{"id":26452,"date":"2026-07-28T15:56:20","date_gmt":"2026-07-28T15:56:20","guid":{"rendered":"https:\/\/codesria.org\/?p=26452"},"modified":"2026-07-28T15:56:20","modified_gmt":"2026-07-28T15:56:20","slug":"institut-sur-la-gouvernance-democratique-2026","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/codesria.org\/fr\/institut-sur-la-gouvernance-democratique-2026\/","title":{"rendered":"INSTITUT SUR LA GOUVERNANCE DEMOCRATIQUE 2026"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\"><strong>TH\u00c8ME: <\/strong><strong><em>\u00ab GOUVERNANCE DES MIGRATIONS \u00bb : <\/em><\/strong><strong><em>REPENSER LA MOBILIT\u00c9 ET L\u2019AGENC\u00c9IT\u00c9 D\u00c9MOCRATIQUE EN AFRIQUE<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Dates : 28 septembre au 9 octobre 2026<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Lieu : Lagos (Nig\u00e9ria)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Date limite de d\u00e9p\u00f4t des candidatures : 31 ao\u00fbt 2026<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le Conseil pour le d\u00e9veloppement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) a le plaisir de lancer un appel \u00e0 candidatures \u00e0 l\u2019intention des universitaires, des acteurs des politiques publiques engag\u00e9s dans la recherche ainsi que des chercheurs affili\u00e9s aux universit\u00e9s africaines et aux centres de recherche apparent\u00e9s, en vue de participer \u00e0 la session 2026 de l\u2019Institut sur la gouvernance d\u00e9mocratique. Cette \u00e9dition est organis\u00e9e en partenariat avec le Centre\u00a0d&rsquo;\u00e9tudes sur la migration (CMS) de l\u2019Universit\u00e9 du Ghana. L\u2019Institut se tiendra \u00e0 Lagos (Nig\u00e9ria), du 28 septembre au 9 octobre 2026, et portera sur le th\u00e8me : <em>\u00ab Gouvernance des migrations \u00bb : Repenser la mobilit\u00e9 et l\u2019agenc\u00e9it\u00e9 d\u00e9mocratique en Afrique.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><u>Th\u00e8me de l\u2019Institut 2026<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La migration constitue l\u2019une des caract\u00e9ristiques les plus structurantes, mais aussi les plus mais aussi les plus durablement mal caract\u00e9ris\u00e9es, des soci\u00e9t\u00e9s africaines et de l\u2019\u00e9conomie politique du continent. \u00c0 travers l\u2019Afrique, les mobilit\u00e9s ont historiquement constitu\u00e9 une dimension fondamentale des moyens de subsistance, de l\u2019acquisition et de la transmission des savoirs, de l\u2019identit\u00e9 culturelle et de l\u2019appartenance r\u00e9gionale. \u00c0 ce titre, les mobilit\u00e9s sont bien ant\u00e9rieures \u00e0 l\u2019imposition coloniale des fronti\u00e8res \u00e9tatiques contemporaines. Pourtant, les principaux cadres conceptuels \u00e0 travers lesquels les migrations en Afrique sont comprises et gouvern\u00e9es, qu\u2019ils soient nationaux, r\u00e9gionaux ou continentaux, demeurent largement tributaires de r\u00e9f\u00e9rentiels exog\u00e8nes qui privil\u00e9gient les imp\u00e9ratifs de s\u00e9curit\u00e9, de confinement, et de contr\u00f4le des mobilit\u00e9s au d\u00e9triment de leurs dimensions transformatrices, sociales, d\u00e9mocratiques et fond\u00e9es sur les droits humains. Il en r\u00e9sulte une contradiction persistante entre les exp\u00e9riences v\u00e9cues par les millions d\u2019Africains qui se d\u00e9placent \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du continent ou au-del\u00e0 de ses fronti\u00e8res, et les dispositifs de gouvernance cens\u00e9s encadrer, faciliter ou prot\u00e9ger ces mobilit\u00e9s. L\u2019Institut sur la gouvernance d\u00e9mocratique 2026 du CODESRIA invite les chercheurs et chercheuses \u00e0 interroger cet \u00e9cart \u00e0 travers le prisme de la gouvernance d\u00e9mocratique entendue dans son acception la plus large, ancr\u00e9e dans les dynamiques populaires et porteuse d\u2019\u00e9mancipation.