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Council for the Development of Social Science Research in Africa                +221 76 609 13 05 | codesria@codesria.org

       

       

CODESRIA

Enseignement supérieur, genre, liberté académique et qualité de la vie associative dans les Universités africaines

Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) est une organisation panafricaine de recherche en sciences sociales et humaines, dont le siège se trouve à Dakar, au Sénégal. Fondé en 1973, le Conseil a défini ses axes prioritaires en vue de soutenir le secteur de l’enseignement supérieur en Afrique. Bien que les sciences sociales et humaines demeurent au cœur de ses activités, ses programmes en faveur de l’enseignement supérieur s’élargissent et comprennent des interventions visant à renforcer le dynamisme de ce secteur. Les activités du Conseil et son appui à la recherche dans le domaine de l’enseignement supérieur reposent sur le constat que celui-ci est indissociable des dynamiques sociales, politiques et économiques plus larges qui façonnent le continent africain. Dans cette perspective, le Conseil coordonne une série d’interventions destinées à renforcer les capacités de recherche, à promouvoir l’égalité de genre et à soutenir la liberté académique dans les universités africaines.

Avec le soutien financier de la Fondation Andrew Carnegie, le présent appel invite les chercheur(e)s des universités et des institutions de recherche africaines à soumettre des propositions portant sur l’enseignement supérieur, le genre, la liberté académique et la qualité de la vie associative dans les universités africaines. Le projet vise à soutenir la recherche et la production de connaissances autour de quatre domaines interdépendants qui structurent les débats contemporains sur l’université en Afrique : l’évolution du paysage de l’enseignement supérieur ; la persistance et l’émergence de dynamiques de genre dans les espaces universitaires ; les enjeux et les contestations liés à la liberté académique ; ainsi que les conditions favorisant ou limitant une vie associative dynamique et inclusive sur les campus. S’inscrivant dans une réflexion plus large sur la nécessité de repenser le rôle de l’université en Afrique; en plaçant au centre la justice épistémique, l’inclusion, la liberté académique et le bien public, cet appel entend encourager les universitaires africain(e)s à mener des recherches transversales et interdisciplinaires sur des sous-thèmes relatifs à l’état actuel et à l’avenir de l’enseignement supérieur sur le continent.

L’un des principaux objectifs de cette initiative est de produire des connaissances ayant des implications importantes en matière de genre et de politiques publiques, en reconnaissant que les universités sont des espaces essentiels où convergent les questions d’équité, de gouvernance, de cultures académiques et de transformation sociale. Les chercheur(e)s retenu(e)s devront produire des résultats de haute qualité, susceptibles d’être publiés dans des revues académiques de renom et d’alimenter le dialogue sur les politiques publiques à l’échelle du continent. Ces connaissances devraient contribuer à élargir les espaces de vie intellectuelle tenant compte des enjeux de genre au sein des universités et des réseaux de recherche africains.

De manière générale, le présent appel porte sur deux axes thématiques interdépendants : le genre et la vie associative dans les universités africaines, d’une part, et la liberté académique, d’autre part.

Genre et vie associative dans les universités africaines

Les questions de genre, les études féministes et la transformation sociale constituent depuis longtemps un fil conducteur de l’agenda intellectuel du CODESRIA. Avec l’expansion des systèmes d’enseignement supérieur sur le continent, marquée par la multiplication des établissements et l’augmentation des effectifs, de nouvelles questions complexes se posent concernant les rapports de genre, la nature des espaces civiques institutionnels et l’évolution de la vie intellectuelle au sein des universités africaines.

