Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Institut sur le genre 2016 : Genre, maladies et gouvernance de la santé publique en Afrique

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Il devient de plus en plus évident, pour les chercheurs de diverses disciplines en santé, qu’être vulnérable à certaines maladies ou être protégé contre une maladie implique un ensemble complexe de relations allant bien au-delà du modèle de maladie fondé sur les relations hôte et agent. De plus en plus de recherches suggèrent que dans la triade épidémiologique, l’environnement, entendu au sens large, joue un rôle beaucoup plus déterminant dans la transmission de la maladie que suggéré auparavant. Entre l’exposition et l’infection se trouve un ensemble d’interrelations sociales, psychologiques et physiques qui ont très peu à voir avec l’infectiosité d’un agent et la fragilité d’un hôte. En essayant de démêler une dimension sociale de la maladie, c’est-à-dire à partir de la notion de genre, une revue de la littérature expose un ensemble complexe de relations parmi lesquelles : Les relations entre les hommes et les femmes sur les plans social, sexuel et spatial/physique, à différents âges, de différentes familles, dans différentes cultures et à des niveaux de développement variés influencent-elles la réaction des individus face à la maladie et comment ? Comment hommes et femmes se réfèrent-ils aux services médicaux aux niveaux : structurel, macro et micro ? Comment interagit le personnel médical féminin et masculin avec les patients hommes ou femmes ? Le degré de confiance que les hommes et les femmes placent dans leurs établissements de santé et dans leurs gouvernements accroît-il ou non leur vulnérabilité à la maladie et comment ? Le rapport avec le pouvoir aux niveaux individuel, culturel, local et international protège-t-il les hommes et les femmes de la maladie ou augmente-t-il leur vulnérabilité face à la maladie ? Quel impact ont le niveau de pauvreté, d’éducation, les ressources à disposition, la couleur de la peau, l’ethnicité, l’orientation sexuelle, le statut d’invalidité sur la vulnérabilité à la maladie ? Il y a de l’hétérogénéité dans le genre.

Il n’y a pas une explication simple et directe pour comprendre pourquoi certaines personnes succombent à la maladie et d’autres non. Dans certains contextes en Afrique, être femme rend vulnérable à la maladie. Tous les facteurs comme la pauvreté, le fait de vivre dans une région où les établissements de santé sont médiocres, la situation de handicap, l’appartenance à une minorité ethnique, à certaines races, à certains groupes culturels ou être déplacé, certaines orientations sexuelles, peuvent, dans certains contextes créer des niveaux de vulnérabilité.

Toutefois, ce qui reste constant c’est que lorsque tous ces handicaps se regroupent (intersectionnalité) chez un individu ou un groupe de personnes, la vulnérabilité à la maladie est intensément multipliée. Il est donc essentiel de mettre l’intersectionnalité au cœur des travaux de cet institut.

juillet 14 2016



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