Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Conférence scientifique de la 14eme Assemblée Générale du CODESRIA : Créer l’Afrique de demain dans un contexte de transformations mondialisées : enjeux et perspectives

15-17 décembre 2014, Dakar (Sénégal)

Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) tiendra sa 14ème Assemblée générale du 15 au 17 décembre 2014 à Dakar (Sénégal) sur le thème « Créer l’Afrique de demain dans un contexte de transformations mondialisées : enjeux et perspectives ». Les assemblées générales du CODESRIA sont les plus grands moments de rassemblements de chercheurs africains en sciences sociales. Cette quatorzième édition ne fera pas exception en réunissant des intellectuels de toutes les disciplines des sciences sociales et humaines ainsi que du droit, pour réfléchir et proposer des idées pour un continent plus paisible et démocratique, plus prospère et inclusif dans le contexte actuel de transformations mondiales.

Le thème de la 14ème Assemblée générale s’inscrit dans la longue tradition d’engagement du CODESRIA, de ses membres et de la communauté des chercheurs à l’édification de sociétés plus prospères, démocratiques et justes en Afrique. Cet engagement a, au fil des années, conduit le Conseil à produire un travail de pionnier sur les défis du développement et de la démocratisation en Afrique. Les assemblées générales précédentes avaient entrepris d’analyser les réalités sociales sur le continent pour proposer des alternatives critiques aux schémas de développement dominants. La 14ème Assemblée générale rassemblera les meilleurs chercheurs en sciences sociales du continent afin de proposer des idées sur l’avenir de l’Afrique. La nécessité d’un cadre qui informe la construction du futur africain est impératif et critique, dans le contexte présent de mondialisation qui menace d’anéantir les progrès en développement social de ces dernières décennies qu’il y a un demi-siècle.

La célébration, il y a quelques années, de cinquante ans d’indépendance, a, dans de nombreux pays, été une occasion de réexaminer les rêves d’indépendance à la lumière des dures réalités de la vie dans l’Afrique d’aujourd’hui. Le nombre d’Africains vivant dans la violence (physique, structurelle et symbolique) et la pauvreté est énorme. Vingt ans après le génocide rwandais et la fin de l’apartheid, la question doit être posée de l’inversion des tendances qui, si rien n’est fait, peuvent conduire à plus de dévalorisation de la vie et à de plus grandes menaces pour la liberté, la dignité et le bien-être sur le continent. Compte tenu de cela, il est nécessaire et critique de réinventer un avenir pour nous-mêmes et de redéfinir les fondements sociaux, culturels, moraux, éthiques et institutionnels de la citoyenneté et de l’appartenance aux niveaux local, national et continental, dans une Afrique libre, unie, démocratique et prospère, en paix avec elle-même et avec le monde.

Les transformations dans le cadre desquels s’élaborent les futurs africains sont d’une grande diversité. Des forces complexes opèrent à l’échelle mondiale et sur le continent. Elles favorisent et défient, à la fois, l’émergence de nouvelles possibilités de refondation de nos sociétés et de nos économies en développement sur des bases plus durables, équitables et justes. Certaines d’entre elles méritent d’être mentionnées.

-  La mondialisation a atteint des niveaux sans précédent, et la gouvernance mondiale implique une série d’acteurs et d’institutions qui rendent la question de la souveraineté extrêmement complexe. Les défis mondiaux tels que le changement climatique et la nature transnationale de nombreuses nouvelles menaces pour la sécurité humaine en Afrique posent la question de la capacité de l’État-nation à composer avec des défis qui vont au-delà des frontières nationales. Cela explique en partie l’attention accordée au régionalisme et au panafricanisme comme réponses à la mondialisation.