<strong><br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Gouvernance r\u00e9gionale et continentale des migrations: souverainet\u00e9, influences ext\u00e9rieures et tensions d\u00e9mocratiques<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Pr\u00e8s des deux tiers des migrants internationaux africains se d\u00e9placent \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur m\u00eame du continent. Pourtant, les cadres destin\u00e9s \u00e0 faciliter la mobilit\u00e9 intra-africaine demeurent structurellement sous-financ\u00e9s, conceptuellement fragment\u00e9s et politiquement contest\u00e9s. Les Communaut\u00e9s \u00e9conomiques r\u00e9gionales (CER), notamment la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des \u00c9tats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest (CEDEAO), l\u2019Autorit\u00e9 intergouvernementale pour le d\u00e9veloppement (IGAD), la Communaut\u00e9 de d\u00e9veloppement de l\u2019Afrique australe (CDAA) et la Communaut\u00e9 de l\u2019Afrique de l\u2019Est (CAE), ont \u00e9labor\u00e9 des cadres distincts de gouvernance de la circulation des personnes, refl\u00e9tant la diversit\u00e9 des trajectoires historiques, des r\u00e9alit\u00e9s migratoires et des priorit\u00e9s institutionnelles propres \u00e0 chaque sous-r\u00e9gion. La CEDEAO, par exemple, s\u2019appuie sur un protocole relativement formalis\u00e9 sur la libre circulation, qui reconna\u00eet aux ressortissants des \u00c9tats membres les droits d\u2019entr\u00e9e, de r\u00e9sidence et d\u2019\u00e9tablissement. \u00c0 l\u2019inverse, l\u2019IGAD s\u2019est historiquement davantage appuy\u00e9e sur des m\u00e9canismes de coop\u00e9ration informels pour faire face \u00e0 l\u2019une des situations de d\u00e9placement forc\u00e9 les plus complexes au monde. Malgr\u00e9 cette diversit\u00e9 d\u2019architectures institutionnelles, un d\u00e9fi commun demeure : l\u2019\u00e9cart consid\u00e9rable entre les engagements adopt\u00e9s au niveau r\u00e9gional et leur mise en \u0153uvre effective aux niveaux national et infranational. Cet \u00e9cart est accentu\u00e9 par l\u2019affaiblissement des capacit\u00e9s de l\u2019\u00c9tat dans le contexte de la gouvernance n\u00e9olib\u00e9rale, par des r\u00e9flexes protectionnistes dans les politiques publiques, ainsi que par les contradictions entre les engagements r\u00e9gionaux et les imp\u00e9ratifs des \u00e9conomies politiques nationales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00c0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019Union africaine, le cadre normatif cens\u00e9 r\u00e9gir les migrations s\u2019est consid\u00e9rablement renforc\u00e9 au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, depuis le Cadre de politique migratoire pour l\u2019Afrique adopt\u00e9 en 2006 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019engagement actif de l\u2019Union africaine dans le Pacte mondial pour des migrations s\u00fbres, ordonn\u00e9es et r\u00e9guli\u00e8res. Toutefois, la traduction de ces engagements continentaux dans les politiques et les pratiques aux niveaux sous-r\u00e9gional et national demeure profond\u00e9ment in\u00e9gale. Cette situation soul\u00e8ve des interrogations fondamentales quant \u00e0 l\u2019autonomie d\u00e9cisionnelle de l\u2019Afrique, \u00e0 la volont\u00e9 politique des \u00c9tats et \u00e0 la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique des institutions de gouvernance des migrations. Les attitudes des populations \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la mobilit\u00e9 transfrontali\u00e8re ne sont pas uniformes. Des travaux empiriques r\u00e9cents men\u00e9s dans plusieurs pays africains montrent que le soutien \u00e0 l\u2019ouverture des fronti\u00e8res est sensiblement plus \u00e9lev\u00e9 dans les r\u00e9gions o\u00f9 existent des protocoles bien \u00e9tablis de libre circulation. Ces r\u00e9sultats sugg\u00e8rent que les structures de gouvernance fa\u00e7onnent les perceptions populaires de la mobilit\u00e9 tout autant qu\u2019elles en sont le reflet. Cette observation a des implications majeures pour la r\u00e9flexion sur les fondements d\u00e9mocratiques de la gouvernance des migrations, ainsi que sur les convergences ou les d\u00e9calages entre les institutions formelles, les pr\u00e9f\u00e9rences des \u00e9lites politiques et les points de vue ainsi que les capacit\u00e9s d\u2019action des citoyens ordinaires, y compris des migrants eux-m\u00eames.