Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Institut du genre du CODESRIA (session 2016) : Genre, maladies et gouvernance de la santé publique en Afrique

Date limite : 30 Avril 2016

Nombre de visites : 4033

Thème : Genre, maladies et gouvernance de la santé publique en Afrique
Date : 4-15 juillet 2016
Lieu de la réunion : Dakar, Sénégal

Appel à candidatures : Session 2016

Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) a le plaisir d’annoncer la session 2016 de son Institut annuel sur le Genre. Il invite les chercheurs à soumettre leurs candidatures afin de participer à cet Institut devant se dérouler du 4 au 15 juillet 2016 à Dakar (Sénégal).

Lancé en 1994, l’Institut sur le Genre est un forum pluridisciplinaire qui réunit chaque année une quinzaine de chercheurs venant des différentes régions du continent et de la diaspora, ainsi que quelques chercheurs non africains qui entreprennent des recherches innovantes sur le thème du Genre. Visant, à ses débuts, la promotion d’une conscience généralisée du genre dans la communauté de recherche en sciences sociales, cet Institut a, par la suite, été organisé autour de thèmes spécifiques destinés à renforcer l’intégration de l’analyse de genre dans la recherche en sciences sociales en Afrique et à favoriser l’émergence d’une communauté de chercheurs dans le domaine des études sur le genre.

Organisation

Les sessions de l’Institut sont dirigées par un directeur scientifique qui, avec le soutien de personnes ressources, s’assure qu’un large éventail de recherches et de questions politiques est exposé aux lauréats. Chaque lauréat doit rédiger un article découlant d’un travail de recherche destiné à être présenté durant l’Institut. La version révisée de l’article fera l’objet d’une évaluation par les pairs en vue de sa publication par le CODESRIA. Le Centre de documentation et d’information du CODESRIA (CODICE) mettra à la disposition des participants une bibliographie aussi complète que possible sur le thème de l’Institut. Les participants auront également la possibilité d’accéder à un certain nombre de centres de documentation de Dakar et ses environs.

Langues de travail

L’Institut sur le genre du CODESRIA se tiendra en français et en anglais par le biais d’un système de traduction simultanée.

Thème de la Session 2016 : Genre, maladies et gouvernance de la santé publique en Afrique

La résurgence, en Afrique de l’Ouest, en 2014, d’une souche plus virulente de la fièvre hémorragique à virus Ebola a mis en évidence certaines des principales questions qui touchent à la gouvernance de la santé publique en Afrique. L’une de ces questions se rapporte à la nature sexospécifique des maladies épidémiques en Afrique. En effet, il ressort des statistiques épidémiologiques actuelles relatives à Ebola que, même si les premiers cas concernaient essentiellement des hommes, la maladie revêt progressivement un visage féminin dans les pays d’Afrique touchés par cette affection. Cette nature sexospécifique de la vulnérabilité féminine à la maladie au fur et à mesure de sa progression et de sa maturation dans la population est comparable à celle de la pandémie du VIH/SIDA qui, ayant commencé dans le monde comme une maladie spécifiquement masculine, s’est ensuite transformée en pandémie essentiellement féminine. Dans les pays d’Afrique australe à forte prévalence du VIH, les taux d’infection par le VIH sont parfois 5 fois plus élevés chez les femmes de 15 à 19 ans que chez les hommes de la même tranche d’âge.

Cependant, si la transmission hétérosexuelle est une explication plausible de la féminisation de certaines affections, une étude des autres « maladies tropicales », comme le paludisme, la schistosomiase, voire le trachome, laisse à penser que la vulnérabilité féminine aux maladies en Afrique touche des maladies qui ne sont pas sexuellement transmissibles.

Pendant de nombreuses années, les chercheurs ont relevé que les centres de santé recevaient plus d’hommes que de femmes atteints de paludisme, ce qui les amenait à conclure que la prévalence du paludisme était plus importante chez les hommes que chez les femmes. Cependant, selon les travaux de Sims (1994), les taux d’infection des femmes et des enfants sont comparables à ceux des hommes, mais, du fait des contraintes de temps et de mobilité et d’autres engagements, les femmes ont plus de difficultés à se rendre dans les structures de santé. La connaissance des symptômes du paludisme, en particulier dans les zones fortement endémiques, peut inciter les femmes à recourir à un traitement à domicile pour elles-mêmes et pour leurs enfants. Ainsi, les statistiques qui rendent compte de taux élevés d’accès palustres chez les hommes peuvent, en réalité, s’expliquer par des différences sexospécifiques en termes d’utilisation des services de santé et non par des taux de prévalence différents.

De l’avis de McGregor (1984), une des importantes différences sexospécifiques relatives au paludisme touche à la gravité des conséquences de la maladie. Le paludisme qui frappe les femmes enceintes peut avoir de lourdes conséquences sur leur santé et engendrer une anémie chronique, ce qui constitue une aggravation dans l’évolution de la maladie.

