Council for the Development of Social Science Research in Africa
Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique
Conselho para o Desenvolvimento da Pesquisa em Ciências Sociais em África
مجلس تنمية البحوث الإجتماعية في أفريقيا


Corruption, gouvernance démocratique et imputabilité

2010

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La corruption est devenue une question centrale, tant en matière politique que de plaidoyer, qui pose d’importants défis pour la recherche. Elle est au cœur des débats académiques et politiques sur la gouvernance, le développement et l’aide, et figure en bonne place dans la plupart des indices de suivi de la gouvernance. Dans certains volets de la littérature académique sur la politique et le développement en Afrique, la corruption est présentée comme un aspect essentiel du système de favoritisme perçu comme le trait dominant de la politique en Afrique. Pourtant, la corruption est un phénomène mondial pour lequel l’opinion la plus répandue dans le discours du développement conventionnel est qu’il a un effet corrosif global sur le développement national et régional puisqu’elle sape les capacités de l’État ainsi que la fourniture efficace de biens et de services publics. La corruption est aussi largement reconnue comme un problème majeur à tous les niveaux, par les citoyens d’Afrique, les militants de la société civile, les décideurs au sein des gouvernements, le secteur privé, les organisations sous-régionales et régionales et les bailleurs de fonds. Les pratiques de corruption et les problèmes d’imputabilité existent aussi dans les organisations de la société civile et le secteur privé. En outre, la corruption est un problème qui, dans le court terme comme dans le long terme, peut déstabiliser et discréditer le projet démocratique. Il est donc nécessaire que les conséquences de la corruption sur la vie et la subsistance des citoyens ainsi que sur l’accumulation de la richesse nationale et le bien-être soient correctement documentées.

De nombreux pays africains sont mal classés dans les indices sur la gouvernance qui incluent la corruption comme critère. Dans les pays africains même, les citoyens considèrent la corruption comme étant le principal obstacle au développement national et sous-régional et au progrès. Une pression interne et externe est exercée sur les gouvernements afin qu’ils prennent des mesures afin d’enrayer la corruption et ses pratiques. Partout, divers types de commissions et d’organismes de lutte contre la corruption, avec des compétences et des mandats différents, ont été mis en place sur le continent. Des campagnes publiques, principalement à travers les médias, ont également été menées pour exhorter les citoyens à se joindre à la lutte officielle déclarée contre la corruption. L’efficacité même des organismes et des campagnes de lutte contre la corruption est un sujet d’intérêt majeur en matière de gouvernance à travers l’Afrique. Cependant, il existe un large consensus comme quoi beaucoup plus d’efforts doivent être déployés par les gouvernements pour lutter avec succès contre la corruption.

Programme de l’Institut
juillet 23 2010



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