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Cette situation est davantage complexifi\u00e9e par le r\u00f4le des acteurs ext\u00e9rieurs, au premier rang desquels figure l\u2019Union europ\u00e9enne. Son agenda en mati\u00e8re de \u00ab gouvernance des migrations \u00bb a progressivement p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 les espaces africains d\u2019\u00e9laboration des politiques publiques \u00e0 travers des partenariats bilat\u00e9raux, des conditionnalit\u00e9s financi\u00e8res et des programmes de renforcement des capacit\u00e9s pr\u00e9sent\u00e9s comme des m\u00e9canismes de coop\u00e9ration. Les recherches consacr\u00e9es aux relations entre l\u2019Union europ\u00e9enne et l\u2019Afrique dans ce domaine mettent en \u00e9vidence un d\u00e9calage marqu\u00e9 entre le discours du partenariat et les pratiques d\u2019externalisation du contr\u00f4le migratoire. Si les deux parties mobilisent un vocabulaire technocratique similaire dans leurs documents de politique publique, les objectifs europ\u00e9ens demeurent essentiellement orient\u00e9s vers la restriction de la mobilit\u00e9 et le transfert des responsabilit\u00e9s humanitaires vers les \u00c9tats africains, souvent au d\u00e9triment de leur souverainet\u00e9, des engagements en faveur de l\u2019int\u00e9gration r\u00e9gionale et des droits fondamentaux des migrants en transit. Ces dynamiques produisent ce que plusieurs chercheurs qualifient d\u2019\u00ab effets en cascade \u00bb, dont les cons\u00e9quences d\u00e9passent largement les r\u00e9sultats imm\u00e9diats des politiques migratoires pour reconfigurer les \u00e9conomies politiques locales, les capacit\u00e9s institutionnelles, les relations entre l\u2019\u00c9tat et la soci\u00e9t\u00e9, ainsi que les formes de solidarit\u00e9 et de tension entre les groupes sociaux. Ces transformations restent encore insuffisamment document\u00e9es par la recherche africaine. Dans ce contexte, le Plan strat\u00e9gique 2023-2027 du CODESRIA, qui place au c\u0153ur de sa r\u00e9flexion\u00a0<strong>l\u2019\u00c9tat et \u00e0 la d\u00e9mocratisation en Afrique dans un contexte de transitions et de transformations mondiales<\/strong>, souligne l\u2019urgence pour les chercheurs africains de reprendre l\u2019initiative intellectuelle dans ce domaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Plus r\u00e9cemment, les technologies num\u00e9riques sont devenues un facteur majeur de reconfiguration de la gouvernance des migrations en Afrique. Des syst\u00e8mes d\u2019identification biom\u00e9trique aux dispositifs num\u00e9riques de contr\u00f4le des fronti\u00e8res, en passant par les technologies de surveillance fond\u00e9es sur les donn\u00e9es, ces innovations sont souvent pr\u00e9sent\u00e9es comme des instruments favorisant l\u2019efficacit\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9. Elles soul\u00e8vent toutefois des pr\u00e9occupations importantes en mati\u00e8re de protection de la vie priv\u00e9e, de propri\u00e9t\u00e9 des donn\u00e9es et de souverainet\u00e9 num\u00e9rique, pr\u00e9occupations qui s\u2019inscrivent dans les rapports de pouvoir entre les \u00c9tats africains et leurs partenaires ext\u00e9rieurs, souvent concepteurs et gestionnaires de ces syst\u00e8mes. L\u2019ampleur et la rapidit\u00e9 de ces \u00e9volutions rendent indispensable une r\u00e9flexion critique sur la mani\u00e8re dont la num\u00e9risation transforme la gouvernance des migrations et sur ses implications pour la responsabilit\u00e9 d\u00e9mocratique ainsi que pour les droits des migrants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Une gouvernance par le bas : agenc\u00e9it\u00e9, informalit\u00e9 et in\u00e9galit\u00e9s<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">En de\u00e7\u00e0 du niveau des \u00c9tats et des organisations r\u00e9gionales, l\u2019architecture de la migration en Afrique repose sur un \u00e9cosyst\u00e8me complexe d\u2019acteurs non \u00e9tatiques : organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile, associations communautaires, r\u00e9seaux de migrants, organisations non gouvernementales et institutions universitaires. Ces acteurs investissent des espaces qui sont parfois construits par le bas, parfois int\u00e9gr\u00e9s aux processus formels d\u2019\u00e9laboration des politiques publiques, et parfois instrumentalis\u00e9s par les \u00c9tats ou par des partenaires ext\u00e9rieurs