Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Sexualités africaines

2012

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L’édition 2012 de l’institut sur le genre se propose d’étudier les sexualités africaines en examinant les liens entre le corps humain, le genre et la sexualité. Cette question n’est pas à refouler à la marge ou à la périphérie de la problématique du développement car elle en est une des facettes. En effet, il s’agit de la vie des hommes et des femmes, de leur intimité et de leurs désirs, de leurs relations avec leur corps et les normes sociales qui régissent ces derniers, de leurs identités et de la reconnaissance de droits qui va avec : toute chose donc qui renvoie au politique, à la société et au droit.

La société patriarcale, le contexte colonial et post - colonial montrent que les corps masculin comme féminin sont porteurs de significations culturelles, de représentations qui témoignent de relations de pouvoir au sein de la société. Comment, dans une perspective constructiviste, faire l’économie des épistémologies africaines du corps en se démarquant toutefois d’un legs qui porte encore l’empreinte d’une certaine vision anthropologique des sexualités africaines, avec un relent ethnocentrique, voire raciste. La question de la sexualité africaine peut être considérée comme le pendant du discours sur l’Autre, de la façon dont il a été imaginé, inventé, des représentations pour en rendre compte comme l’indique à titre illustratif l’exemple de Sarah Bartmann. Il y a lieu dans le cadre d’une réappropriation théorique de ne pas se laisser enfermer dans un certain cadre bio-médical et forcément réducteur imposé par la question de la reproduction et qui a été réinvesti par la problématique du Sida.

D’un point de vue méthodologique, comment la théorie postcoloniale ou féministe, le marxisme ou le post-modernisme peuvent ils aider à déconstruire les stéréotypes afin de mieux analyser la complexité des sexualités africaines ? Comment aller au-delà du système binaire postulé par le genre pour appréhender la diversité sexuelle ? Comment rendre compte de l’évolution des représentations de la sexualité dès lors que celle-ci résulte de plusieurs facteurs : le contact avec d’autres cultures, l’urbanisation ou l’exil, voire la prégnance de la télévision, du cinéma ou de l’internet sur la vie des populations africaines aujourd’hui ? Par ailleurs, la crise joue un rôle dans cette vision dynamique des sexualités en transformant les structures familiales ou en obligeant les hommes et les femmes à s’adonner à des pratiques diverses dont parfois le commerce du sexe. Comment saisir le rôle que joue la loi pour maintenir une société genrée dans laquelle les femmes sont subordonnées aux hommes, mais aussi toutes les formes idéologiques qui justifient le contrôle social sur les sexualités et informent les stratégies de lutte contre la pandémie du Sida ?

Interroger les sexualités africaines c’est aussi revenir sur la question des mutilations génitales, celle des violences basées sur le genre ou de l’homosexualité. Le contexte de la globalisation qui porte un regard critique sur l’universel en donnant une plus grande visibilité à la demande et à la reconnaissance de la diversité, en cristallisant les identités et les traditions, rend ce débat incontournable en Afrique. La diffusion d’une culture des droits humains au niveau global peut- elle se contenter dans le même temps d’une fin de non recevoir à l’homosexualité, au plaisir, et ce, au nom de la culture africaine. En effet, ce contexte de domination masculine qui pose l’hétérosexualité comme un cadre normatif dominant ne doit pas occulter la question des sexualités subalternes.

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février 22 2012



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