Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


La recherche et la formation sociales africaines en transition : Enjeux et opportunités

23–25 octobre 2006, Dakar (Sénégal)

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Le Conseil pour le développement de la recherche en
sciences sociales en Afrique (CODESRIA) a le plaisir
de vous informer de la tenue de la session inaugurale
de sa nouvelle initiative créée pour rassembler les
doyens de facultés de sciences sociales et humaines
dans une conférence annuelle organisée autour d’un
thème scientifique d’intérêt commun. Ce programme
fait partie des nouvelles activités lancées par le
Conseil dans le cadre de ses objectifs stratégiques
pour faire reculer les limites de la production et de la
dissémination de connaissances. Cette initiative vient
du désir de combler un écart observé dans la quête
de renouveau du système d’enseignement supérieur
africain, plus précisément, l’absence en Afrique de
forum régulier et structuré qui permette aux gestionnaires
du système d’enseignement supérieur en général,
et les doyens des facultés de sciences sociales et
humaines en particulier de réfléchir sur leurs expériences,
d ‘échanger des vues sur les défis communs auxquels
ils font face, d’apprendre les uns des autres, et
de bénéficier des ressources de résolution de problèmes
des uns et des autres d’une manière à leur permettre
de proposer de nouvelles perspectives comparatives
dans le domaine de l’enseignement supérieur
inscrit dans une période de transition. Le CODESRIA
est engagé à développer la conférence comme une
activité centrale qui sera partie intégrale de sa stratégie
de soutien de l’université africaine dans la durée,
chaque conférence étant structurée pour aboutir
à la production d’un ouvrage qui sera à la fois une
preuve et une déclaration sur l’état des sciences sociales
et humaines en Afrique.

Le CODESRIA, créé en 1973, est une initiative des
centres de recherche sociale et économique du continent.
Le Conseil a été créé pour offrir à ces institutions
un forum situé en Afrique qui facilite la production et
la dissémination de connaissances avec une valeur
ajoutée africaine, promeut le partage d’expériences
au delà des barrières géographiques et linguistiques,
et contribue à faire entendre les voix africaines à l’échelle
mondiale. Depuis 1973, à la fois le terrain de
la recherche sociale africaine et le contexte institutionnel
de la production de connaissances ont subi des
changements profonds qui ont également agi sur l’opérationnalisation
du mandat du CODESRIA en tant
que première organisation de scientifiques actifs dans
les sciences sociales et humaines. De ces nombreux
changements conformes au mandat du Conseil, aucun
n’est plus évident que l’accroissement du nombreux
d’universités et de centres de recherche avancée.
Mais, cet accroissement en nombre ne s’est pas toujours
traduit par le développement d’opportunités
pour faire reculer les frontières de la recherche sociale
et de production de connaissances. Certainement,
les disciplines de recherche sociale ont toujours
du lutter pour leur présence et leur place dans le système
d’enseignement supérieur africain. Initialement,
pendant les premières décennies d’indépendance et
au fur et à mesure que les espaces politiques locaux
s’amenuisaient, les cercles gouvernementaux ont de
plus en plus nourri l’idée que les sciences sociales et
humaines développaient un radicalisme infectieux qui
ne pouvait être éradiqué qu’en interdisant l’enseignement
de certaines disciplines telles que les sciences
politiques. De plus, certains pensaient qu’investir des
ressources « rares » dans les sciences sociales et humaines
n’était ni plus ni moins que du gaspillage dans
des pays où, selon cette opinion, il y avait plus besoin
d’ingénieurs, de médecins et autres professionnels venant
des sciences « dures ».