afin de l\u00e9gitimer des agendas d\u00e9j\u00e0 d\u00e9finis. La mani\u00e8re dont ces acteurs participent \u00e0 la gouvernance des migrations, la fa\u00e7onnent, la contestent, y r\u00e9sistent, la cooptent ou, au contraire, sont eux-m\u00eames coopt\u00e9s par les discours et les dispositifs qui la sous-tendent, constitue une question centrale pour toute \u00e9valuation du caract\u00e8re d\u00e9mocratique de ces cadres de gouvernance. De m\u00eame, les voix et les micro-r\u00e9cits des migrants eux-m\u00eames \u2013 qu\u2019il s\u2019agisse de celles et ceux qui empruntent les corridors c\u00f4tiers de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest, traversent les routes sahariennes ou naviguent dans les m\u00e9andres r\u00e9glementaires des syst\u00e8mes de migration de travail en Afrique australe \u2013 trouvent rarement une place v\u00e9ritable dans les architectures politiques cens\u00e9es r\u00e9gir leur existence. Recentrer l\u2019analyse sur ces exp\u00e9riences ne rel\u00e8ve pas seulement d\u2019un imp\u00e9ratif \u00e9thique ; c\u2019est \u00e9galement une exigence \u00e9pist\u00e9mologique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">C\u2019est \u00e9galement \u00e0 l\u2019\u00e9chelle des exp\u00e9riences individuelles que l\u2019on constate que la migration est loin d\u2019\u00eatre v\u00e9cue de mani\u00e8re uniforme. Les rapports sociaux de genre influencent les conditions dans lesquelles les personnes migrent, les possibilit\u00e9s qui leur sont offertes ainsi que les risques auxquels elles sont expos\u00e9es, notamment en ce qui concerne les \u00e9conomies du \u00ab care \u00bb et le travail informel. Au-del\u00e0 du genre, les in\u00e9galit\u00e9s g\u00e9n\u00e9rationnelles et de classe montrent \u00e9galement que les exp\u00e9riences migratoires sont profond\u00e9ment diff\u00e9renci\u00e9es. Les mobilit\u00e9s des jeunes, par exemple, traduisent \u00e0 la fois des aspirations et des frustrations li\u00e9es \u00e0 l\u2019emploi, \u00e0 l\u2019exclusion politique et aux perspectives, tandis que l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la mobilit\u00e9 et \u00e0 la protection juridique demeure in\u00e9galement r\u00e9parti selon les positions sociales. Ces exp\u00e9riences diff\u00e9renci\u00e9es soul\u00e8vent des interrogations fondamentales sur la gouvernance des migrations, notamment quant aux mobilit\u00e9s qui sont reconnues, prot\u00e9g\u00e9es et repr\u00e9sent\u00e9es dans les cadres politiques existants, et \u00e0 celles qui demeurent invisibilis\u00e9es ou marginalis\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><em>Production des savoirs, r\u00e9cits et justice \u00e9pist\u00e9mique<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le travail conceptuel qu\u2019exige cette r\u00e9flexion est tout aussi important que les recherches empiriques. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les travaux africains sur la\u00a0gouvernance des migrations\u00a0ont apport\u00e9 des contributions majeures en remettant en question les lectures eurocentriques, en historicisant les r\u00e9gimes frontaliers et en proposant une th\u00e9orisation de l\u2019\u00e9conomie politique de la gouvernance des mobilit\u00e9s \u00e0 partir de perspectives africaines. Toutefois, ce champ demeure insuffisamment articul\u00e9 entre les diff\u00e9rentes traditions sous-r\u00e9gionales et les fronti\u00e8res disciplinaires. En outre, il continue, dans une large mesure, de n\u00e9gliger la dimension de classe ainsi que le contenu social et politique de la gouvernance. En effet, dans une Afrique fa\u00e7onn\u00e9e par les politiques n\u00e9olib\u00e9rales, o\u00f9 l\u2019incapacit\u00e9 de la d\u00e9mocratie lib\u00e9rale \u00e0 r\u00e9pondre aux besoins fondamentaux des populations remet profond\u00e9ment en question les relations entre l\u2019\u00c9tat et la soci\u00e9t\u00e9, la\u00a0gouvernance des migrations\u00a0doit \u00eatre pens\u00e9e \u00e0 partir des fondements m\u00eame de la communaut\u00e9 politique. Autrement dit, \u00e0 quoi ressemblerait une gouvernance dont le point de d\u00e9part serait les r\u00e9alit\u00e9s v\u00e9cues, les luttes et les aspirations des travailleuses et travailleurs ordinaires \u00e0 travers le continent, qu\u2019ils