Selon Michelson (1992), qui s’est intéressé à une autre « maladie tropicale », la schistosomiase, la prévalence de cette pathologie au Nigeria a connu une forte progression chez les filles âgées de 5 à 15 ans et demeure très élevée par rapport aux taux de prévalence enregistrés chez les hommes, les rôles sexospécifiques assignés aux jeunes femmes exposant constamment ces dernières à la consommation d’une eau impure.

Vlassoff et Bonilla (1994) se demandent si la très grande focalisation sur les services liés à la santé de la reproduction des femmes en Afrique n’hypothèque pas la possibilité de détection d’autres maladies. Compte tenu de la façon dont les structures de santé publique sont organisées, la priorité accordée à la santé maternelle et infantile donne l’illusion que les seules affections qui touchent les femmes sont liées à la reproduction.

La compréhension du genre et des maladies a de profondes implications sur la gouvernance de la santé publique en Afrique. La gouvernance de la santé publique en Afrique va au-delà du rôle du gouvernement. Elle intègre un nombre varié d’acteurs qui influent sur les résultats en matière de santé. La gouvernance s’intéresse également au rôle de la famille, au patriarcat, à la culture et à la communauté pour déterminer le degré d’exposition à la maladie. La gouvernance intègre le gouvernement national, les ONG internationales et les experts internationaux de la santé, qui ont tous une influence sur l’évolution de la santé des populations en Afrique. La relation entre le genre, les maladies et la gouvernance de la santé publique soulève quelques questions majeures que l’Institut envisage d’examiner.

1. Pourquoi les Africaines sont-elles vulnérables aux maladies ? Quels facteurs expliquent les différents niveaux d’exposition des femmes et des hommes aux maladies ? La gouvernance publique peut-elle se révéler efficace à tout niveau, sans prendre en compte le rôle que joue le genre dans l’exposition à la maladie et dans la prévention des affections en Afrique ?

2. Quel est le rôle de la famille, de la culture et du patriarcat dans l’apparition de différences sexospécifiques dans l’utilisation des structures de santé ? Comment cette réalité influe-t-elle sur la gouvernance de la santé publique en Afrique ?

3. Les gouvernements nationaux peuvent-ils définir les politiques de prévention des maladies sans se préoccuper de la relation entre le genre et les maladies en Afrique ? De quelle manière les priorités en matière de santé peuvent-elles être définies en tenant compte de la dimension genre ?

4. Au niveau mondial, pourquoi les statistiques internationales relatives aux maladies en Afrique ne sont-elles pas publiées par genre ? Quelles sont les implications de cette absence, au niveau mondial, des données qui nous permettent de comprendre le genre et les maladies en Afrique ? Comment la gouvernance mondiale de la santé publique influe-t-elle sur la gouvernance de la santé publique en Afrique ?

En faisant le lien entre les différents niveaux de la gouvernance de la santé publique et le genre, il apparaît clairement que la principale question à laquelle l’Institut du Genre tente présentement de trouver une réponse est la suivante : « En Afrique, doit-on dire que ce sont les maladies qui sont sexospécifiques ou plutôt que c’est la gouvernance de la santé publique qui est sexospécifique ? »

Le Directeur

La session 2016 de l’Institut sur le genre portant sur « Genre, maladies et gouvernance de la santé publique en Afrique  », sera dirigée par Ravayi Marindo (Curtin School of Public Health, Western Australia). En tant que Directrice de l’Institut, elle assurera les tâches suivantes :

  • Participer à la sélection des lauréats et à l’identification de personnes ressources appropriées ;
  • Interagir avec les personnes ressources et les lauréats pour une préparation adéquate de l’Institut ;
  • Concevoir les cours de la session, notamment les sous-thèmes spécifiques ;
  • Faire une série de conférences et mener une analyse critique des communications présentées par les personnes ressources et les lauréats ;
  • Rédiger et soumettre un rapport scientifique relatif à l’institut ;
  • Editer les versions révisées des communications présentées par les personnes ressources, en vue de leur publication dans l’une des collections du CODESRIA. Pour la publication, la Directrice devra également assister le CODESRIA dans l’évaluation des communications présentées par les lauréats au cours de l’Institut.

Les personnes ressources

Le CODESRIA invite les chercheurs séniors à déposer leur candidature pour cette session de l’Institut sur le genre. Les candidats doivent avoir un doctorat et au moins cinq publications relatives au genre, à la santé et aux politiques de santé.
a) Si leur domaine de compétence n’est pas le genre et la maladie / la santé, ils doivent néanmoins avoir publié sur la théorie du genre ou la théorie féministe.
b) Les personnes ressources doivent avoir des publications dans le domaine de la santé en Afrique avec une prise en compte de la composante genre. Il est attendu de telles personnes ressources qu’elles aient connaissance des différentes théories de la santé.
c) Les personnes ressources ayant publié dans le domaine de la politique de santé en Afrique seront aussi prises en compte. Une des attentes de l’Institut est que ces personnes ressources aient fait des travaux dans le domaine de la gouvernance de la santé publique en Afrique.