-  En Afrique, des avancées majeures ont été enregistrées dans la construction de systèmes démocratiques de gouvernance. Les « anciennes » et les nouvelles formes d’organisation politique, la lutte et l’engagement des citoyens dans la vie publique, l’utilisation d’ « anciens » et de nouveaux modes de communication, ont conduit à des transformations radicales de la sphère publique. Les élections impliquant différents partis sont devenues la norme dans de nombreux pays, au point que certains partis d’opposition sont prêts à appeler au report des élections pour la mise en place de réformes institutionnelles pouvant améliorer la qualité des systèmes électoraux. Une importante décentralisation accompagne également les élections, accroissant le potentiel d’une plus grande participation des citoyens. Dans certains cas cependant, ceci a conduit à la violence en raison de la politisation de l’ethnicité ou de l’émergence de la xénophobie. La violence s’est également manifestée là où il y a concurrence pour l’accès aux ressources. Dans certains cas, nous avons assisté à de graves revers du processus démocratique, et les crises de gouvernance sont encore fréquentes. Les récentes crises au Mali, au Soudan du Sud et en République centrafricaine nous rappellent le travail à entreprendre pour rendre de nombreux États et sociétés plus à même de résister à des contraintes politiques, économiques et sociales, qu’elles soient locales, régionales ou internationales. Accroître la résilience des sociétés africaines est essentielle, compte tenu du recours continu par les puissances mondiales et régionales à la résolution des conflits pour encore renforcer leur emprise économique et politique sur les pays en difficulté grâce à des interventions « humanitaires » militaires, y compris sous le soi-disant droit de protéger.

-  Il a été rapporté que de nombreux pays africains enregistraient une croissance économique impressionnante, mais celle-ci a été souvent accompagnée d’inégalités croissantes et des niveaux élevés de chômage. La transformation, souvent espérée, des économies africaines - de fournisseurs de matières premières au Nord en des économies fondées sur le développement industriel et agricole, soutenue par un secteur des services fort, ne s’est pas matérialisée dans la plupart des cas. Bien que la croissance économique enregistrée par les pays africains au cours des dernières années puisse s’expliquer en partie par l’amélioration de la gouvernance, une grande partie de cette croissance a principalement été le résultat de l’exploitation des ressources naturelles par les multinationales, accompagnée par l’aliénation massive des terres. Le manque de terres et le chômage (surtout des jeunes), la détérioration du secteur de la santé et des services sociaux, et une plus grande responsabilité des femmes dans la charge des soins, ont été des caractéristiques de nombreux pays.

-  Les BRICS dont la Chine ont pris de l’assurance dans leur rôle économique sur le continent, fournissant, d’une part, des possibilités de lutte contre les lourdes conditionnalités des « donateurs » traditionnels et offrant, d’autre part, d’énormes potentialités pour le grand commerce. Toutefois, leur perpétuation des mêmes pratiques d’exploitation que les pouvoirs traditionnels, et leur manière de présenter les avantages pour les pays africains, demeurent sujets à controverse.

Le projet d’extirper des futurs africains de la masse de défis et de possibilités qui marquent la deuxième décennie du 21ème siècle doit être un exercice ouvert et ancré sur la reconnaissance de l’histoire plurielle du continent. Pouvons-nous continuer de penser au développement économique et social (y compris le développement agricole et l’industrialisation) en Afrique comme nous l’avons fait au cours des cinquante dernières années ? Imaginer des futurs pour l’Afrique doit aussi se faire à partir d’une perspective multidisciplinaire et des prismes sexospécifiques prenant en compte les droits, les libertés, la dynamique entrepreneuriale et la créativité culturelle et artistique des hommes et des femmes.

Il est dès lors nécessaire d’aller au-delà de créer plusieurs scénarii à partir desquels se choisirait « le meilleur ». Nous devons créer une multitude de sociétés diverses mais bien intégrées, marquées par l’ouverture, l’inclusion sociale, une plus grande équité et la prospérité, qui rendent justice aux riches et diverses histoires et réalités du continent.

Ce travail exige de s’adonner à une approche holistique de l’étude du continent pour la promotion duquel le Conseil a été créé en 1973. Les travaux comparatifs basés sur des perspectives théoriques historiquement renseignées et empiriquement fondées sur la diversité du continent et qui peuvent converser avec des travaux sur l’Amérique latine, l’Asie et au-delà, sont nécessaires pour forger de nouvelles sociétés.

