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Council for the Development of Social Science Research in Africa                +221 76 609 13 05 | codesria@codesria.org

       

       

CODESRIA

Thème : Genre et savoirs autochtones : les femmes, dépositaires de savoirs

Dates limites de dépôt de candidatures :

Directeur/Directrice : 22 mars 2026

Personnes-Ressources : 22 mars 2026

Lauréat(e)s : 6 avril 2026

Dates de l’Institut : 25 mai – 5 juin 2026

Lieu : Dakar, Sénégal

Le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA) invite les jeunes chercheurs et chercheuses, universitaires et praticiens/praticiennes africains/africaines en milieu de carrière à soumettre leurs candidatures pour participation à la session 2026 de l’Institut sur le genre qui se tiendra du 25 mai au 5 juin 2026 à Dakar (Sénégal).

Le thème de l’Institut sur le genre 2026 est « Genre et savoirs autochtones : les femmes, dépositaires de savoirs ». Ce thème met en lumière la production, la préservation et la transmission par les femmes de savoirs autochtones dans des domaines tels que l’agriculture, les pratiques de guérison, les systèmes alimentaires, les soins aux personnes, la protection de l’environnement, le langage et le leadership communautaire. À travers le continent, le rôle central des femmes dans les systèmes de savoirs autochtones s’illustre par des expériences concrètes : dans les villages sahéliens, elles préservent les semences résistantes à la sécheresse et les calendriers écologiques ; dans des pays comme le Bénin, le Sénégal et le Mozambique, les guérisseuses et accoucheuses perpétuent des connaissances pharmacologiques et rituelles essentielles à la santé communautaire ; et sur les grands marchés urbains (Kumasi, Lomé, Nairobi), les commerçantes gèrent des systèmes d’épargne et de crédit sophistiqués, ancrés dans des normes communautaires collectives.

Bien que les savoirs autochtones aient un regain de visibilité dans les discours académiques, politiques et de développement, les centres de recherche et les agences de développement ont historiquement marginalisé ou usurpé les systèmes de connaissances des femmes au sein de structures coloniales et patriarcales de production et de transmission des savoirs. S’inscrivant dans une perspective féministe et décoloniale, des chercheuses ont démontré que les connaissances des femmes sont fréquemment mises de côté ou, lorsqu’elles ne le sont pas, considérées comme utiles uniquement d’un point de vue pratique, c’est-à-dire valorisées pour leur utilité plutôt que pour leurs contributions théoriques et épistémiques.

À l’heure où les savoirs autochtones sont de plus en plus invoqués dans les débats contemporains sur l’émergence économique africaine, le changement climatique et le développement durable, et où le CODESRIA réaffirme son rôle historique de plateforme de référence pour la réappropriation et la théorisation des savoirs africains, cet Institut sur le genre invite les participants à réfléchir à qui définit ces savoirs, qui en bénéficie, et, à la façon dont les questions de propriété et d’autorité sont négociées dans les contextes africains ? Plutôt que de se limiter à la célébration des savoirs autochtone des femmes, l’Institut a pour objectif d’examiner les conditions sociales et politiques qui façonnent les processus de production, de partages, de réglementation, et parfois, de contestation de ces savoirs. Le CODESRIA ne considère pas les savoirs autochtones comme un simple complément aux politiques publiques, mais plutôt comme un lieu de lutte épistémique.

Bien entendu, la notion d’« autochtone » est sujette à controverse et un nombre important de chercheuses lui préfèrent le terme « endogène ». Elles réagissent contre l’inflexion coloniale de la notion d’autochtone qui lui donne une connotation péjorative. Dans les sociétés colonisées, le terme « autochtone » était associé à « exotique », sous-entendant que le premier était local, traditionnel, primitif et réfractaire au changement. Le savoir autochtone était ainsi perçu comme vernaculaire, barbare, déficient et superstitieux. Paulin Hountondji a analysé ces formes de savoirs, soulignant que la persistance de ces connotations péjoratives n’avait de sens que dans un contexte d’extraversion continue du savoir en Afrique. Il privilégiait la notion d’« endogène » à celle d’« autochtone », arguant que ce changement de perspective permettrait de recentrer l’Afrique dans la production de savoirs.