soient mobiles ou s\u00e9dentaires ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Une telle approche ouvre un espace de r\u00e9flexion permettant de mieux comprendre les int\u00e9r\u00eats qui sous-tendent les tensions au c\u0153ur m\u00eame de la gouvernance des migrations en Afrique : la tension entre une conception des migrations comme probl\u00e8me de gouvernance \u00e0 g\u00e9rer et la migration consid\u00e9r\u00e9e comme un droit \u00e0 prot\u00e9ger ; les rapports entre les engagements en faveur de l\u2019int\u00e9gration r\u00e9gionale, l\u2019h\u00e9ritage du panafricanisme ainsi que sa r\u00e9affirmation contemporaine par les jeunesses africaines, d\u2019une part, et les revendications de souverainet\u00e9 nationale, d\u2019autre part ; les interactions entre les migrations, les march\u00e9s du travail, les rapports de genre, les dynamiques climatiques et les r\u00e9gimes de citoyennet\u00e9 ; enfin, le choix du vocabulaire conceptuel le plus appropri\u00e9 pour comprendre les mobilit\u00e9s africaines dans leur sp\u00e9cificit\u00e9, plut\u00f4t que comme une simple variante des migrations du Sud vers le Nord. Toutes ces questions demeurent \u00e0 la fois controvers\u00e9es et insuffisamment th\u00e9oris\u00e9es. Cette sous-th\u00e9orisation tient en partie au fait que les migrations africaines sont souvent \u00e9tudi\u00e9es de mani\u00e8re isol\u00e9e, sans \u00eatre replac\u00e9es dans les r\u00e9alit\u00e9s sociales et structurelles plus larges, fa\u00e7onn\u00e9es par l\u2019histoire, l\u2019\u00e9conomie politique et d\u2019autres facteurs d\u00e9terminants. Ainsi, la\u00a0gouvernance des migrations, tout comme les \u00e9tudes sur les migrations africaines elles-m\u00eames, est trop souvent abord\u00e9e dans des silos analytiques, au lieu d\u2019\u00eatre situ\u00e9e \u00e0 l\u2019intersection des multiples enjeux sociaux auxquels les mobilit\u00e9s donnent lieu. L\u2019Institut sur la gouvernance d\u00e9mocratique 2026 offre un espace privil\u00e9gi\u00e9 pour d\u00e9passer ces limites et promouvoir une compr\u00e9hension th\u00e9orique et empirique plus riche de ces questions. Il r\u00e9unira une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de chercheurs africains afin d\u2019approfondir l\u2019analyse et de contribuer \u00e0 l\u2019\u00e9laboration d\u2019un programme de recherche \u00e0 la hauteur de la complexit\u00e9 des d\u00e9fis que pose aujourd\u2019hui la gouvernance des migrations sur le continent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">L\u2019Institut 2026 s\u2019articulera autour d\u2019un ensemble de questions interd\u00e9pendantes.<\/p>\n<ol style=\"text-align: justify\">\n<li>Le premier axe porte sur l\u2019historicisation du contr\u00f4le des populations et des luttes autour de la gouvernance des mobilit\u00e9s en Afrique. Quelles normes, quelles institutions et quels facteurs \u00e9conomiques et politiques ont historiquement encadr\u00e9 les dynamiques de peuplement du continent africain ? Comment les luttes men\u00e9es par le bas ont-elles contribu\u00e9 \u00e0 fa\u00e7onner, contester ou transformer les modalit\u00e9s historiques de gouvernance des mobilit\u00e9s ? Quels enseignements pouvons-nous tirer de ces exp\u00e9riences pass\u00e9es afin d\u2019\u00e9clairer les d\u00e9fis contemporains ?<\/li>\n<li>Le deuxi\u00e8me axe s\u2019int\u00e9resse aux architectures de gouvernance et \u00e0 leur l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique. Comment les cadres de\u00a0gouvernance des migrations\u00a0en Afrique sont-ils \u00e9labor\u00e9s, contest\u00e9s et mis en \u0153uvre aux \u00e9chelles nationale, r\u00e9gionale et continentale ? Dans quelles conditions la gouvernance r\u00e9gionale des migrations peut-elle \u00eatre v\u00e9ritablement d\u00e9mocratique, c\u2019est-\u00e0-dire responsable, inclusive et attentive aux besoins et aux aspirations des populations qu\u2019elle est cens\u00e9e servir ?