Les cours dispensés durant l’Institut sont destinés à offrir aux lauréats l’occasion d’approfondir leurs réflexions sur le thème. Les personnes ressources doivent, par conséquent, être des universitaires ou des chercheurs confirmés qui ont beaucoup publié sur le sujet, et qui ont une contribution importante à apporter aux débats. Elles devront produire des supports écrits qui inciteront les lauréats à engager la discussion et le débat sur leurs présentations ainsi que sur toute la documentation disponible sur le thème.

Une fois sélectionnées, les personnes ressources devront :

  • Interagir avec le directeur de l’Institut et les lauréats afin d’aider ces derniers à réajuster leurs questions de recherche et leurs approches méthodologiques ;
  • Soumettre un exemplaire de leurs supports de cours pour reproduction et distribution aux participants au plus tard une semaine avant la présentation de leurs exposés ;
  • Présenter leur exposé, participer aux débats et commenter les propositions de recherche et les articles des lauréats ;
  • Réviser et soumettre un article basé sur leurs notes de cours pour publication par le CODESRIA, au plus tard deux mois après l’Institut.

Les dossiers de candidature des personnes ressources doivent comprendre :
1. Une lettre de candidature ;
2. Un curriculum vitae ;
3. Deux (2) articles publiés
4. Une proposition de cinq (5) pages au plus, décrivant les questions qui seront couvertes dans leurs trois (3) exposés dont un portant sur les questions de méthodologie ;

Les lauréats

Les candidats doivent être des étudiants en doctorat ou des universitaires en début de carrière, ayant une capacité prouvée à faire de la recherche sur le thème de l’Institut. Les intellectuels actifs dans le processus politique et/ou dans les mouvements sociaux et les organisations de la société civile sont également encouragés à se porter candidats. Le nombre de places offertes par le CODESRIA pour cette session est limité à dix (10). Les chercheurs non-africains qui peuvent financer leur participation peuvent également faire acte de candidature sous réserve des places disponibles.

Les propositions devront prendre en charge les trois dimensions du thème : genre, maladies et gouvernance de la santé publique en Afrique. La recherche proposée peut être basée sur des études empiriques incluant le travail de terrain utilisant les méthodes quantitatives et qualitatives, le travail analytique impliquant l’analyse des données existantes ou des études de cas. Chaque recherche devra avoir une assise théorique. Les propositions devront relever de toutes les disciplines des sciences sociales incluant les études de genre, la sociologie, l’anthropologie, la démographie, les sciences économiques ; ou les sciences médicales comme l’épidémiologie ou les biostatistiques. Les chercheurs seront encouragés à montrer, à travers leurs recherches, les interconnexions entre le genre, les maladies et la gouvernance de la santé publique.

Les dossiers de candidature des lauréats doivent comprendre :
1. Un formulaire de candidature dûment rempli ;
2. Une demande de candidature ;
3. Une lettre attestant de l’affiliation institutionnelle ou organisationnelle ;
4. Un curriculum vitae ;
5. Une proposition de recherche de dix (10) pages au plus, comprenant une analyse descriptive du travail que le candidat veut entreprendre, un résumé exposant l’intérêt théorique du thème choisi par le candidat, la relation entre le sujet et la problématique et les centres d’intérêt pris en compte par le thème de l’Institut 2016 ;
6. Deux (2) lettres de référence provenant d’universitaires ou de chercheurs connus pour leur compétence et leur expertise dans le domaine de recherche du candidat (du point de vue géographique et concernant la discipline), avec leurs noms, adresses, numéros de téléphone et adresses électroniques.
7. Une copie du passeport.

Date limite de soumission des candidatures

La date limite de soumission des candidatures est fixée au 30 avril 2016. Les lauréats seront informés du résultat de la sélection en début mai 2016. Ils pourront ainsi utiliser le reste du mois de mai pour recueillir de l’information sur leur terrain et améliorer le projet de rapport de recherche à présenter lors de l’Institut. Les lauréats seront appelés à travailler sur ce document et le préparer pour publication après l’Institut.

Soumission des candidatures

Toutes les demandes de candidature et les questions spécifiques devront être adressées de façon électronique à :

CODESRIA
INSTITUT SUR LE GENRE
Avenue Cheikh Anta Diop x Canal IV
BP 3304, CP 18524, Dakar, Sénégal
Tél. : (221) 33 825 98 21/22/23
Email : gender.institute@codesria.sn

février 4 2016



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