L’Institut sur le genre, tout en reconnaissant ces débats et le poids historique de nombreux termes, utilise la notion de « savoir autochtone » pour désigner ce qui est organique à la société, reprenant ainsi le concept d’intellectuel organique de Gramsci. Il met l’accent sur l’idée d’« utiliser ce que nous avons », tout en reconnaissant que ce que nous possédons dans la société n’est ni statique ni isolé, mais évolue au contraire grâce à une interaction continue avec d’autres systèmes de connaissances. L’Institut sur le genre, à l’instar de notre programme jumeau, le Programme AFRIAK, examinera de manière critique le terme « savoir autochtone » et le débarrassera de ses connotations négatives, afin de reconnaître, de réapproprier et d’apprécier pleinement la valeur de ce que nous possédons au sein de nos communautés.

Sous-thèmes

Les candidats sont invités à aborder le thème de manière critique à travers un ou plusieurs des sous-thèmes interdépendants suivants :

  1. Les femmes africaines en tant que productrices de savoirs

Dans le cadre de ce sous-thème, les contributeurs pourront explorer les multiples contextes dans lesquels les femmes africaines produisent et transmettent le savoir, des foyers et marchés aux espaces spirituels et associations communautaires, et la manière dont ces pratiques évoluent d’une génération à l’autre. Les candidat-es sont invité-es à interroger comment, dans différents contextes africains, l’autorité épistémique, la légitimité et l’expertise se construisent, sont reconnues et contestées.

  1. Injustice épistémique et politique genrée dans la production de savoirs

Ce sous-thème encourage une réflexion sur les processus historiques par lesquels les savoirs des femmes ont été marginalisés, usurpés, appropriés ou rendus invisibles au sein des régimes de savoir coloniaux et patriarcaux. Les contributions pourraient également examiner comment les pratiques académiques contemporaines, qui privilégient certaines formes d’expertise au détriment d’autres, continuent de sous-estimer les épistémologies autochtones et centrées sur les femmes.

  1. Savoirs autochtones, genre, et avenir environnemental

Les propositions des candidat-es peuvent porter sur les carrefours où se rencontrent systèmes de savoirs autochtones des femmes et défis environnementaux contemporains, notamment l’adaptation au changement climatique, la souveraineté alimentaire, la gestion de l’eau et la conservation de la biodiversité. Une attention particulière pourrait être portée à la place des savoirs des femmes dans les débats environnementaux actuels, ainsi qu’aux tensions qui surgissent lorsque ces savoirs sont intégrés aux programmes politiques sans une reconnaissance adéquate de leurs racines sociales.

  1. Éthique, appropriation, et gouvernance des savoirs des femmes

Ce sous-thème examine les questions pratiques et éthiques soulevées par la documentation ou la traduction des savoirs des femmes, notamment les questions de consentement, de partage de bénéfices, de propriété intellectuelle, et les responsabilités des chercheurs et des institutions lorsque ces savoirs sont intégrés aux cadres académiques, politiques ou de développement.

  1. Méthodologies féministes et décoloniales pour la valorisation des savoirs autochtones

Les propositions s’appuyant sur des méthodologies de recherche féministes, décoloniales et participatives africaines, prenant les épistémologies féministes comme point de départ de l’élaboration théorique, sont les bienvenues. Les contributeurs sont invités à discuter d’approches de recherche respectueuses des relations locales et de la responsabilité, et à proposer des méthodes favorisant la collaboration avec les femmes détentrices de savoirs plutôt que l’extraction d’informations.

  1. Formation de canons et reconnaissance des femmes détentrices de savoirs

Ce sous-thème invite la soumission de propositions explorant la vie et le parcours intellectuel de femmes africaines dont les contributions aux savoirs autochtones ont façonné les communautés, les pratiques et les débats publics, mais qui restent insuffisamment reconnues. Plutôt que de considérer ces femmes comme des dépositaires anonymes de la tradition, les contributeurs sont encouragés à examiner comment leurs trajectoires, leurs idées, leurs innovations et leur leadership peuvent être documentés et archivés au sein d’histoires intellectuelles plus larges. L’objectif n’est pas de dissocier leurs savoirs des contextes sociaux qui les soutiennent, mais plutôt de réfléchir attentivement à la manière dont la reconnaissance et la formation de canons peuvent s’opérer sans reproduire les pratiques d’extraction de savoirs.