Tout ceci exigera un engagement renouvelé pour la libération de la recherche, et plus généralement, de la vie et de la pensée universitaires, de la myriade de contraintes, y compris celles imposées par les Etats, les marchés, le patriarcat et d’autres systèmes de domination, et par des intérêts et des idées mondiales dominantes, contre lesquels le CODESRIA a toujours lutté. Il souligne également la nécessité critique pour nous Africains de réinventer notre identité collective et notre avenir, et de renégocier notre place dans la communauté internationale.

La 14ème Assemblée générale du CODESRIA sera organisée en deux parties : la première partie sera une conférence scientifique sur le thème « Créer l’Afrique de demain dans un contexte de transformations mondialisées : enjeux et perspectives ». Elle sera structurée en sessions plénières et parallèles. D’éminents spécialistes de l’Afrique, de la diaspora et d’autres régions du Sud, ainsi que des représentants des institutions partenaires du Nord, seront invités à participer à la conférence. La deuxième partie de l’Assemblée sera administrative et consacrée à des discussions sur la vie institutionnelle du CODESRIA, une discussion sur les nouvelles priorités de recherche, et à l’élection d’un comité exécutif, d’un/une président(e) et d’un(e) vice-président(e).

Ceux qui souhaitent participer à la conférence scientifique sont invités à réfléchir et à présenter des communications sur un ou plusieurs des thèmes suivants :
1. Comprendre les transitions mondiales et régionales en cours ;
2. Imaginer les futurs africains : perspectives disciplinaires, interdisciplinaires et de genre ;
3. La nouvelle Afrique dans un nouveau monde : interactions et connexions ;
4. L’innovation technologique et le projet africain de renouveau social africain ;
5. La culture populaire africaine et l’imagination d’alternatives ;
6. Le loisir dans la société à venir ;
7. Planification du développement : modèles économiques alternatifs pour l’avenir de l’Afrique ;
8. Au-delà des OMD : chemins vers une la communauté durablement développée ;
9. Vers un avenir plus démocratique : rendre la gouvernance opérationnelle pour tous les Africains ;
10. La justice pénale internationale, le droit de protéger, et la souveraineté dans l’Afrique du futur ;
11. L’intégration régionale et les pistes vers des futurs africains ;
12. Le néo-libéralisme et la financiarisation des ressources naturelles en Afrique ;
13. La reconstruction sociale dans la société post-néolibérale ;
14. La conception et la construction des sociétés résilientes et socialement inclusives ;
15. Vers des sociétés du savoir en Afrique : l’enseignement supérieur, la recherche et la transformation des économies et des sociétés africaines ;
16. La diaspora africaine dans la réinvention des futurs de l’Afrique ;
17. Le changement climatique et ses conséquences sur les futurs africains ;
18. L’accaparement des terres, droits de propriété et citoyenneté ;
19. Les approches novatrices au développement agricole et à l’industrialisation.

Le CODESRIA invite les chercheurs à envoyer des résumés de communication et des propositions de panels sur ces questions et d’autres liées au thème de la conférence scientifique de l’Assemblée générale. La date limite de soumission des résumés est fixée au 31 mai 2014. Les auteurs des résumés sélectionnés seront informés avant le 30 juin 2014. La date limite pour la soumission des communications finales est le 31 août 2014.

Les résumés de communications et les propositions de panels doivent être accompagnés des CV et coordonnées complètes des auteurs et envoyées par email au CODESRIA à l’adresse suivante : general.assembly@codesria.sn. Dans la ligne objet de votre message, vous inscrirez votre nom et le sous-thème dans lequel vous aimeriez inscrire votre résumé. Toutes les demandes de renseignement devront être envoyées à :

Assemblée générale du CODESRIA
Avenue Cheikh Anta Diop X Canal IV, BP 3304, CP 18524, Dakar, Sénégal
Email : general.assembly@codesria.sn
Tel. : +221 33 825 98 22/23 or +221 33824 03 74 Fax : +221 33 824 12 89
Site web : http://www.codesria.org

mai 15 2014