Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Conférence internationale : Les nouvelles frontières de la recherche sur l’enfance et la jeunesse en Afrique

25-26 août 2009, Douala, (Cameroun)

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Depuis maintenant plus de deux décennies, la recherche sur l’enfance et la jeunesse a connu des avancées significatives qui ont amélioré notre connaissance sur la situation réelle de cette couche très vulnérable de la société. Des progrès importants ont été enregistrés dans le domaine de la recherche sur les droits des enfants, sur les différentes caractérisations et contextes du travail des enfants et des jeunes, sur le milieu socioculturel dans lequel ils sont socialisés, sur les contraintes sociales, politiques et économiques qui se posent, voire s’opposent, à leur épanouissement.

Pour faire un bilan des travaux de recherche entrepris en Afrique, le CODESRIA, en collaboration avec Childwatch International, avait organisé, les 21 et 22 novembre 2006, une conférence internationale portant sur thème « La recherche sur l’enfance en Afrique » qui a permis d’identifier un certain nombre de goulots d’étranglement de la recherche sur cette thématique. Plus concrètement, elle a permis aux chercheurs d’évaluer le potentiel de recherche en Afrique, d’examiner l’importance de la création d’un réseau permanent, et d’évaluer la nécessité de mesurer les capacités organisationnelles de la recherche par rapport à la situation des enfants et des jeunes. La rencontre a également été l’occasion de faire le point de la problématique du financement de la recherche sur l’enfance et la jeunesse.

Une autre conférence organisée conjointement par le CODESRIA et le Centre d’études africaines de Leiden (ASC/Leiden) en octobre de la même année et portant sur le thème « La jeunesse dans le Sud global : religion, politique et devenir de la jeunesse en Asie, en Afrique et au Moyen Orient » a également permis de faire le point des difficultés et des atouts face aux défis réels qui s’imposent aux chercheurs en matière de recherche sur l’enfance et la jeunesse en Afrique.

La rencontre de Douala est la suite de cette série de réunions scientifiques déjà organisées par le Conseil et se propose d’approfondir les réflexions et les débats précurseurs. Reconnaissant l’utilité et l’importance de la contribution de la recherche dans l’amélioration de la situation des enfants sur le continent, il s’agira cette fois-ci de mettre l’accent sur le contenu de la recherche. La conférence de Douala aura pour but d’identifier de nouveaux thèmes de recherche et d’autres problématiques qui contribueront à repousser les frontières de la recherche sur la question de l’enfance et de la jeunesse en Afrique. Il serait donc utile de faire le point des avancées de la recherche sur l’enfance et la jeunesse en Afrique au cours de la décennie écoulée.

Parmi les thématiques abordées ces dernières années, certaines sont révélatrices alors que d’autres, à force de susciter des controverses, n’ont pu apporter de nouvelles connaissances sur la situation des enfants et des jeunes. Il demeure indispensable, non seulement, de revisiter ces questions, mais aussi d’identifier d’autres pistes, plus à même de faire progresser la recherche. L’identification de nouveaux thèmes de recherche devrait permettre d’introduire des changements, et de créer de nouvelles dynamiques.

Le XXème siècle a connu d’importants changements dans le domaine de la production et de la diffusion de la connaissance, du point de vue de l’accès aux nouvelles technologies. Les technologies de l’information et la communication (TIC) ont eu un impact considérable sur les rapports entre les différentes générations et catégories socioprofessionnelles qui composent la société. Par exemple, il est reconnu que l’Internet et la téléphonie mobile ont véritablement impacté les habitudes de la nouvelle génération. Les questions de la jeunesse dans un monde globalisé ne peuvent être convenablement appréhendées sans référence à l’influence de ces technologies. Elles sont perçues comme un symptôme et un élément d’identification de la culture juvénile, dans la mesure où elles sont par définition acquises individuellement, contrairement aux autres formes de technologies. De plus, d’aucuns estiment que les technologies de l’information et de la communication restent un domaine construit ou un espace exclusivement réservé à la jeunesse.

Plusieurs questions méritent alors d’être posées : Dans quelle mesure ces technologies peuvent-elles libérer les nouvelles générations de leurs attaches traditionnelles et locales ? Comment les normes sociales interférent-elles dans l’usage des technologies ? Comment notre localisation ou celle de notre paradigme influent-elles sur notre compréhension des aspects liés aux conditions des enfants et jeunes ? Quels défis posent les changements sociaux à la recherche en sciences sociales en général et à la recherche sur l’enfance et la jeunesse en particulier ? Comment les nouvelles générations configurent-elles de nouveaux styles de vie au fur et à mesure qu’elles répondent et négocient les nouvelles réalités sociales en Afrique ? Quelle est l’importance des processus globaux de changement social dans la compréhension de l’enfance et de la vie réelle des enfants ? Voici quelques questions auxquelles la recherche devra essayer de répondre car il est important d’aller au-delà de la description des caractéristiques de l’éducation, du travail et de la famille, et de s’intéresser à tout ce qui touche à la subjectivité de la jeunesse.

La construction de cette subjectivité et les processus d’individualisation qui caractérisent le comportement de la nouvelle génération ont des impacts sur les rapports de la jeunesse avec la politique et ses institutions traditionnelles. Au lieu de stigmatiser le désintérêt de la nouvelle génération pour la vie politique conventionnelle, il y a lieu d’approfondir nos recherches sur les nouvelles formes d’adhésion de la jeunesse aux espaces non-institutionnalisés, afin de mieux tirer profit de leur engagement actif dans leurs sociétés respectives. La conférence sera également l’occasion de revisiter des questions clés liées aux différents approches, concepts et outils de recherche sur l’enfance et la jeunesse notamment la question des « agents » et des « voix », le concept de « génération sociale » ou « ordonnancement générationnel ». Il serait enfin intéressant de s’interroger sur les rapports de pouvoir entre le chercheur et les jeunes, afin de nuancer la théorisation de l’opérationnalisation des relations de pouvoir dans la recherche sur la jeunesse. L’analyse des derniers résultats de recherche sur cette question devrait bénéficier d’une attention particulière.

Pour consulter les communications présentées lors de la conférence, cliquez ici.

juin 16 2010



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