Dans les différents sous-thèmes, les propositions devront démontrer comment les savoirs autochtones des femmes circulent entre vie communautaire locale, débats politiques nationaux et réseaux internationaux, et comment ces différents niveaux s’influencent mutuellement.

Critères d’admissibilité et de sélection

Directeur/Directrice

Le/La directeur/directrice de l’Institut devra être un/une chercheur/chercheuse de haut niveau ayant fait preuve de leadership intellectuel et possédant une solide expérience en matière de recherche et de publications sur le genre, les savoirs autochtones ou dans des domaines qui leur sont étroitement liés. Il/Elle assurera l’orientation intellectuelle générale de l’Institut et collaborera étroitement avec les lauréats/lauréates tout au long du programme.

Les candidat-es au poste de directeur/directrice sont invité-es à soumettre les documents suivants :

  • Une proposition de recherche de 3 000 à 5 000 mots reflétant le thème de l’Institut et présentant un programme de cours de dix jours, sur les principaux sujets qui seront abordés avec les lauréats ;
  • Une lettre de motivation ;
  • Un curriculum vitae détaillé et à jour ;
  • Trois échantillons de travaux écrits en lien avec le thème.

Personnes-Ressources

Les personnes-ressources devront être des chercheurs confirmés, possédant un important volume de publications et une expertise reconnue en lien avec le thème de l’Institut. Ils animeront des conférences avec pour objectif de stimuler la réflexion critique, le débat et l’engagement des lauréats.

Les candidatures de personnes-ressources devront comprendre les éléments suivants :

  • Une proposition de 1 500 mots maximum présentant l’orientation et les principaux arguments des cours proposés.
  • Une lettre de motivation ;
  • Un curriculum vitae ;
  • Deux échantillons de travaux écrits en lien avec le thème ;

Les personnes-ressources sélectionnées devront :

  • Fournir les supports de cours aux participants au moins une semaine avant la date prévue ;
  • Dispenser des cours, participer à des discussions et commenter les propositions de recherche des lauréats ;
  • Dans les deux mois suivant la tenue de l’Institut, corriger et soumettre leurs articles en vue d’une éventuelle publication par le CODESRIA.

Lauréat-es

Les candidatures en tant que lauréats devront être soumises par des doctorants ou de jeunes chercheurs africains ayant démontré leur capacité à mener des recherches en lien avec le thème. Les praticiens/praticiennes des savoirs autochtones actifs dans les sphères politiques, les mouvements sociaux, les communautés traditionnelles et les organisations civiques sont également fortement encouragés à candidater.

Un maximum de quinze (15) places seront offertes. Un nombre limité de chercheurs non africains pourront être admis à l’Institut s’ils sont en mesure de financer leur participation.

Les candidatures des lauréats devront comporter :

  • Une proposition de recherche de 800 à 1 000 mots, présentant le sujet de recherche, l’orientation théorique et la pertinence par rapport à la thématique de l’Institut ;
  • Un formulaire de candidature en ligne dûment rempli ;
  • Une lettre indiquant l’affiliation institutionnelle ou organisationnelle ;
  • Un curriculum vitae détaillé ;
  • Deux lettres de recommandation de chercheurs ou chercheuses connaissant les travaux du/de la candidat(e).

Reconnaissant la diversité des parcours de production de connaissances, les candidat-es qui sont des praticiens/praticiennes des savoirs autochtones actifs/actives dans les sphères politiques, les mouvements sociaux ou les communautés traditionnelles pourront soumettre un CV narratif et des références communautaires en remplacement des documents académiques classiques.

Un comité de sélection indépendant, composé d’éminents/es spécialistes des études de genre, examinera toutes les candidatures.

Soumission des candidatures

Toutes les candidatures de directeur/directrice, de personne-ressource et de lauréat(e) devront être soumises par voie électronique via le portail de l’Institut du genre CODESRIA 2026 à l’adresse suivante : https://codesria.org/application-form-2026-gender-institute/