Dans ce vaste domaine, le CODESRIA invite à soumettre des propositions examinant ces nouvelles complexités dans la diversité des espaces d’enseignement supérieur du continent. Les propositions devront prendre en compte leurs implications pour les études de genre, ainsi que pour les possibilités de participation à la vie universitaire et intellectuelle offertes aux personnes de différents genres, et analyser la manière dont ces dynamiques influencent la réflexion sur l’avenir de l’université en Afrique. Les chercheur(e)s travaillant déjà sur les diverses formes de contraintes auxquelles sont confronté(e)s les étudiant(e)s et les universitaires, notamment les femmes et les personnes issues de groupes minoritaires, sont particulièrement encouragé(e)s à soumettre une proposition. Si l’université est largement considérée comme un espace propice à la diversité des opinions, des voix et des cultures, les femmes et les groupes minoritaires continuent souvent de subir différentes formes d’inégalités, d’injustices sociales et de désavantages. De nombreuses structures institutionnelles et sociales demeurent peu favorables aux aspirations des femmes dans le monde universitaire et tendent à limiter leur pleine participation à la vie associative universitaire. Les enseignantes-chercheuses restent sous-représentées dans les instances dirigeantes des universités, tandis que les étudiantes rencontrent souvent des difficultés à accéder à des postes de responsabilité dans les associations estudiantines. Des tendances préoccupantes récentes, notamment les féminicides, la montée des gangs criminels sur les campus, l’abus de drogues et les crises de santé mentale, compliquent davantage le rôle de l’université en tant qu’espace sûr et inclusif.

Dans le cadre de cet axe, les propositions devront notamment porter sur les sujets suivants :

  • Étudier les expériences différenciées selon le genre des étudiant(e)s, des enseignant(e)s et du personnel universitaire ;
  • Analyser les cultures institutionnelles, les structures de gouvernance et la vie associative sous le prisme du genre ;
  • Examiner les obstacles à la participation, à l’accès aux postes de responsabilité et à la progression académique des femmes ;
  • Explorer les violences fondées sur le genre, la sécurité et le bien-être sur les campus ;
  • Formuler des pistes d’action concrètes pour la réforme des politiques, le plaidoyer et la transformation institutionnelle.

Liberté académique et intellectuelle

Un volet central de cette initiative consiste à approfondir la compréhension de la nature et du contexte de la liberté académique et intellectuelle au sein des communautés universitaires et intellectuelles au sens large. Malgré une reconnaissance croissante de son importance, la liberté académique demeure menacée à l’échelle mondiale. Dans les universités africaines, l’intransigeance des États, la manipulation politique des institutions, les pressions exercées par les bailleurs de fonds sur les questions de gouvernance et les programmes académiques, ainsi que la complaisance de certains segments de la communauté universitaire, constituent autant de facteurs qui portent atteinte à l’intégrité et à la qualité de la liberté académique, ainsi qu’à la mission civique des universités. Certain(e)s universitaires ont accepté et adopté une conception néolibérale de la liberté académique, dans la mesure où celle-ci leur permet de trouver un compromis répondant à leurs besoins matériels individuels.

En définitive, la qualité de la liberté académique dans les universités est indissociable de celle de la vie associative. Une liberté académique solide suppose l’existence d’associations étudiantes et d’enseignant(e)s dynamiques, autonomes et inclusives, capables de s’organiser, de délibérer, de confronter les idées et de demander des comptes aux autorités institutionnelles. Lorsque la vie associative est affaiblie par des excès administratifs, des ingérences politiques ou un climat de peur, l’exercice concret de la liberté académique s’en trouve limité. À l’inverse, lorsque les associations s’épanouissent, elles renforcent les capacités d’action collective, les solidarités et les pratiques démocratiques qui donnent tout son sens à la liberté académique, l’inscrivent dans les pratiques quotidiennes et contribuent à sa résilience institutionnelle. En ce sens, la liberté académique n’est pas simplement un droit individuel : elle constitue une condition institutionnelle qui repose sur la vitalité de la vie associative.

Dans le cadre de cet axe, le Conseil invite à soumettre des propositions examinant les multiples formes que prennent les menaces à la liberté académique et intellectuelle au sein des institutions, ainsi que les niveaux de la vie institutionnelle où elles se font le plus sentir. Il invite également les chercheur(e)s à analyser de manière qualitative les liens entre la liberté académique, le genre et le rôle civique des universités en Afrique, notamment leur contribution au renforcement des communautés, aux transformations socioéconomiques et à l’élargissement de la vie publique démocratique. Les propositions portant sur les intersections entre le genre, la qualité de la liberté académique et la vie associative sont particulièrement encouragées.