Au moment les pays africains entrèrent dans le déclin
prolongé de leurs économies à partir du début des
années 1980, les attaques contre les sciences sociales et humaines étaient soutenues par des arguments centrés
sur le présumé manque de pertinence au processus
de développement et leur inadéquation avec les critères
des marchés du travail locaux – et même internationaux.
La crise de financement qui a caractérisé la période
à partir des années 1980, la pénurie d’ouvrages
universitaires, la fuite des cerveaux, la fermeture de
nombreuses presses universitaires, l’effondrement de
revues universitaires et de la culture de séminaires académiques
réguliers, le processus de massification qui a
provoqué une explosion du nombre d’étudiants, la dégradation
des infrastructures, les attaques répétées
contre la liberté académique, l’effort unidirectionnel de
marchandisation du savoir, et une communauté démotivée
d’enseignants et d’étudiants ont affecté le développement
des sciences sociales et humaines. Sans
doute, les sciences sociales et humaines n’ont jamais été
autant sous pression que maintenant. Dans les cas extrêmes,
plusieurs départements/domaines ont tout simplement
été supprimés parce que inappropriés ; d’autres
ont été atrophiés par manque d’étudiants et/ou
d’enseignants qualifiés. Sans exception, toutes les disciplines
des sciences sociales et humaines ont subi ou subissent
encore des pressions pour changer le contenu
des enseignements. Des questions de qualité conjuguées
à des préoccupations de viabilité pour définir le noyau
des enjeux confrontant les sciences sociales et humaine,
les défis de renouvellement sont nombreux mais il n’est
pas toujours clair que les choix politiques soient les plus
judicieux.

Les réponses aux crises généralisées du système d’enseignement
supérieur africain et les difficultés spécifiques
confrontant les sciences sociales et humaines ont
été diverses. Le CODESRIA, à travers ses programmes,
a été à la pointe de l’effort fait en Afrique pour contribuer
au renforcement et au renouveau des sciences sociales
et humaines, par des interventions diverses et
multidisciplinaires. Partant du fait qu’aucune société ne
peut espérer faire face aux défis de développement
auxquels elle fait face si elle n’investit pas dans les
sciences sociales et humaines, le CODESRIA porte ses
efforts programmatiques un peu plus loin en lançant la
conférence annuelle des doyens de facultés de sciences
sociales et humaines des universités africaines. Cette
initiative vient au moment où la direction académique
et administrative des universités africains traverse des
changements multiples et variés, y compris le départ à
la retraite d’un grand nombre de pionniers de la période
post-indépendance et l’arrivée dans les fonctions
de direction de la seconde et troisième génération de
chercheurs. La conférence encouragera la réflexion
pointue sur l’état des sciences sociales et humaines en
Afrique par ceux/celles qui, de par leur fonction dans
le système universitaire, occupent des positions avancées
dans la direction académique et administrative.
Elle servira également à créer un réseau les doyens au-delà
des frontières géographiques, linguistiques et de
genre qui ont tendance à les séparer.

Le thème choisi pour la conférence inaugurale est Recherche
et formation sociales africaines en transition : enjeux
et opportunités. C’est un thème qui s’adresse aux
transitions multiples en cours dans les organisations de
recherche et de formations dans les universités africaines
et que les doyens, de par leur fonction, doivent superviser.
Entre autres questions, les participants à la
conférence seront invités à examiner les origines des
transition en cours, leurs contours et direction, leurs soubassements
politique et philosophique, les obstacles
rencontrés, les nouvelles ressources qui ont dû être mobilisées,
les écarts évidents, les systèmes de contrôle de
qualité en place ou envisagés, la nature et l’efficacité
des innovations expérimentées dans l’enseignement et
la recherche, les dynamiques de l’interaction entre personnel,
les changements survenus dans les relations entre
enseignants et étudiants, la qualité des programmes
post-doctoraux offerts, les déterminants du contenu des
enseignements, la gestion du curriculum, et les défis du
ré-établissement des universités africaines comme centres
d’excellence d’enseignement et de recherche dans
les sciences sociales et humaines.

Pour rendre la réunion productive et stimulante, chaque
réunion sera centrée sur un thème ; des opportunités
d’interactions seront disponibles pour permettre une
échange d’expériences structuré des doyens. Les participants
à cette conférence doivent occuper présentement
les fonctions de facultés de sciences sociales et
humaines dans une université africaine. Ils devront également
envoyer un résumé de la communication qu’ils
aimeraient présenter à la conférence et leur curriculum
vitae. Un jury indépendant sera mis sur pied par le
CODESRIA pour entreprendre une sélection anonyme
des résumés reçus et recommander les meilleurs.

décembre 30 2009



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