Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Pr. Samir Amin (1973-1975)

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Samir Amin est un économiste franco-égyptien né le 3 septembre 1931 en Egypte) et vit depuis de nombreuses années à Dakar (Sénégal). Après avoir passé son enfance et son adolescence à Port-Saïd (Egypte) où il a obtenu son baccalauréat) en 1947, il est parti en France où il a décroché le diplôme de l’Institut d’Etudes Politiques (IEP), le diplôme de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) ainsi qu’un Doctorat es Sciences économiques. Son retour en Egypte en 1957 après la soutenance de sa thèse à Paris, coïncide avec la nationalisations de grandes entreprises égyptiennes. Son premier emploi consiste essentiellement à représenter l’Etat dans les conseils d’administration des entreprises du secteur public. Cette expérience lui apprend notamment comment traduire des orientations macroéconomiques en termes de choix de politiques microéconomiques au sein des entreprises. En janvier 1960, il quitte l’Egypte pour la France où il travaille pendant six mois au Service des études économiques et financières (SEEF) où il apprend, de façon plus concrète, la manipulation de la macroéconomie dans un esprit de planification. Cependant, il ne souhaite pas rester en France et aspire à se réinsérer dans un pays où il pourrait continuer à faire un travail politiquement utile et en choisissant des activités conformes à ses convictions profondes. C’est ainsi qu’il choisit de s’installer à Bamako (Mali) où il travaille entre 1960 et 1963 comme expert au ministère du Plan avec d’éminents économistes, comme Jean Bénard et Charles Bettelheim.

Par la suite, Samir Amin décide de se tourner définitivement vers une carrière universitaire et il passe avec brio le concours d’agrégation en économie et entame une longue activité d’enseignant et de chercheur dans divers établissements universitaires, parmi lesquels l’Université de Dakar (Sénégal) et celle de Vincennes, devenue Paris VIII-Saint-Denis (France). Puis, pendant près d’une décennie, il se consacre à l’Institut africain de développement économique et de planification (IDEP), situé à Dakar, qui dépend de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA). C’est durant cette période qu’il se conscare également à la création de trois institutions aujourd’hui mondialement connues que son le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA), l’ONG Environnement pour le Développement de l’Afrique (ENDA) et le Forum du tiers-Monde (FTM). Premier Secrétaire exécutif du CODESRIA de 1973 à 1975, ses idées et positions politiques ont été fortement influencées par la Conférence Afro-Asiatique de Bandung (Indonésie) en 1955 et il a contribué, avec d’autres éminents économistes du Sud, à la remise en cause de la conception du « développement » véhiculée au début des années 1960 par les économistes conventionnels et surtout à jeter le discrédit sur le discours du système dominant sur les causes du « retard » des pays du Sud, de l’Afrique en particulier. L’axe central des travaux de Samir Amin, dès sa thèse de Doctorat, a été de démontrer le lien indissoluble qui existe entre « développement » et « sous-développement ». Ses écrits ultérieurs n’ont fait que confirmer ses vues, qui seront confortées par celles d’autres économistes, notamment ceux de l’Ecole latino-américaine et d’Immanuel Wallerstein, avec le « système-monde ».

L’œuvre de Samir Amin est traversée par des idées-forces qui guident son combat contre le capitalisme, pour l’émancipation des peuples du Sud du joug capitaliste/impérialiste et pour la transformation économique et sociale sur le chemin de la longue transition au socialisme. Altermondialiste convaincu et militant infatiguable de la cause du Sud, il a également créé en 1997, le Forum mondial des alternatives (FMA) qui est un réseau international de centres de recherches et d’intellectuels militants du Sud et du Nord dont l’objectif est l’appui aux processus de convergence des mouvements sociaux et à l’émergence d’alternatives de développement démocratique, pluriels et durables à la mondialisation néolibérale et aux différentes formes de discrimination ou de domination. Logiquement, Samir Amin a pratiquement été de toutes les éditions du Forum social mondial (FSM) depuis Porto Alegre (Brésil) en 2001 à Dakar en 2011 où ses contributions ont été particulièrement appréciées. Quarante ans après avoir été un des pères-fondateurs du CODESRIA, Samir Amin est toujours aussi impliqué dans ses activités et constitue à ce titre un modèle pour les universitaires, chercheurs et intellectuels africains en particulier et du reste du monde d’une manière générale.

juin 21 2011



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