Sous-thèmes

Les études proposées devront s’inscrire dans les débats théoriques et conceptuels, mobiliser des approches méthodologiques en évolution, s’appuyer sur des recherches empiriques fondées sur des études de cas et intégrer, le cas échéant, une analyse des politiques publiques ainsi que des stratégies de plaidoyer et de changement institutionnel au sein des universités. Les propositions examinant la qualité de la liberté académique et de la vie associative dans les universités africaines, ainsi que leurs implications pour les domaines suivants, seront prioritaires :

  • Liberté académique et intellectuelle ;
  • Gouvernance, autonomie et redevabilité des universités ;
  • Modèles de financement et implications pour l’équité et la qualité ;
  • Transitions numériques, intelligence artificielle et innovations pédagogiques émergentes ;
  • Écosystèmes de recherche, production de connaissances et justice épistémique ;
  • Genre, inclusion des minorités et justice sociale dans les espaces universitaires ;
  • Néolibéralisme, mondialisation et autonomie institutionnelle dans la gouvernance des universités en Afrique ;
  • Genre, groupes minoritaires et vie universitaire dans les universités africaines ;
  • Dynamiques des universités privées et des établissements d’enseignement et de formation techniques et professionnels (EFTP) en Afrique ;
  • Missions, mandats et gouvernance des universités au regard des Objectifs de développement durable (ODD) et de l’Agenda 2063 ;
  • Insertion et devenir des diplômé(e)s dans un environnement professionnel en mutation ;
  • Partenariats entre les universités et les communautés, les États, le secteur privé et les organisations de la société civile.

Structure et durée du projet

Les chercheur(e)s sélectionné(e)s bénéficieront d’un appui sur une période de 15 mois. Au cours de cette période, ils et/ou elles devront :

  • Mener une recherche originale en adéquation avec les priorités thématiques du programme ;
  • Participer à des ateliers d’échange de connaissances et à des espaces d’apprentissage entre pairs ;
  • Produire au moins un manuscrit publiable (article de revue et note d’orientation, ou tout autre produit équivalent) ;
  • Contribuer au dialogue public et aux activités de concertation sur les politiques publiques ;
  • Soumettre des rapports périodiques d’avancement ainsi qu’un rapport final consolidé.

Critères d’éligibilité

  • Les candidat(e)s doivent être affilié(e)s à un établissement reconnu d’enseignement supérieur ou de recherche en Afrique.
  • Les chercheur(e)s africain(e)s de la diaspora sont encouragé(e)s à postuler en collaboration avec des collègues affilié(e)s à une institution basée en Afrique.
  • Le CODESRIA encourage les candidatures des femmes chercheuses, des universitaires en début de carrière et des personnes affiliées à des universités disposant de ressources limitées à travers l’Afrique.
  • Les propositions individuelles et collectives sont toutes deux éligibles. Es équipes de recherche collaborative doivent comprendre 3 à 5 membres. Les équipes de recherche interdisciplinaires, interinstitutionnelles ou multinationales sont fortement encouragées.
  • Les candidat(e)s ayant accusé du retard dans la soumission des livrables dans le cadre de projets financés par le CODESRIA, en cours ou antérieurs, ne sont pas invité(e)s à candidater.

Modalités de candidature

Les dossiers de candidature doivent comprendre les éléments suivants :

  1. Curriculum vitæ (CV) : un CV récent présentant les qualifications du/de la responsable principal(e) de la recherche, son expérience en matière de recherche et ses publications pertinentes. Pour les candidatures en équipe, les CV de tous les membres doivent être joints.
  2. Résumé de la proposition (4,000 mots maximum) : la proposition doit présenter clairement les éléments suivants :
    1. une question de recherche ou une problématique clairement définie ;
    2. une connaissance avérée de la littérature récente et des débats dans le domaine concerné ;
    3. un cadre conceptuel ou théorique guidant l’étude ;
    4. une méthodologie de recherche et un plan de travail concis, assortis d’un calendrier ;
    5. une liste des résultats attendus (académiques et non académiques).
    6. Un budget prévisionnel compris entre 5 000 et 15 000 dollars américains.
  3. Affiliation institutionnelle : une lettre officielle d’affiliation ou de soutien émanant d’un établissement reconnu d’enseignement supérieur ou de recherche.

Tous les documents constitutifs du dossier de candidatures doivent être soumis par voie électronique sur le site web du CODESRIA via le lien suivant : https://apply.codesria.org/grants-subventions/

La date limite de candidature est le 16 janvier 2027. Les candidatures soumises après cette date ne seront pas prises en compte.

Pour toute question spécifique, veuillez écrire à : tgf@codesria.org