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Atelier régional sur l’intégration africaine

Le CODESRIA et l’Université de Cape Town sont heureux de vous annoncer la tenue d’un atelier de deux jours à Dakar au Sénégal, sur le thème "Culture, histoire et idées : Re-évaluer le panafricanisme".

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Afrique de l’Ouest

THEME : Culture, histoire et idées : Re-évaluer le panafricanisme
Dakar, Sénégal
Date : Du 16 au 17 octobre 2015

Co-organisé avec le CODESRIA, cette rencontre fait partie d’une série de débats sur le thème de l’intégration économique africaine, avec l’appui du programme Building Bridges de l’école doctorale pour une politique de développement durable de l’UCT.

L’atelier vise à aller au delà de la pensée purement économique de l’intégration régionale, afin de discuter des idées et des intérêts plus vastes, y compris l’histoire et la culture. Une bonne partie des écrits sur le nationalisme se fonde sur ce que Benedict Anderson appelle "les communautés imaginées" ("Imagined Communities"), rendant possible la solidarité morale fondée sur des affinités culturelles et des racines historiques. Le Panafricanisme - qui a toujours prêté attention à ses racines historiques et ses dimensions culturelles dans le projet d’unification de l’Afrique - fournit les fondements idéologiques de l’intégration africaine. En effet, la culture et l’histoire ont offert les rappels les plus persistants au projet panafricaniste.

"L’Afrique" est probablement le continent le plus évoqué en des termes émotionnels. Ses populations le chantent, le peignent, et le scultent en produisant des centaines d’images de ce « continent bien-aimé ». Mêmes les hymnes nationaux évoquent souvent l’Afrique plus que les noms de leurs pays, saluant l’Afrique comme mère patrie et demandant à Dieu de bénir ce continent. Ces expressions quotidiennes du panafricanisme, comme le « nationalisme banal" de Michael Billig (ces pratiques de routine et ces habitudes idéologiques inaperçues qui rendent possible la reproduction quotidienne de la nation), ont leur importance et demandent à d’être mieux comprises.

Le panafricanisme a laissé une empreinte profonde sur la pensée politique et les sensibilités dans les dimensions à la fois culturelles, politiques et économiques. Comme toutes autres idéologies, le panafricanisme a mis en place une vision de ce qui est souhaitable ; il a fixé les normes à travers lesquelles ses adhérents sont appréciés ; il a offert un semblant de cohésion à des intérêts disparates. Mais - encore une fois, comme toutes les idéologies - il a eu ses zones d’ombre, dont certains ont menacé de torpiller ses projets centraux. Il a aussi été dépassé par les dangers de l’essentialisme et de "l’altérité".

S’il devait conserver sa pertinence et sa vitalité, le panafricanisme doit être soumis à une constante réévaluation critique et à un reconditionnement. Il doit être perçu comme étant capable de faire face aux problématiques contemporaines. Ainsi, le rôle des intellectuels ne consiste pas uniquement à donner de la cohérence à une idéologie commune, mais de critiquer en permanence le projet, afin de révéler ses mythes, ses falsifications et ses lacunes, le renforcement de ses points forts et d’identifier de nouvelles sources d’énergie et de nouveaux défis.

Ainsi, cet atelier est une contribution à ces réflexions critiques sur le fondement culturel et historique de l’intégration régionale en Afrique.

octobre 14 2015



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