<\/li>\n<li>Le troisi\u00e8me axe concerne les politiques de production des savoirs et des repr\u00e9sentations. De quelle mani\u00e8re les r\u00e9cits dominants sur les migrations africaines, produits par les africanistes, les acteurs ext\u00e9rieurs, les gouvernements nationaux ou les organisations internationales, influencent-ils les r\u00e9ponses politiques au risque de s\u2019\u00e9carter, voire de marginaliser, les r\u00e9alit\u00e9s v\u00e9cues par les migrants et les communaut\u00e9s frontali\u00e8res ? Quels fondements alternatifs de production des savoirs sont n\u00e9cessaires pour ancrer les connaissances sur les migrations africaines dans les r\u00e9alit\u00e9s historiques, sociales et politiques du continent ?<\/li>\n<li>Enfin, le quatri\u00e8me axe s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019avenir de la gouvernance des migrations en Afrique. Dans un contexte marqu\u00e9 par de profonds bouleversements g\u00e9opolitiques et par la recomposition de l\u2019\u00e9conomie politique mondiale, quelles innovations en mati\u00e8re de gouvernance d\u00e9mocratique sont n\u00e9cessaires pour faire de la migration un v\u00e9ritable levier de transformation d\u00e9mocratique ?<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify\">Ces interrogations sont guid\u00e9es par une conviction qui est au c\u0153ur des engagements intellectuels fondateurs du CODESRIA : la gouvernance ne trouve son sens que dans les luttes d\u00e9mocratiques men\u00e9es par les populations, et la recherche a la responsabilit\u00e9 de produire des connaissances au service de ces luttes, plut\u00f4t que de l\u00e9gitimer les architectures de pouvoir, de contr\u00f4le et d\u2019exploitation qui les contraignent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong><u>Appel \u00e0 candidatures<\/u><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Candidatures au poste de personne-ressource<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les personnes souhaitant postuler en qualit\u00e9 de\u00a0<strong>personne-ressource<\/strong>\u00a0sont invit\u00e9es \u00e0 soumettre les documents suivants :<\/p>\n<ol style=\"text-align: justify\">\n<li>Une lettre de motivation ;<\/li>\n<li>Un curriculum vitae ;<\/li>\n<li>Deux (2) publications en rapport avec le th\u00e8me de l\u2019Institut ;<\/li>\n<li>Une proposition de cinq (5) pages au maximum pr\u00e9sentant les questions qui seront abord\u00e9es dans deux (2) conf\u00e9rences propos\u00e9es, dont l\u2019une devra porter sur les questions m\u00e9thodologiques.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Candidatures des laur\u00e9ats<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les candidats souhaitant \u00eatre s\u00e9lectionn\u00e9s en qualit\u00e9 de\u00a0<strong>laur\u00e9ats<\/strong>\u00a0doivent \u00eatre des doctorants ou des chercheurs en d\u00e9but de carri\u00e8re universitaire ayant d\u00e9montr\u00e9 leur capacit\u00e9 \u00e0 mener des recherches sur le th\u00e8me de l\u2019Institut. Les intellectuels engag\u00e9s dans les processus d\u2019\u00e9laboration des politiques publiques, ainsi que ceux actifs au sein des mouvements sociaux et des organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile, sont \u00e9galement vivement encourag\u00e9s \u00e0 candidater.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Le nombre de places financ\u00e9es par le CODESRIA est limit\u00e9 \u00e0\u00a0<strong>quinze (15)<\/strong>\u00a0participants par session. En outre, le CODESRIA offrira jusqu\u2019\u00e0\u00a0<strong>cinq (5)<\/strong>\u00a0places suppl\u00e9mentaires \u00e0 des participants dispos\u00e9s \u00e0 prendre en charge les frais li\u00e9s \u00e0 leur participation. Les jeunes chercheurs africains de la diaspora ainsi que les chercheurs non africains en mesure d\u2019autofinancer leur participation peuvent \u00e9galement postuler pour un nombre limit\u00e9 de places. Il est essentiel que les candidats d\u00e9montrent, dans leur proposition de recherche, une compr\u00e9hension approfondie des enjeux intellectuels soulev\u00e9s dans le pr\u00e9sent appel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les candidatures pour participer \u00e0 l\u2019Institut en qualit\u00e9 de\u00a0<strong>laur\u00e9at<\/strong>\u00a0doivent comprendre :<\/p>\n<ol style=\"text-align: justify\">\n<li>Un formulaire de candidature d\u00fbment rempli ;<\/li>\n<li>Une lettre de motivation ;<\/li>\n<li>Une lettre attestant de l\u2019affiliation institutionnelle ou organisationnelle du candidat ;<\/li>\n<li>Un curriculum vitae ;<\/li>\n<li>Un projet de recherche