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Islam et Société ouverte : la fidélité et le mouvement dans la pensée de Muhammad Iqbal

Islam et Société ouverte : la fidélité et le mouvement dans la pensée de Muhammad Iqbal. Souleymane Bachir Diagne. Dakar, CODESRIA, 2001, 108 p., ISBN : 2-7068-1472-1

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Il y a de ces « modernismes » passagers, qui essaient d’adapter une tradition séculaire à la mode d’un jour. Ceux-ci se créent dans un présent immédiat, auquel ils ont donc du mal à survivre. Il y en a d’autres qui commencent avec un grand détour, un retour aux sources, afin de découvrir comment être vraiment fidèle à celles-ci dans une situation historique inédite. La pensée d’Iqbal est de cette dernière trempe, en fait une réalisation rare et puissante du genre.

En traçant son itinéraire, il parvient à mettre dans un échange mutuel fructueux des penseurs et des textes fort éloignés les uns des autres : Nietzsche et Bergson, Halladj et Rûmî, ceux-là et d’autres encore pris dans une relecture du Coran. On a donc encore besoin de lire Iqbal, chacun à sa façon. Par exemple, nous – lecteurs hier de Bergson, aujourd’hui de Heideger – qui cherchons une compréhension du temps vécu, de l’historicité, au-delà de la fixation objective, spatialisée du temps cosmique, nous aurons intérêt à revoir cela à la lumière de la relecture que fait Iqbal de la conception coranique de « destinée ».

De même, lecteurs de Nietzsche, nous profiterons de la réception Iqbalienne du surhomme, dans la foulée de l’« homme parfait » de la tradition soufie.

juillet 26 2001



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