professionnels.

Article 24

Il revient à la communauté intellectuelle de faire preuve de solidarité et d’offrir l’asile à tout membre persécuté du fait de son activité intellectuelle.

Article 25

La communauté intellectuelle doit encourager et contribuer aux actions positives pour corriger les inégalités anciennes et contemporaines fondées sur le sexe, la nationalité et/ou autre handicap social.

Article 26

Les membres de la communauté intellectuelle pourront mettre au point et concrétiser les normes et standards établis dans la présente déclaration, aux niveaux régional et panafricain.

Article 27

Il incombe à la communauté intellectuelle africaine de former ses propres organisations pour contrôler et dénoncer les violations des droits et libertés stipulés dans la présente déclaration.

Déclaration de Dar Es Salaam sur la liberté académique et la responsabilité sociale des universitaires

19 avril 1990, Dar Es Salaam (Tanzanie)

Préambule

Nous vivons des moments critiques, marqués par des crises, mais pleins d’espoir. Les conditions strictes imposées par les Shylocks internationaux ont commencé à faire peser des restrictions draconiennes sur la Tanzanie, comme les autres pays du continent africain, est empêtrée dans une série de crises socio-économiques. Alors que les affectations budgétaires attribuées au secteur de l’éducation s’amenuisent. celle-ci est menacée de devenir la chasse gardée d’une minorité de membres riches et influents de notre société.

L’État est devenu de plus en plus autoritaire. Cet autoritarisme est d’autant plus exacerbé que le gouvernement est incapable de trouver des solutions palpables aux crises qui l’assaillent de toutes parts. En témoignent les atteintes de plus en plus graves, de plus en plus profondes et de plus en plus fréquentes aux libertés académiques et à la liberté de se consacrer à la recherche des connaissances et de la vérité, notamment au sein des universités et des autres institutions d’enseignement supérieur.

Ce sont là des moments de crise. Mais il existe aussi des moments d’espoir. Dans la mesure où l’existence libre et indépendante du peuple est remise en cause, il commence à s’interroger sur la légitimité de politiques qui nient la liberté et le droit. Nous, universitaires, intellectuels et dispensateurs de connaissances, nous avons une obligation humaine et une responsabilité sociale à l’égard de la lutte de notre peuple pour les droits, la liberté, la transformation sociale et la libération des hommes. Notre participation à la lutte de notre peuple est inséparable de la lutte pour l’autonomie de nos institutions d’enseignement supérieur et pour la liberté de se consacrer à la recherche des connaissances, sans contrainte, sans entrave ou ingérence de la part des autorités au pouvoir.

En 1984, pour la première fois depuis l’indépendance, la constitution de la République Unie de Tanzanie a été amendée pour y intégrer une loi sur les droits. La constitution reconnaît le droit à l’éducation et le droit à la liberté d’opinion et d’expression qui inclut les libertés académiques.

La Tanzanie souscrit à la déclaration universelle des Nations Unies sur les Droits de l’Homme. Elle a ratifié les conventions internationales (1966) et la convention de l’UNESCO contre la discrimination dans l’éducation. La Tanzanie est aussi signataire de la charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Ces instruments affirment à l’unanimité le droit à l’éducation et à la liberté d’opinion, d’expression et de diffusion de l’information. Mais les droits ne sont pas simplement donnés ; ils se conquièrent ; Et, une fois conquis, ils ne peuvent perdurer s’ils ne sont pas protégés, entretenus et sans cesse défendus contre les atteintes et les restrictions.

Ainsi, nous, délégués des associations des personnels des institutions d’enseignement supérieur de Tanzanie, réunis à Dar-es-Salaam, en ce 19 avril 1990, nous adoptons solennellement et proclamons cette Déclaration.

Dar es Salaam Declaration

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