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Journée internationale de réflexion sur le génocide rwandais : Le CODESRIA plaide pour l’émergence d’une citoyenneté en Afrique

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Pour commémorer la journée internationale de réflexion sur le génocide rwandais de 1994, le Centre d’Information des Nations Unies (CINU) et le Bureau Régional du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDH), en partenariat avec le Conseil pour le Développement de la Recherche en Sciences sociales en Afrique (CODESRIA) et l’ambassade du Rwanda ont organisé une projection de film suivie d’une table ronde. Modérée par le Secrétaire exécutif du CODESRIA, Dr. Ebrima Sall, la table ronde a eu lieu dans les locaux du CINU sis à Dakar, Sénégal, ce mardi 31 Mai 2016.

C’est la salle qui porte le nom du Capitaine Mbaye Ndiaye, un héros du génocide rwandais qui a abrité la projection du Film, « 7 jours à Kigali ». Ce documentaire d’une cinquantaine de minutes, où bourreaux, victimes et observateurs sont revenus sur leur expérience de cette horreur a servi de prétexte pour lancer le débat.

Mehdi Ba, journaliste à Jeune Afrique et coréalisateur de ce documentaire poignant est revenu sur le casting de son film et sur le fait que le génocide était perpétré contre les Tutsis. Il a déploré la non-intervention de la communauté internationale, en dépit des cris d’alarme émis et des appels répétitifs lancés, pour éviter que le pire ne se produise. « Des vies auraient pu et dû être sauvées », a-t-il lancé. Il arrive ainsi à la même conclusion à laquelle le rapport commandité par l’OUA en son temps était arrivé : on aurait pu éviter le génocide des Tutsis. Andrea Ori, représentant du HCDH (signifie quoi ?), après avoir condamné l’horreur rwandaise, a réaffirmé l’engagement de l’Organisation des Nations Unies dans la lutte contre toute forme de haine raciale et pour faire respecter les droits de l’homme.

Madame Yvette Nyombayire Rugasaguhunga, deuxième Conseillère de l’ambassade de la République du Rwanda, rescapée du génocide, a témoigné sur les tueries perpétrées contre sa famille et son ethnie, les Tutsis. Elle avait 14 ans quand elle a vu une partie de sa lignée assassinée. Abondant dans le même sens, l’Ambassadeur du Rwanda au Sénégal, S.E. Dr. Mathias HAREBAMUNGU est revenu sur la non-intervention des forces extérieures pour mettre un terme aux massacres avant de mettre en exergue le rôle joué par des patriotes rwandais pour arrêter les tueries.
Pour sa part, le Conseiller diplomatique du Président de la République Du Sénégal, Monsieur Maguette Sèye a estimé que la lutte contre l’idéologie génocidaire devait se faire à la base : « Il faut inculquer aux jeunes, dès le bas âge la tolérance et le respect de l’autre ».

En sa qualité de modérateur de la table ronde, le Secrétaire exécutif du CODESRIA, Dr. Ebrima Sall a battu en brèche les idéologies génocidaires et l’instrumentalisation de l’ethnie à des fins politiciennes. « En Afrique, il nous faut impérativement travailler pour faire émerger la culture de la citoyenneté et nous battre pour que tous les citoyens soient mis au même niveau. Qu’on n’instrumentalise pas les origines des gens tout simplement parce que nous ne pensons pas comme eux », a souligné Dr. Sall. Il a aussi rappelé à l’assistance que le CODESRIA avait organisé la première rencontre internationale des intellectuels sur le génocide rwandais qui s’est tenue en Afrique à Arusha, en Tanzanie, en septembre 1995 pour réfléchir sur les causes du génocide et comment éviter des telles atrocités se reproduisent en Afrique.

juillet 12 2016



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