n\u2019exc\u00e9dant pas dix (10) pages, comprenant une analyse descriptive de la recherche envisag\u00e9e, un expos\u00e9 de l\u2019int\u00e9r\u00eat th\u00e9orique du sujet choisi ainsi qu\u2019une explication de la mani\u00e8re dont celui-ci s\u2019inscrit dans la probl\u00e9matique et les axes de r\u00e9flexion de l\u2019Institut 2026 ;<\/li>\n<li>Deux (2) lettres de recommandation r\u00e9dig\u00e9es par des universitaires ou des chercheurs reconnus pour leur expertise dans le domaine de recherche du candidat (disciplinaire et\/ou g\u00e9ographique), comprenant leurs noms, adresses postales, num\u00e9ros de t\u00e9l\u00e9phone et adresses \u00e9lectroniques ;<\/li>\n<li>Une copie du passeport.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Calendrier<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">La date limite de r\u00e9ception des candidatures est fix\u00e9e au\u00a0<strong>31 ao\u00fbt 2026<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les candidats retenus seront inform\u00e9s de leur s\u00e9lection\u00a0<strong>au plus tard le 11 septembre 2026<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les laur\u00e9ats devront ensuite r\u00e9viser leur proposition de recherche, laquelle sera pr\u00e9sent\u00e9e pendant l\u2019Institut sous la forme d\u2019un premier projet d\u2019article scientifique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les projets d\u2019articles devront \u00eatre soumis au CODESRIA\u00a0<strong>au plus tard le 18 septembre 2026<\/strong>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Les laur\u00e9ats seront \u00e9galement tenus de poursuivre la r\u00e9daction et la r\u00e9vision de leurs articles tout au long de l\u2019Institut, en vue de leur publication \u00e0 l\u2019issue de celui-ci.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify\"><strong>Soumission des candidatures<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">Toutes les candidatures, ainsi que les demandes d\u2019informations compl\u00e9mentaires, doivent \u00eatre transmises par voie \u00e9lectronique \u00e0 : <a href=\"https:\/\/apply.codesria.org\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/apply.codesria.org\/<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>TH\u00c8ME: \u00ab GOUVERNANCE DES MIGRATIONS \u00bb : REPENSER LA MOBILIT\u00c9 ET L\u2019AGENC\u00c9IT\u00c9 D\u00c9MOCRATIQUE EN AFRIQUE Dates : 28 septembre au 9 octobre 2026 Lieu : Lagos (Nig\u00e9ria) Date limite de d\u00e9p\u00f4t des candidatures : 31 ao\u00fbt 2026 Le Conseil pour [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":26487,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[288,316,344,325,264],"tags":[],"class_list":["post-26452","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-announcements-fr","category-appel-a-candidatures","category-bourses-et-subventions","category-dernieres-nouvelles","category-latest-news"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/codesria.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26452","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/codesria.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/codesria.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/codesria.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/codesria.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=26452"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/codesria.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26452\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":26455,"href":"https:\/\/codesria.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/26452\/revisions\/26455"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/codesria.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/26487"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/codesria.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=26452"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/codesria.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=26452"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/codesria.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=26452"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}<!-- This website is optimized by Airlift. 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